LE REVENANT
Un homme, qui n'avait point fait dire de messe pour le repos de l'âme de son frère, mort depuis deux mois, revenait un soir du marché d'Arras où il avait été vendre ses denrées. A mi-chemin il rencontra trois neveux morts depuis longtemps; il leur demanda où ils allaient. « Nous venons de chez vous, mon oncle, et nous retournons à Arras. »
Cette apparition l'intrigua beaucoup. Il arriva bientôt auprès du village. Une croix s'y trouvait. Près du crucifix se tenait un cavalier monté sur un cheval blanc comme la neige. Le paysan reconnut son frère. Le fantôme se précipita sur lui sans dire un seul mot et, d'un seul coup de bâton, l'étendit par terre. Puis il s'enfuit. En rentrant dans son écurie, le paysan fut surpris d'y voir le cheval blanc et son cavalier. Il alla se coucher : son frère le suivit et se coucha de même avec lui. La frayeur saisit le vivant qui se leva, alluma une lampe et resta levé.
Le revenant continua de hanter son frère, jusqu'au moment où celui-ci fit dire une messe pour le défunt.
l'homme canard.
Il y a longtemps, une mare de Warloy était habitée à l'heure de minuit par une foule de canards, que plusieurs personnes avaient entendus plus d'une fois pousser des can ! can! qu'on aurait dits articulés par des voix humaines.
Un paysan, voulant s'assurer de la nature des canards, se cacha un soir derrière un mur, prit une grosse pierre et attendit. Il vit bientôt apparaître de petits hommes qui tenaient tous une peau de canard à la main. Celui qui paraissait le chef fit un signe, et les lutins, métamorphosés en canards, se jetèrent à l'eau. L'homme ne put attendre plus longtemps. Prenant sa pierre, il la lança avec tant de force que l'un des volatiles fut touché et ne put s'échapper avec les autres. Après lui avoir ôté la peau