XXIII
De chez mon père n'y a-t-un arbre
Qui produit des pommes rouges et blanches.
L'herbe est coupe, coupons la,
Faut couper, coupons l'herbe.
L'herbe est coupée, la fleur est fanée.
Je m'en fus au marché les vendre.
« Combien vos poumes, belle marchande ? >
c Trois sous les rouges, six sous les blanches. »
« Montez là-haut dedans ma chambre, i
Quand la belle fut en haut, elle tremble.
c Ah ! qu'avez-vous, belle marchande? >
t Monsieur, j'ai la fièvre et je tremble. »
c Ah ! descendez, belle marchande. >
Quand la belle fut en bas, elle chante,
c Ah ! remontez, belle marchande. >
« Monsieur, je n'ai plus de pommes à vendre. >
(Delphine Lacroix.)
Mon père et ma mère se sont laissé mouri ;
Ils m'ont laissée seulette à quinze ans et demi.
Tandis que je suis jeune, je veux me diverti.
Je disais en moi-même : « Jamais je n'aurai de mari. »
Ma tète vive et légère m'a fait changer d'avis.
J'aime un fort beau jeune homme qui n'est pas loin d'ici,
II est dedans la danse là qui se divertit.
Je le tiens par la main ; n'est-il pas bien joli .•'
A votre avis, mesdames, n'ai-je pas bien choisi ?
(Delphine Lacroix.)