LE DERNIER SOURIRE
Deux ans après, durant les mascarades, Adolphe, devenu
agent de change , nlla seul incognito, par une coupable distraction, à un bal masqué de rOpéra-Gomique.
n devait le lendemain se marier avec M^i^Marie-Angéline , Boucher, fille mineure, d'un blond hasardé et riche.
Cependant Tivresse de la danse troubla le cœur d'Adolphe, si bien qu'il oublia son rôle austère et se jeta à corps perdu dans un galop orageux.
Pour danser le galop, les hardis danseurs s'emparent de la première venue, au dépit des amans craintifs, qui promènent silencieusement leurs maîtresses.
La première venue pour Adolphe fut Anaïs. « Anaïs! — Adolphe ! »
Au même instant une bourrasque violente sépara les anciens amans, — et ils ne se revirent pas, — et ils ne se reverront plus, — plus jamais !
« Si je lui écrivais, dit le lendemain Anaïs en tendant les bras avec ardeur comme pour ressaisir une de ces heures enchantées de sa joyeuse insouciance. »
A M, Adolphe Lebrun, agent de change à Paris^ rue deC,,.
« Monsieur,
«Vous avez daigné me sourire, l'autre nuit, au bal de l'Opéra-Comique. Je suis une bonne fille, j'oublie votre barbarie, je ne me souviens que de mon amour. Lord Sur — est en voyage, j'ai quelques jours de loisir : me feriez-vous l'insigne honneur de venir me voir rue Laffitte, Î4? j^en accepte l'augure.
« Anaïs de Saint-Germain. »
D*UiNE FLEURISTE ET D*UN ÉTUDIANT. 345
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