‹ Romans nationauxChapitre 93 sur 247 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

SOiJWOIlOW, VANDHULIKB.

HiJ«DKlXINM.

Si le retard de Linken se prolonge , il faudra peut-élfis contremaoder. . .

BOUWOROW, ilekiuct.

Oq ne contremandera rien... Nous sommes vainqueurs... nous avons tout bousculé... dous sommes sur lesderriëresdeMasséna... les troupes ne demandent qu'à se battre... S'illefaut, on se passera des Autrichiens... Eorsakow et moi, nous terminerons seuls U campagne... Allez.. .que la dépêche parte I

Tiens.

. sounia dessDS. . .

elle «st Chaude. Pige5S.J

SGËNSIV

avons été pris à plusîears par des hussards ' français.

SODWOROW, IVÀMOWITCHE,

OOISKI

socwoaow.

80UW0R0W, t l.»»Uch.

Quand?... où?

Cest tOD homme?

Voilà maintenant le quatrième jour. Les

rTAMOTITCHS.

Autrichiens partaient ; nous tes remplacions le

Oui, feld-maréchal;

long des deux lacs et des deux rivières. Nous ne

connaissions pas encore bien les positions ;

De quel régiment es-tu ?

notre détachement s'est perdu la nuit danajin

OOIUI.

coude.

Du régiment de Markow.

Dans quel coude?

«OUWOROW,

osisu.

Quand aa-tu déserté!

Prés d'un village, entre deux tacs.

oaisu.

le n'a pas déserté, feld-maréchal, nous

ARapperschwyl... c'est possible... Après?

oeisrx.

Après, les hussards sont arrivés... On s'est battu longtemps... Nous avons perdu la moitié de notre monde... Des troupes de ligne sont encore venues au secours des hussards. Il a fallu se rendre.

SOUWOROW

Comment se fait-il ^lors qu'on te trouve dans la vallée de Schaechenthal, à vingt lieues de là? Réponds clairement.. .

(il lui Unee un coup d'aoU i^virt.) OGISEI.

Nous étions encore quinze hommes , avec le lieutenant Swerkow; et d'abord les républicains nous menèrent sur la montagne à droite.

SOUWOROW

Aumont Albis?

0<}lSKI.

Je crois que oui; près d'une vieille maison en planches, où demeure leur feld>marécbal.

SOUWOROW

Comment s'appelle-t-il ?

OGISKI

Je ne sais pas.... C'est un grand sec, maigre, brun, les cheveux im peu crépus.

SOUWOROW, ngarduit lTuioinlch« en souriant.

Masséna. (8« ngnn i^^eiaire.) Ah ! ah I Et qu*est-C6 qu'il voulait de vous ?

oaisKi.

Le lieutenant Swerkow est seul entré. , Nous autres^ on nous gardait dehors.

SOUWOROW, l'interrompanl.

Mais si tu n'es pas entré , comment peuz-tu savoir que le feld-maréchal des répubUcains est grande sec^ maigre?

OGISKI, atee l«,pliu gnnà calno.

Le lieutenant Swerkow nous Ta dit.. . D nous a dit aussi que le feld-maréchal des républicains voulait savoir où les Autrichiens allaient, combien nous restions, et si nous attendions du renfort ; mais qu*il avait répondu que nous ne savions rien de ces choses.

SOXTWO&OW, rilBt.

G^est bon... Alors on vous a maltraités?

OGISZZ.

Non, feld-maréchal ; on nous a conduits plus loin, et nous avons eu des fèves à manger , le soir.

SOUWOROW

Etpas de viande?

OGISKI

Oh noni feld-maréchal, les républicains «onl dans la plus grande misère; ils meurent

de faim... ils n'ont pas un verre de schnaps... ils n'ont rien du tout .

SOXTWOAOW.

Ils doivent être tristes ?

OGISKI

Non, feld-maréchah . • Ils chantent... ils jouent aux cartes.

SOUWOROW

C'est bien cela. .. (>i«nt d« bon eœor.) Et tu t'es échappé ?

OGISKI

Avant-hier , à la nuit ; ils n'avaient que deux sentinelles pour nous tous, dans im petit village brûlé. Alors, avec trois camarades, j'ai sauté par ime fenêtre dans les champs. Les sentinelles ont tiré sur nous; je n'ai pas tourné la tète, j'ai couru tant que je pouvais , en pensant rejoindre le régiment ; malheureusement dans la nuit, au lieu de prendre à gauche, j'avais pris à droite, et le matin j'étais dans la montagne, sans pouvoir me reconnaître. Je n*ai fait depuis que marcher.

SOUWOROW

C'est bon. Cela suffit. (âu«ne«.) Âlors^ au moment où vous avez été pris , l'archiduc était en route, l'armée ^ustro-russe occupait ses positions à Zuricâ^ le long de la Linth et de la Limmat ?

OGISKI

Oui, feld-maréchal , avec les Suisses rouges.

SOUWOROW

Et tu n'as rencontré dans la montagne aucun détachement autrichien?

OGISKI

Non; si j'en avais rencontré, je leur aurais demandé mon chemin. J'étais perdu, quand l'ordonnance m'a arrêté près d'un petit village.

SOUWOROW

Je suis content de toi... Va manger la soupe avec les soldats de Rymnik... Tu suivras la colonne... Demain ou après, nous rencontrerons ton régiment; (OgbU tourna m tes taloni, «o feîMat U Nlat militaire , puii s*éloigna graveoieot. Sooirorow le regarde d*uii air

aatitfui.) Ce soldat m'en a plus appris que mes ordonnances. Il en sait plus qu'un offficier de l'archiduc... On le prend par la faute des autres... et il se sauve tout seul !.. .

(Au Doment où Ogitki t'éloigne, une députation d'Altorf parati daag le chemin, i droite, la landamann en tête Mandrikiae, reste prèe da Uvae des oflleiers, te porte i sa rencontra et parie ateè le lui* dattann.)

OGISKI, i part, s'éloignam. v

Me voilà dans la place ! (Apercevant Batteuine dasin U

gronpe de ganehe.) La mùtouchka du Saint-Gothard I

(a a'aiTlU et détonne doacement 1& Oto.)

LA GUERRK.

ITàNOWITCHI, I B«nan>w.

Est-ce que le feld-maréchal n'a pas d'autres

ordres pour moi î

BOnWOROW .

Kon... tu peux reconduire tes hommes à

l'escadron.

IVANOWlTOHS, * OtfiU.

Qu'est-ce que tu fais lÀ, toiî

oaisEt.

Lieutenant, le feld-maréchal a dit ; Va manger la soupe avec les soldats de Rymuik...

ITÀNOWITCBl.

Eh bien ?

OOISU.

Il n'a pas donné d'ordre; ils ne voudront

pas me recevoir.

IVANOWITOBB.

Ahl bon... arrive I

06ISEI, t pvl.

HATIOnRB.

C'est Ivanowitche 1

IVÀNOWITCHB, nwuu t Mina.

Oui , matouchka , c'est moi, (m hi,ui>.) Vous allez donner ia soupe à ce camarade, c'est uQ brave soldat du régiment de Markow. Les républicains l'avaient pris, il s'est sauvé I... Qu'on lui fasse place au feu I

nATTOOINB.

C'est bon, Ivanowilche, il n'a qu'à s'asseoir.

Je reviens lie suite... Tout a bien marché... Le teld-marèchal est content. Je vais reconduire mes hommes à l'escadron, et puis j'arrive. - [il Im »m II mùn.)

Dépêche- loi.

ÛGIS£T. fùiAAl TiLmikli- *

Bïcuseï, camaraJosI

HàNDRIKINB, ^uI iVll Mf»<U i" ftld.mirtditl.

Feld-maréchal, une députaiion de bour-

geois d'Altorf sollicite l'honneur de vous être présentée.

SOCWOROV, nfudul fg4inm r^putl*.

Qu'est-ce que ces geus-là me veulent î

UÀHDBIKtNB.

Sans doute quelque réclamation, au sujet des nouTelles réquisitions, aoowoaow.

Eh bien, qu'on les laisse venir.

(nnprmitHDiluladt. BudilUaifaUiltu 1 U d^pguaon l'irf»-

•Btul k djpuULion.

Une députation de la ville d'Altorf, feldmaréchal.

(»«>grsw îkIIH I» Uli uu rlpoBl» et iii» u leitr.) ta I.4HIIAIIÂNN, fUiul InU pu u »ul di 11 d^paliUoo.

Illustre feld-maréchal, la malheureuse ville d'Altorf vient vous exposer, par la voix de son magistrat, qu'elle souffre depuis trois ans tous les tléauxde la guerre ; que, depuis trois ans, tantAt les Autrichiens, tantét les Français, la frappent de nouvelles réquisitions; qu'elle est épuisée de tout; que la misère est devenue si grande, qu'une foule de vieilles familles, ayant droit de bourgeoisie, sont forcées de s'expa> trier. Et c'est quand l'invincible armée de Souworow arrive au miliei) de nous, c'est quand toute la Suisse espère enfin sa délivrance, qu'on nous impose d'abord vingt-cinq mille rations, que nous avons eu mille peines A fournir... ensuite vingt-cinq mille autre», que tous nos efforts, toute notre bonne volonté ne réuniront jamais.. .Non, illustre feld-niarécbal, vous ne pouvez exiger.. .

souwoROT, r

Ecoule, landamann, je m'appelle Basilcrnritcbe Souworow. Quand je suis assis dans ma baraque, en Esthonie, j'aime assez les beaux sermons d'un pope avec le son des cloches; mais quand je campe en pays ennemi , les longs discours m'ennuient terriblement. Tu sauras qu'en Prusse, en Pologne, en Turquie, en Italie, depuis quarante-cinq ans, j'ai fait brûler plus de villes et de villages que vous n'avez de bicoques eu ce pays, et que j'ai fait fusiller plus de récalcitrante, que tu n'as de cheveux sur la tétel... C'est pour te faire comprendre, landamann, ainsi qu'à tes camarades, que si je n'ai pas, dans trois heures, les râlions de pain, de viande, de vin, de schnaps et de fourrage qui sont inscrites sur cette patl'■.î^^te, je mettrai le feu dans tous les coins de la ville, après avoir pris tous ce que je pourrai prendre, bien entendu. — Tu dois sentir, landamann,

52 LA GUERRE

qii un n'entrelient pas une armée avec des ser-

oaiSH.

mons, et que les Russes, vainqueurs, ne peu-

Douze ou quinze lieues, moloucftùa.

vent pas supporter les privations, dans un en-

aiTTOUINB

droit où les républicains en déroute se sont régalés. C'est contraire au bon sens 1 — Ainsi,

Est-ce qu'on se battait souvent, chez vous?

dans trois heures, j'aurai ce que je demande.

ogisï:.

ou bien mes soldats commenceront leur visite

Tous les jours... de petits combats... mais

chez vous avec des torches.— Allez... et réflé-

la grande bataille approchait... Vous devei

chissez aux paroles de Basilowitche Souworow,

plutôt savoir ce qui se passe là-bas que moi.

qui ne parle jamais en vain.

puisque j'ai quitté depuis plusieurs jours.

Illustre feld-maréchal... au nom de l'hu-

Nous ne savons rien du tout... il n'y a pas

manité...

de nouvelles.

soim'OKOw. rr.ppu< .ur i> ubi« t.cc cm,^.

' OOISKI. s pw.

Assez!... Toutes les réflexions sont inutiles.

(l. Aip„M-c ,., cchn.ct c«pr.nd le cb.Dii t I.luK d'un >tr iiu,.

Pas de nouvelles ! htasséna a dû attaquer avant-hier... Korsakow ne dit lieu... bon

signe !

(En CE Docnenl. Sunioro' l'innrc 1 ctunl. Tooi Itt Hlikb h

l*-eiL « rultnl immebJiH. Bou-oioo l'UfiU u ipiruwL BU-

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