I. Malade eu langueur
— C'est-il vrai, ce que vous dites là ? demanda Jeanno en s'arrèlant, car elle avait gagné la porte du jardin, et elle la tenait entre-bdillée entre elle et le rôdeur do nuit. Ma tante est-elle malade?
— Puisque (on \ en va à Toull, tu peux ben lui faire demander par queuque-z-uns si c'est vrai.
— Mais il ne va pas a Toull, ce monsieur.
— Tu sais ben que si ! puisque je l'ai rencontré au druit des pierres jomâtres.
— Il va à Chambon ou à Bonat. Je ne sais même pas où il va ; mais je saurai bien si vous me mentez, et si ma tante est malade.
— Oh ! oui, répondit Raguet, tu sauras ça quand elle sera morte.
— Mais si elle est en misère, comment donc que vous n'êtes pas avec elle, vous? Elle a bien mal lait do se retirer chez vous, puisque vous la soignez si mal !
— Moi, dit Raguet, je ne .suis plus avec elle I II y a deux mois que je l'ai laissée là.
— Et où donc demeure-t-tlle à présent, ma pauvre tante?
— Qu'elle demeure dans le trou aux fades ou dans le milan du grand vivier, si ça lui plaît, je ne m'en embarrasse pas.
— Eh bien I vous êtes un vilain homme; je le savais bien ! répondit leanne en lui fermant la porte au nez ; et elle revint à la maison, incertaine si elle courrait chercher sa tante le lendemain , et si elle ajouterait foi aux méchantes paroles de Raguet.