‹ Romantiques: éditions originales, vignettes, documents inédits ou peu connus: Honoré de BalzacChapitre 3 sur 40 · Physiologie du Mariage, ou Méditations de i'hilosophie · texte numérisé non relu

Physiologie du Mariage, ou Méditations de i'hilosophie

ÉCLECTQUE SUR LE BONHEUR ET LE MALHEUR CONJUGAL, publiées par UU

jeune célibataire.

« Le bonheur est la fin que doivent se proposer toutes les sociétés.»

(Li'auteur.) »

Paris, Levavasseur, libraire-éditeur, 1830. — 2 vol. in-S". — Tome I, de XXXV et 332 p. — Tome II, de 352 p. — Édition originale ; couverture jaune, portant simplement : Physiologie dit, Mariage. Quelques exemplaires ont été tirés sur papier jonquille. Rare et recberchée dans sa condition primitive 120 fr.

Une deuxième édition, en 2 vol. in-8, a été publiée chez Olhvier en

La première édition dans le format Charpentier est de Î838.

Nous trouvons, dans la Correspondance de Balzac (édit. in-18, 1870, t. I""", p. 90), une curieuse lettre de Balzac à son éditeur Levavasseur sur lu Physiologie du Mariage :

« Si, comme le Nodier, car le Nodier est un sous-genre dans l'hisloire naturelle de la littérature, je flânais, je faisais des prospectus, dos vieux souliers, des parties de billard, si je buvais, mangeais, etc.! Mais je liai pas une idée, je ne fais pas un pas qui ne soit la Physiologie ; j'en rêve, je ne fais que cela, j'en suis féru! Je comprends toute votre impatience commerciale, car la mienne est décuple. » (Paris, novembre 1829.)

L'original de cette lettre, reproduite en fac-similé dans XHonoré de Balzac de Théophile Gautier, se trouve dans l'exemplaire sur chine que possédait Asselineau.

Dans une lettre à M'"° la duchesse de Castries, Balzac s'exprimait ainsi :

« La Physiologie dv, Mariagi fut un livre entrepris dans le bal de défendre les femmes... Je compris qu'il me fallait envelopper mes idées, elles rouler, pour ainsi dire, dans une forme nouvelle, acerbe et piquante,

qui réveillât les esprits eu leur laissant des réflexions à méditer Pour

moi, la jeune fille qui a fait une faute est plus digne d'intérêt que celle qui reste ignorante et prêle aux fautes de l'avenir, par le fait même do son ignorance. Aussi, célibataire pour le moment, si je me marie plus lard, ce ne sera jamais qu'avec une veuve. »

C'est une veuve en efïet que Balzac épousa dix-huit ans plus tard.

La Physiologie du Mariage fut payée 2,000 francs à Balzac par Levava.sseur.

14. Scènes de la vie privée, publiées par Balzac, auteur du Dernier Chouan, ou la Bretagne en ISOO.

Paris, Marne et Delaunay Vallée, 1830. — 2 vol. in-8. T. I, vu et 399 p., plus un feuillet pour la table. T. 11, 378 p., plus uu feuillet pour la table. (Imp. A. Barbier) 33 fr.

Celte première édition contient : la préface, la Vendetta, les Dangers de l'incouduite, le bal de Sceaux, Gloire et Malheur, la Femme verluemse, la Paix du Ménage.

« Immédiatement après la Physiologie du Mariage, je lis, pour développer mes pensées et les jeter dans les âmes jeunes par de frappants tableaux, les Scènes de la vie privée. Dans ce livre, tout de morale et de sages conseils, rien n"est détruit, rien n'est attaqué ; je respecte les croj'ances, celles même auxquelles je n'ai pas foi. Je suis simplement historien, conteur, et jamais la vertu ne l'ut plus vénérée et préconisée que dans ces scènes. » (Lettre à M"'" de Gastries, déjà citée. 1

Gloire et malhenr sont devenus : la Maison du Chat-qui-pelotte, dans la Coraédie humaine, première édition collective de Furne (1842).

Les Dangers de l'Iticondiiile ont pris plus tard le titre de Gobseck.

Le premier chapitre, l'Usurier, avait d'abord paru dans la 3Iode du ■20 février 1830.

Un fragment de la Ferame vertueuse fut inséré dans le Voleur du ij avril

Sauf ces deux exceptions, les récits des Scènes de la vie privée étaient tous inédits. Pour les éditions ultérieures, voir les n"* 22 et 26.

15. La Peau de chagrin, roman philosophique, par M. de Balzac. (Un ruban de peau de chagrin, tracé en noir.)

(Sterne, Tristan Schandy, chap. 322.)

Paris, Charles Gosselin, libraire, rue Sainl-Germain-des-Prés, n" 9; Urbain Ganel, libraire, rue du Bac, n° 104. 1831. Imp. Gosson. — 2 vol. in-8. — Tome I, 393 p., y compris la préface, plus 2 pages d'errala non paginées. — Tome II , 374 p., plus un feuillet pour les errata (il n'y a qu'une faute mentionnée).

A chaque volume, il y a une vignette gravée par Porrel, d'après Tony Johannol ; couvert, jaune, titre ; broché 40 fr.

La préface est différente de celle de la deuxième édition, publiée la même année.

C'est pendant une retraite à Nemours, en mai 1831, que Balzac écrivit la Peau de chagrin, un de ses meilleurs romans, une de ses productions les plus crispantes ; mais il ne le termina qu'à Paris. Il écrivait à GosseUn en juillet 1831: « Je ne quitte pas la Peau de chagrin qu'elle ne soit linie. J'ai bien préparé le succès. M"'= Récamier a réclamé ma lecture ; en sorte ([ue nous aurons encore une immense quantité de prôneurs dans le faubourg Saint-Germain. »

Balzac défendait vivement et avec raison ses ouvrages du reproche d'immoralité, ainsi que nous l'avons vu dans sa lettre à M"'» de Gastries, où nous trouvons encore :

« Maintenant, Madame, s'il s'agit de la Peau de chagrin, je me défendrai contre vos accusations par un seul mot : Cet ouvrage n'est pas destiné à rester seul ; il renferme, pardonnez-moi celte prédantesque expression, les prémisses d'un ouvrage que je serai lier d'avoir tenté, même eu succombant dans cette entreprise, et, puisque vous avez pour moi tant de bonté, car je puis mesurer l'étendue de ce senlimeni à votre sollicitude (|ui m'a tendrement louché, lisez la deuxième édition sous le titre de : Roiiwns

el Contes jiMlosnph'iqnes: j'ai un peu avancé dans le plan. Un des meilleurs écrivains de noire époque (Philarèle Chasles) a bien voulu soulever le voile de ma pensée intime el fulure dans une inlroduclion. Vous verrez là que. .si parfois je détruis, j'essaye aussi parfois de reconstruire. Jésus-Chrisl en Flandre, rEnfant maudit. Étude de femme, les Proscrits, les Deux Rêves, vous prouveront peut-être que je ne manque ni de foi, ni de conviction, ni de douceur... La Peau de chagrin devait formuler le siècle actuel, noire vie, notre égo'i'sme ; les reproductions de nos types ont été méconnues, mais ma consolation à moi, Madame, est dans les approbations sincères qui me sont données. »

Des fragments de la Peau de chagrin avaient paru tout d'abord : dans la Caricature de décembre 1830, le Dernier Naimléon; dans la Reçue des Deux Mondes de mai 1831 , Une Débauche ; dans la Revue de Paris du même mois, le Suicide d'un Po'cte.

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