LA NATURE, OÙ LA CATARACTE DE NIAGARA
AIR : Du ravin des Pervenches.
J’aime à contempler la belle nature
Au sommet des monts de neige couverts,
Au sein des forêts où le vent murmure
Et sur le rivage escarpé des mers ;
Aux bords des torrents, spectacle sublime, J'aime à voir les flots rouler dans l’abîme, Comme le tonnerre, en bruyants éclats ;
Soit près d’une source à l’eau fraîche et pure,
. Soit lorsque l'orage hurle avec fracas,
J’aime à contempler la belle nature.
J’aïme à dessiner la grande nature
Près du Niagara, ce gouffre écumant,
Et de ses rochers l’âpre architecture,
Qui se dresse à pic vers le firmament.
Déployant aux cieux leurs immenses aîles, L’aigle, le vautour aux serres cruelles, Planent, balancés sur les flots profonds ; Devant ce tableau, splendide peinture, D’extase énivré, je prends mes crayons ; J'aime à dessi.:: la grande nature.
Oui, j’aime à chanter l’&uguste nature
Toujours admirable au sein des deserts,
Et dans les vallons parés de verdure,
Et près des glaciers, trônes des hivers.
Volcans qui lancez vos brûlantes laves, Flours qui répandez vos parfums suaves, Ombres de la nuit, lumière du jour, Œuvres du Très Haut, moi sa créature, Pour l’auteur divin le cœur plein d'amour, Oui, j'aime à chanter l’augusto Nature.
Mais puis-je esquiscer tes traits, Ô Nature ! Cette cataracte, à l’écho fameux,
Qui dans un brouillard éternel murmure Et dont la vapeur monte vers les cieux 6 Ces sombres sapins, où gémit la brise, Debout sur ces rocs où l’onde se brise,
Et cet arc-en-ciel, gigantesque anneau, Des feux du soleil, brillante diapruro !
Sur un tel théâtre il n’est nul pinceau ; Qui puisse esquisser tes traits, Ô Naturo!
Qui peut te chanter ou peindre, 6 Naturo !
Toi, reine immortelle, au sceptre de feu | Dont le diadème étoilé figure
Des rubis cloués au fond d’un ciel bleu!
Comment dénombrer ces astres sans nombre,
Tantôt éclairés et tantôt dans l'ombre,
Qui roulent, lancés dans l’immensité ?
Ces globes errants, dont ia chevelure Brille à nos regards dans l'obscurité ?
Qui pout to chanter ou poindre, à Nature 7
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CHANSON
LA MAL-BAÏE.
AIR : Femmes voulez-vous éprouver ?
Certaines gens portent des noms A leurs qualités fort contraires ; Il existe plusieurs cantons,
Aussi mal nommés par nos pères.
De ce nombre est, je le soutiens, L'endroit appelé La Malbaic
Changes ce nom, Ô CANADIENS!
Contre celui de Bonne Baie !
Oui, débaptisez la Malbaie ?
Le démocrate, au mot: Seigneur, S’'indigne et crie à l’arbitraire ;
Il se rappelle avec terreur
Ces châteaux jadis leur repaire ; De même, en entendant ce nom, L’Etranger d’abord s’en effraie, Et craint d’entrer chez le Démon, En abordant à la Malbaie,
Est-ce l’'Enrer que la Malbaie ?
Mais combien il est détrompé, Lorsqu'il à touché le rivage !
Soudain son regard est frappé
Par les charmes du paysage ;
Des vaches, un groupe d’agnoaux Qui paît l’herbe fleurie, et baie,
De frais vallons, de clairs ruisseaux, De bonnes gens, c’est la Malbaie, Quel ParaDis que la Malbaie !
Quant au Seigneur de ce comté,
Au lieu d’un haütain personnage, C’est un digne homme ; la bonté
Est empreinte sur son visage.
Dans son cottage il vous reçoit,
En hôte, ami, sans qu’on y paie; L'on chasse et pêche et mange et boit, Tout à son aise à la Malbaie
Oh ! qu’on est bien à la Malbaie !
Vous qui, sur le vieux continent, ‘ Gémissez d’être prolétaires,
Allez aux bords du Sé. Laurent ; Gratis vous obtiendrez des terres.
Pour rente au seigneur de l’endroit, D'un sou par arpent la monnaio, Voilà le seul et léger droit,
Qu'on doit payer à la Malbaie ; Emigrez donc à la Malbaie !
En outre au Curé du hameau
I] vous faudra payer la dîme ;
Mais, bon pasteur de son troupeau, I1 l'aime, et jamais ne l’opprime.
Du grain, des œufs, du lait, du bois, Du poisson qui dans ces eaux fraie, Pas une obole quelquefois
C’est tout l’impôt de la Malbaie ; Dieu vous conduise à la Malbaie ?
es UN =
KAROUNRA,
AïR : Monseigneur, Monseigneur, je suis votre humble servileur.
Les idolâtres INDIENS, Dans leur langage sonore, Nommaient, avant les CHRÉTIENS, Ces lieux qu’on appelle encore :
Tadousac, Temiscouata, Ottawa, Kamouraska,
Kakouna, Kakouna, De tous ces jolis noms en À, Moi je préfère Kakouna (bis.)
Sur ces bords nous aspirons
Les senteurs de la marée ;
L'air est pur ; aux environs
La terre est riche et parée.
Si vous ressentez un mal
Soit physique, soït moral, Kakouna, Kakouna !
En quelques jours vous guérira
Du spleen comme du cholera.
On y pêche des saumons
Et des truites fort goulues,
Des marsouins, des esturgeons, Des harengs et des morues.
Loin des caïmans, des requins,
Des Hurons, des Algonquins, Kakouna, Kakouna,
Est des bains le nec plus ultra,
Car le St. Laurent passe là.
Voyez de tous ces vaisseaux Les blanches voiles tendues, Ces goëlettes sur les flots.
Nageant comme suspendues.
Ces nombreux sfeamers bravant Et les vagues et le vent.
Kakouna, Kakouna, Vous offre ce spectacle là ; Paris n’a rien d’égal à ça.
Aux jours brûlants de l’été,
Une famille sauvage,
À peau rouge en vérité,
Vient camper sur ce rivaze,
Hommes, femmes au Wigwam,
Comme les enfants d’ ADAM.
Kakouna, Kakouna,
Gratis les voit en scène là :
C’est bien moins cher qu’à l’opéra.
Si l’on aïme à naviguer
Avec un canot d’écorce,
L'Iroquois vous fait voguer ;
Il est de première force.
La montagne, en long rideau
De dresse, au fond du tableau.
Kakouna, Kakouna,
Jouit de ce théâtre là ;
C’est un charmant panorama.
Là, par jour, aux trois repas Que l'appétit assaïsonne, Les hôtes ne manquent pds, Sitôt que la cloche sonne.
Chacun boit et mange là Comme aux noces de CANA.
Kakouna, Kakouna,
Est un vra’ ‘jour de gala, Où l’on imite GARGANTUA !
CHANSON. 4