‹ Romans grecsChapitre 8 sur 179 · II · texte numérisé non relu

II

subitement pour la campagne, appelé par une affaire pressante, et Tamant vient d'entrer, comme il en était convenu avec Déménète. Il est bon, dit-elle, de se préparer à la veng:eanceetd*entrer arméd'un poignard, afin que le scélérat ne puisse échapper.» Je suis son conseil, ot> un poignard à la main, je nie dirige vers la chambre à coucher. Thisbéme précédait avec des flambeaux. Arrivé au seuil, j'aperçois à l'intérieur la lueur d'une lampe, et aussitôt, transporté de fureur, j'enfonce la porte fermée en dedans, j'ouvre et me précipite dans la chambre. « Où est-il , m'écriais-je, le scélérat, le bel amoureux de cette honnête matrone?» Et, en parlant ainsi, je m'avançais pour les percer tous les deux. Mais à ce moment, mon père, grands Dieux ! se précipite à bas du lit et tombe à mes genoux : « Mon fils, s'écrie-t-il , remets-toi un peu , aie pitié de celui qui t'a donné la vie ; épargne les cheveux blancs de celui qui t'a nourri ; oui, je t'ai fait injure, mais non jusqu'à mériter que tu te venges par ma mort; ne t'abandonne point tout entier à ta colère, ne souille pas tes mains du sang do ton père. » Pendant qu'il m'adressait ces lamentables supplications et d'autres semblables, j'étais comme foudroyé : immobile, pétrifié, glacé d'effroi, je cherchais autour de moi Thisbé, qui s'était échappée Je ne sais comment ; je reportais mes yeux du lit à la chambre, sans trouver une parole, sans me décider à rien» Le poignard s'échappa de mes mains, et Déménète se précipita aussitôt pour le ramasser. Alors mon père , se voyant hors de danger, met la main sur moi et ordonne de me lier. Déménète l'excitait de toute sa force : « N'est-ce pas là, disaitelle, ce que j'avais prédit; ne disais-je pas bien qu'il fallait se garder de ce jeune homme, et qu'il épiait l'occasion de faire un mauvais coup? » Je voyais ses regards, je compris toute sa pensée. «Il est vrai, disait mon père, tu me l'avais annoncé ; mais je ne pouvais le croire. ))ll me tint ainsi garrotté, sans me permettre,

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