‹ Romans (volume 2)Chapitre 153 sur 167 · SONGE · texte numérisé non relu

SONGE

La proposition parut extravagante à la dame ; mais le destin l’avait accoutumée aux choses bizarres; le médecin était un opiniâtre qui ne voulait point d’autre prix de son remède. Cosi- Sancta n’avait point de mari à consulter; et le moyen de laisser mourir un fils qu’elle adorait, faute du plus, petit secours du monde qu’elle pouvait lui donner ! Elle était aussi bonne mère que bonne sœur; elle acheta le remède au prix qu’on voulut; et ce fut la dernière des trois fois.

Elle revint à Hippone avec son frère , qui ne cessait de la remercier durant le chemin du courage avec lequel elle lui avait sauvé la vie.

Ainsi Cosi-Sancta, pour avoir été trop sage, fit périr son amant et condamner à mort son mari ; et , pour avoir été complaisante, conserva les jours de son frère, de son fils, et de son mari. On trouva qu’une pareille femme était fort nécessaire dans mie famille : on la canonisa après sa mort, pour avoir fait tant de bien à ses parents en se mortifiant ; et l’on grava sur son tombeau :

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