‹ Romans à lire & romans à proscrireChapitre 2 sur 23 · ARCHEVÊCHÉ · texte numérisé non relu

ARCHEVÊCHÉ

DE

CAMBRAI

Cher Monsieur l'Abbé ,

Noué avoué toujouzé applaudi à la czéaticn de bibliothèque 6 pazoiééialeé , et là ou clleé cxiétaient, noué avoué éoiihaité leuz développement.

Voué êteé à la tête de cette œuvze deé Bons Livzeé dané la pazoiéée métzcpoliiaine et voué la dirigez avec zèle. Voué voulez davantage.

Quelé éonl leé boné livzeé ? Quelé éont leé mauvaié livzeé ? Que faut-il lize ou ne paé lize ? De quoi peut ée compoéez utilement une bibliothèque pazoiééialc, etc. ? Telleé éont leé queétioné vraiment pzatiqueé que voué poéez et zééolvez en même tempé. Votze livze zépond à une vzaie nêceééité et zendza éezvice à bon nombze d'ecclêéiaétiqueé ou de dizecteuzé de cezcleé, rie patzonageé , de confézenceé. Voué aidez puiééamment ci diétinguez le bon grain de l' ivraie.

Quelle barrière oppoéez ci cette contagion de mauvaié livzeé qui é’ étend et gagne de proche en proche comme une gangrène , ut cancer serpit ? A tout prix, il faut offrir à ceux qui ont le tempé et le goût de lire , aééez de boné * livzeé pour leur ôtez la tentation d'en lize de mauvaié au de dangereux. A tout prix, il faut neutzaliéez l'action

du poiôon pat celle de l’antidote, ôi , malgté notze vigilance, le poiôon attive jiiôqu’aux âmeô.

Paztout , c’eôtla guette de la ôageôôe du monde contze la ôageôôe de l’Evangile ; de la zaiôon humaine contze la zaiôon divine ; deô paôôionô bzutaleô contze le fzein qui leô zépzime. On flétzit danô le cœuz de la jeuneôôe tout gezme de zeligion, de veztu, d’honneuz. Le mauvais livze, le zoman impudique et le feuilleton déôhonnête, voilà leô béliezô qui ébzanlent leô fondementô de l’édifice ôocial. Que noô bibliothèqueô pazoiôôialeô ôoient comme, autant d’azôenaux muniô de touteô pièceô, comme cette tout de David, d’où pendent mille boucliezô, où chacun puiôôe ô’azmez du caôque du ôalut et du glaive de la pazole pouz la défenôe de la juôtice et de la vézité contze le menôonge et l’iniquité.

Le pape Gzégoize XVI diôaità la fin de ôon pontificat : « Pazini leô pluô czuelleô calamitéô de la zeligion catholique en noô tempô difficileô, la pzincipale eôt ôanS contzedit la multitude deô livzeô peôtilentielô qui, comme leô ôautezelleô ôoztieô du puitô de l’abîme, couvzent toute la vigne du Seigneuz pouz la dévaôtez. »

Que de foiô ôeô ôucceôôeuzô ont jeté à leuz tout le czî d’alazme, et Nouô même , danô leô couzô de Noô viôiteS paôtozaleô, faiôant écho aux gzandeô voix zomaineô, Nouô avonô ôouvent appelé l’attention de noô diocéôainô ôuz leô dangezô deô mauvaiô livzeô et de la pzeôôe licencieuôe. Hélaô ! qui diza jamaiô leô âmeô pezdues paz la lectuze deô livzeô irnpieô ou immozaux ? Il y a ceziainô zcmanô , paz exemple , au fzontiôpice deôqnels on pouzzait éczize ce que Dante inôczivait ôuz la pozte de ôon Enfez : « Vouô touô qui entzez, laiôôez ici l eôpézance. i) Que de zomanciezô qui dont de vzaiô malfaiteuzô, de vzaiô meuztziezô... Autze foiô, en place de Gzève, on a bzûlé deô éczitô moinô cozzompuô et cozzuptcuzô que ceux de noôjouzô.

Quiconque pazcouzza votze ouvzage, Monôieuz l'abbér

vu

tzouveza une Hôte d’auteuzô ôûzô et zecommandableô, et deô indicationô auôôi netteô que pzéciôeô ôuz leuz ôtyle , leuz geiize , leuz valeuz. Encoze une foiô, mezei du ôezvice zendu.

Recevez, Monôieuz l'abbé , l'aôôuzance de mon pateznel dévouement.

f M.-A. Sonnois,

Archevêque de Cambrai.

ARCHEVÊCHÉ Cambzai , le 12 Avzil iqo5.

. ÛE

CAMBRAI

Monsieur l'Abbé ,

J'accozde bien volontiezô / Imprimatur que voué m'avez demandé pouz la i>e Edition de voize livte : Homans à lire et Romans à proscrire.

J'ai la conviction que ce livze peut êtze tzèô utile , ôuztout aux Dizecteuzd deô pezôonneô chzétienneô , qui dont ôouvent conôultéô ôuz leô lectuzeô qu'on peut faize, et ôuz celleô qu'on doit ô'intezdize.

Leô félicitationô que vouô avez zeçueô pouz la iri Edition déjà épuiôée , témoignent que votze tzavail eôt bien appzécié , et elleô pzomettent un ôuccèô meilleuz encoze à la 2e Edition , qui pzofite deô obôezvationô qui vouô ont été faiteô.

C’eôt mon vœu le pluô ôincèze , que je vouô pzie , Monôieuz l'Abbé , de vouloiz bien agzéez.

7 Henri Monnier,

Ev. de Lydda, v. g.

— vin

ARCHEVÊCHÉ Cambtai , le 1 5 Févtiet igoô.

DE

CAMBRAI

Cher Monsieur V Abbé ,

Vous me demandez /'Imprimatur pour la 3e édition de votre livre : Romans à lire et Romans à proscrire. Je m'empresse de l'envoyer avec mes félicitations les plus sincères.

Votre livre deviendra classique. Les directeurs d'œuvres de jeunesse , les prêtres chargés des bibliothèques paroissiales , les pères et mères de famille au bénéfice de leurs enfants , le consulteront volontiers. Les gens du monde consciencieux et réfléchis lui accorderont leur suffrage.

De nos jours on lit beaucoup et on veut tout lire. Qui jamais dira le charme cle la lecture , mais qui en dira la puissance sur l'intelligence humaine ? Ce que Dante a dit à Virgile : « Tu duca, tu Signore e tu maestro, Vous êtes mon guide , mon Seigneur et mon maître », que de lecteurs doivent le répéter aux auteurs qu'ils ont lus ou approfondis ! La pensée de l'écrivain se verse goutte à goutte. Elle pénètre V intelligence comme une essence pénètre le vase qui la reçoit. Qui ne connaît l'adage : « Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es? » Autant le livre portant le triple cachet du vrai , du beau , du bien , rend de signalés services , autant le livre écrit contre la foi ou les mœurs m'apparaît comme un livre perfide mal gré ses formes attrayantes et ses dehors brillants -

Qu'importe que la coupe soit bien ciselée si elle contient du poison ? Qu'importe que le poignard / soit émaillé de pierreries s'il donne la mort ? Les livres délicatement immoraux sont souvent plus dangereux que les livres grossièrement obscènes.

On ne saurait assez l'établir : beaucoup de romans composés avec un art savant , parés des charmes de la littérature, ont été néanmoins de vrais séducteurs et de vrais meurtriers d'âmes au point que leurs auteurs méritent d'être appelés des empoisonneurs ou des malfaiteurs publics .

Rousseau a écrit quelque part : « Je ne regarde aucun de mes livres sans frémir ; au lieu d'instruire, je corromps ; au lieu de nourriture je donne du poison , mais la passion m'égare. »

Qu'un homme disparaisse, frappé par le couteau d'un assassin, vous entendez plaintes sur plaintes, doléances sur doléances , protestations sur protestations , et certes un pareil crime est digne d'une profonde réprobation.

Mais qu'un homme perde son âme , la souille ou la ternisse , et chose plus condamnable encore , cherche à répandre autour de lui les germes morbides qui Pont ainsi dégradé , qui pleure , qui gémit , qui proteste ?

Pour les individus , les familles , les sociétés , je vois là des dangers permanents de lamentable déchéance et d'irrémédiable décadence . N'est-ce donc pas un sujet d'amère tristesse que le spectacle de ces infirmités intellectuelles et de ces laideurs morales ?

Préoccupé du salut des âmes, en véritable

apôtre, vous essayez, Monsieur T abbé, de prémunir les lecteurs contre de si graves périls, et, séparant le bon grain des herbes malsaines , vous dites avec un accent vraiment sacerdotal : « Si vous mangez de tel arbre, vous mourrez. Si au contraire y vous allez dans tel jardin, plantes, fleurs et fruits tout contribuera à vous nourrir et à vous récréer .» En faisant cette sélection , votre plume fut-elle trop sévère ? Je ne le crois pas. f estime au contraire que vous avez fait une œuvre excellente . D ailleurs vous avez reçu la haute approbation du Pontife diocésain. Quelle meilleure récompense ?

Recevez, Monsieur F abbé, F assurance de mes sentiments les plus affectueux .

Em. Lobbedey,

Cambrai , le /er Février igo5.

Cher Monsieur le Vicaire ,

Etant doyen d'Aveéneé,je m’étaié occupé éézieuéement de la queétion deé lectuzeé à permettre et à proôcrire. Un ami , que voué connaiééez, m'avait rendu grand ôezvice en m’indiquant deô ôérieô d’ouvrageô dont je pouvaiô conôeillez la lecture aux familleô intézeôôéeô. Auééi, ai-je accueilli avec plaiôiz l'idée que voué m'avez ôoumiôe de réunir en volumeô voô noteô et obôezvationô qui pourraient rendre un réel ôezvice aux Directeurô et Directriceô de maiôonô d’éducation ainôi qu'aux parenté ôoucieux de l'âme de leurô enfanté.

Le éuccèé a répondu à voô efforté. La première édition de votre ouvrage a été épuiôée en quelqueé éemaineé . Elle portait en tête de éeé pageé une lettre élogieuôe et encourageante de Monéeigneuz l'Archevêque qui lui a ouvert touteé leé voieé et qui a favoziôé éa diffuéion. Cette approbation de notre premier paéteuz à laquelle ée éont jointeé leé félicitationé de MM. leé Vicaireé généraux eét une zécompenée dont voué avez le droit d’être fier et qui voué dédommage amplement deé éazcaémeé d'une certaine preéée à votre endroit.

Votre doyen voué dit merci de voué remettre à l'œuvre pour la éeconde édition, à laquelle il éouliaite le même éuccèé qu à la première, et il émet le vœu que voué teniez votre travail à jour afin de faire paraître , toué leé troié ané par exemple, un faécicule indicateur deé boné ouvrageé à lire et deé mauvaié à proécrire. Ce faiéant, voué aurez bien mérité de lEgliée et deé familleé chzétienneé.

Veuillez agréer, chez Monéieuz le Vicaire, l’ aééuzance de mon affectueux dévouement en Notze-Seigneuz.

A. Hécart, Chanoine,

Archiprètre de la Basilique Métropolitaine.

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