‹ Romania (volume 4)Chapitre 115 sur 283 · L'ENFANT ET LE CURÉ · texte numérisé non relu

L'ENFANT ET LE CURÉ

Un paysan avait une truie qui mit au monde dix cochons bien faits, ce qui fit la grande joie du curé qui, en vertu de la dîme, alla pour chercher le dixième. Il arriva. L'enfant le plus âgé s'y trouvait seul. « Que font ton père et ta mère ? demanda le pasteur. — Mon père est parti faire un trou pour en boucher deux, et ma mère est à la chasse : ce qu'elle tue, elle le laisse, ce qu'elle ne tue pas, elle le rapporte. Ce qui veut dire que mon père est parti emprunter cent francs pour payer deux dettes et que ma mère tue les poux de mon frère. — Bien, mon garçon! je viens pour emporter l'un des jeunes de votre truie, qui a eu dix beaux gorets. — — Mais, j'y pense, monsieur le curé, nous sommes dix enfants. Pourquoi n'en emportez-vous pas un ? — Je n'ai pas couché avec ta mère ! — Vous avez donc couché avec notre truie? »

Conté en juillet 1877 par Am. Debart, de Warloy (Somme).

Page 1