‹ Romania (volume 4)Chapitre 119 sur 283 · LE SAUT D'UN VEAU · texte numérisé non relu

LE SAUT D'UN VEAU

Un paysan revenait un soir d'un village voisin de Warloy, nommé Baizieux. Il aperçut un grand feu dans une prairie. En approchant, il vit que c'était le sabbat. Une foule de démons, de mégères et de sorciers montés sur un manche à balai, dansaient en rond autour du diable. Notre homme se blottit dans un fourré et écouta. « Attention! notre seigneur et maître est prêt à vous écouter. »

Le démon se leva et écouta les rapports des sorcières. Puis il dit : « Quelqu'un s'est introduit parmi nous pour nous épier. Cherchez, mes fidèles; amenez-moi ce curieux. »

Le paysan fut jeté plus mort que vif aux pieds de Satan, qui le fit monter sur un veau qui prit aussitôt sa course. Le Warloyen se cramponna au dos de son coursier dont les pieds touchaient à peine à la terre. Arrivé à un rideau élevé, le veau le franchit d'un seul bond : « Voilà un beau saut pour un veau, » ne put s'empêcher de dire le paysan. « En voilà encore un plus beau, » dit le veau en lançant son cavalier dans l'espace. L'homme alla retomber à deux cents mètres de là au beau milieu d'un champ.

Cette place porte le nom de Veudien ou saut du veau, depuis ce temps.

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