A N E C BOTES
1 ?ANS une province soumise anx Malioméians, où ii existe encore des sectateurs de Brama , on laisse ces hommes paisibles professer leur cid te sans obstacle. Cependant les venres qni ont la bizarre fantaisie de se brûler vives sur le bûcher de leurs maris^, ne peuvent le faire sans un consentement formel dli gouverneur; et au grand scandale des dévots indiens , cette permission est presque toujours refusée.
Un Bramine étant mort , sa veuve alla implorer auprès du gouverneur musulman , la faveur d'être brûlée avac son mari. Elle était jeune et jolie. Le gouyerueur la trouva diin^j
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le cas d'être enflammée de tout autres feux que de ceux d^uu bûcher.
Elle pleura , se lamenta , ce fut envain. Elle dit des injures, ce fut sans succès*
Hé quoi ! s'écria-t-elle , on fera un pareil affront à une honnête femme ^ qui a eu une mère , deux soeurs et trois tantes brûlées î
A ces mots , le gouverneur se tournant Tcrs un fakir, qui était présent, lui dit : Misérable ! c'est toi peut-être qui par tes exhortations £inatiques as fait tourner la tête à cette infortunée. Prends garde à toi , ta yie répondra de la sienne?
Seigneur , répondit froidement le fakir , je n'ai jamais dit un mot à cette femme, et sa résolution est si naturelle , que je ne conçois pas que vous la puissiez prendre en mauvaise part. Je trouve très-simple que l'on
procure à une femme le plaisir d'aller rejoindre son mari. — Comment!
le rejoindre, s^écria la vente ; parlez-vous sérieusenaent ? Les bramines ne m'en ont rien dit. Tu prétends donc que j'irai dans le lieu où esi:
mon mari ? — Sans doute. — La veuve n'insista plus sur sa demande, et il est probable qu'elle se résigna à passer dans le sérail du gouverneur un temps précieux qu'elle eût perdu auprès de feu son époux.
La récompense de la "vertu*
Maleshekbes faisait un jour une promenade solitaire dans les Pyrénées, lorsque tout- à-coup il apperçut à quelques pas de lui , un officier, le chevalier Inegans, qui tenait à la ïnain des écbamillons de miiieraux.
2^6 A?^ECDOTES.
Ce vénérable Tieiîîard, qui était mi* très-simpîemeiit , et lenait un bâton à la main , s'approcha sans cérémoiiie de rofficler, prit une des pierres , la considéra, eî dit : c^est un fragment de basalle qui parait rare dans ce^ environs« Les dragons de îa suite du chevalier trouvèrent le procédé forî imperlinenty cependant il s'ouvrit entre lui et Malesherbes une conversation sur les merveilles de hi nature.
L^entretien changea insensiblement de sujet, et Ton parla de la Cour de Louis XVI. Hélas î dit l'officier, le roi n'avait qu'un ministre vertueux ^ et les ennemis du trône FanX bientôt écarte. — Qui était-il ? — Son nom est dans tous les coeurs , Malesherbes. — C'est de lui que vous parlez!
il me semble que la Cour n'était pas trop sa place ; il n'avait pas les formes nécessaires. — Hé î quelles
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formes î 11 ne faut aux peuples qu'un homme vertueux , im homme de génie ; le reste se trouve facilement. — Monsieur a sans doute connu le ministre? — Seulement de réputation»
— La réputation est souvent mensongère. — Oh ! ce n/est pas dans cette circonstance; mais vous , monsieur le naturaliste , il me semble que vous n^aimezpas trop Malesherbes , et cela me fait peine, car vous paraissez un brave homme. — Monsieur le chevalier, j'ai de bonnes raisons pour ne point flatter cet homme-là.
Au même instant, un domestiqua?
de M. de Malesherbes s'approcha et prononça son nom par hasard. Le chevalier ï\xi tiès-étonné. Ah ! Moneieur , dit-il avec un grand respect , voici le mot de Ténigme. Il n'y a , dans toute l'Europe , qu'un 9eul
homme à qui il soit permis de parler mal de Malesherbes.
Le germe du talent.
On aTait élevé , au Luxembourg ^ à Paris , dans une salie où se lirait autrefois la loterie , un ;héâlre d'amateurs. Un jeune homme y débuta par le rôle d'Orosmane de Zaïre. On trouva qu'il jouait fort mal , et surtout qu'il était horriblement laid. Une seule dame eut le courage de lutter contre le torrent , et de dire : Ce sera le meilleur acteur de son siècle. On se moqua d'elle , mais elle persista dans son sentiment. — Qui était ce jeune homme si laid et si repoussant?
— Lekain !
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Epitaphe,
On voit , sur un tombeau à New-, London dans les Etais-Unis d^ Amérique , rinscription suivante :
« Le 26 octobre 1781, quatre mille Anglais mirent cette ville à feu et à sang. Sept cents Américains défendirent le fort toute la journée , et se rendirent vers quatre heures du soir»
Le commandant des assiégés remit son épée à un Anglais qui s'en servit pour le tuer ; toute la garnison fut passée au fil de Tépée. On fit ensuite une traînée de poudre depuis le magasin du fort jusqu'à la mer , afin de le faire sauter. William Hoîman , qui était à quelque distance de là^ percé de trois coups de baïonnettes ;, s'en aperçut. 11 dit à un de ses amis qui ciait I.îessé et qui respirait encore :
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Il faut essayer de nous glisser jusqu'à la traînée, nous mouillerons la poudre avec notre sang , elle ne pourra plus prendre , et de celte manière , aux dépens du peu de temps qui nous reste à vivre , nous sauverons le foi't , le magasin , et peut-être encore quelques camarades dont la blessure n'est pas mortelle. Il fut le seul qui eut la force de mettre h exécution cette résolution généreuse. Il périt victime de son dévcûment. Le feu ne prit pas. Son ami et sept de leurs camarades furent sauvés.
A la suite de cette simple narration , on Jit en gros caractère :
CI GIT AVILLIAM HOTWA^^
Orgueil de la parenté.
Une sœur de Descsrtes parlait avec orgueil d'un 211 tic frère qui exerçait
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lan petit emploi , mais avec une sorte de regret , de son frère le philosophe , le seul, disait -elle , qui ne fît pas honneur à la famille.
Il a existé à **^ deux visitandines qui se nonmiaient Poquelin , et qui étaient parentes de Molière , qui avait , comme on sait, le même nom de famille. Elles rougissaient d^étre obligées de reconnaître comme parent l'auteur du Tartuffe. Elles jeûnaient tons les ans à un jour fixé , pour expier le malheur d\me telle alliance.
Au contraire , une reli2:îeuse du couvent de la Madelaine , se croyait parente de Voltaire , et s'en faisait gloire. Elle lui écrivit même une lettre, et lui adressa un pauvre diable que Ton voulait faire prêtre malgré lui. Voltaire lui envoya cinq cents livres, et lui fit une réponse fort ai-