‹ Romans (volume 2)Chapitre 83 sur 167 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Comment l’Ingénu développe son génie.

224 l’ingénu.

Une chose rae frappe surtout dans cette ancienne histoire de

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" i1;abit6di" mille en Égypte, et les dfables en ScythTS « lsava.entengendré les Huns. Je ne vois, avant ThucydS" ’Z « des romans semblables aux Amadis, et beaucoup ZinslZ " sauts : ce sont partout des apparitions , des oracles desTro'

« diges , des sorldeges , des métamorphoses , .des songes expli

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auvaisSrec> un edit contre le plus grand capitaine du siècle1

la co n versa ü n f °S .a Va*! pr?"oncé ces Paroles dans la chaleur de’ ta conversation . « La vente luit de sa propre lumière ef ™ „> •

irr l6S eiSPritS aVe° l6S flammes des bûchers.» Les apedeutes assurèrent que cette proposition était hérétique senZt

Quoi! S’écria l’Ingénu , des édits rendus par ces gens-là 1 Ce ne censure du ^«feaire^MamonW1* ” 'a mldeuf ’ “ m.auvais ,atin. une

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L’INGÉNU

sont point des édits, répliqua Gordon, ce sont des contre édits dont tout le monde se moquait à Constantinople, et l’empereur tout le premier : c’était un sage prince qui avait su réduire les apédeutes linostoles à ne pouvoir faire que du bien. Il savait que ces messieurs-là et plusieurs autres paslophores avaient lassé de contreédits la patience des empereurs ses prédécesseurs, en matière plus grave. Il fit fort bien , dit l’Ingénu ; on doit soutenir les pastophores et les contenir.

Il mit par écrit beaucoup d’autres réflexions qui épouvantèrent le vieux Gordon. Quoi ! dit-il en lui-même , j’ai consumé cinquante ans à m’instruire , et je crains de ne pouvoir atteindre au bon sens naturel de cet enfant presque sauvage! Je tremble d’avoir laborieusement fortifié des préjugés; il n’écoute que la simple nature.

Le bon homme avait quelques-uns de ces petits livres de critique, de ces brochures périodiques , où des hommes incapables de rien produire dénigrent les productions des autres , où les Visé insultentaux Racine, et les Faydit auxFénelon. L’Ingénu en parcourut quelques-uns : Je les compare , disait-il , à certains moucherons qui vont déposer leurs œufs dans le derrière des plus beaux chevaux; cela ne les empêche pas de courir. A peine les deux philosophes daignèrent-ils jeter les yeux sur ces excréments de la littérature.

Ils lurent bientôt ensemble les éléments de l’astronomie ; l’Ingénu lit venir des sphères : ce grand spectacle le ravissait. Qu’il est dur, disait-il , de ne commencer à connaître le ciel que lorsqu’on me ravit le droit de le contempler ! Jupiter et Saturne roulent dans ces espaces immenses ; des millions de soleils éclairent des milliards de mondes; et, dans le coin de terre où je suis jeté, il se trouve des êtres -qui me privent, moi, être voyant et pensant , de tous ces mondes où ma vue pourrait atteindre , et de celui où Dieu m’a fait naître ! la lumière , faite pour tout l’univers , est perdue pour moi. On ne me la cachait pas dans l’horizon septentrional où j’ai passé mon enfance et ma jeunesse. Sans vous, mon cher Gordon , je serais ici dans le néant.

L’INGÉNU

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