XV
C'est le duc du Maine, à h guerre il s'en va. 0 en a tant de hâte que son bel oiseau laissa ; C'est la petite Olive qui à manger fui pcirta. « Tiens, bel oiseau de France, mangeras-tu cela Pour l'amour de ton maître qui mon époux sera ? w
Elle monta dans un arbre criant Jésus Maria,
Disant qu'elle est enceinte^ que son père ne lésait pas.
Le roi par la fenêtre entend ce discours-là :
« Enlends-tu, mère reine, ce que ta fille dit là?
Elle dit qu'elle est enceinte, que tu ne le sais pas.
Lève-loi ^ mère reine, lève-loi el y vas. »
t Beau sire, si j'y allais, elle y paierait mes pas. *
Le roi prit sa grand robe, au jardin il s'en va,
Tendit sa belle main blanche, un beau fils receva.
« Ah ! dis-moi donc. Olive, pour qui cet enfant là ? r>
« C'est pour le duc du Maine, ce grand roi du Brabant. »
• Qu'on m'apporte mon sabre el mon grand coulelas, Que je lui tranche la tête et aussi les deux bras. » Sitôt la parole dite, le duc du Maine entra. « Tout beau, tout beau, le sire, mon fils ne le iutz pas. • « Ah ! djs-moi, duc du Maine, pour qui est cet enfant là ? »
• C'est pour moi, mon beau sire, je ne le dénie pas. »
• Par toutes tes belles pensées ma fi lie tu épouseras, Et par tes belles actions mon gendre tu seras. «
XVÏ ».
La belle n'avait que quatorze ans Et quelques mois davantage.
Son père la fit mettre à la tour C'est pour apaiser ses amours.
Son amant la suit pas à pas, El son visage qui fond eo larmes :
M Si je savais où est la tour, J*irais vous y voir tous les jours. »