‹ Romantisme et révolution. Éd. définitive, avec une pref. nouv., de L'avenir de l'intelligence, suivi de Auguste Comte, Le romantisme féminin, Mademoiselle Monk, L'invocation a Minerve [et] Trois idées politiquesChapitre 99 sur 112 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

EVt le peuple ? me dira quelque vociférateur de la suite 4 de Michelet.

Si l'on appelle peuple les illettrés, je répondrai qu'une fête de Sainte-Beuve ne l'ennuierait aucunement. Au contraire, il s'admirerait de toute son âme d'ainsi fêter autre chose que ses instincts.

Orphée a dû chanter aux tigres, pour les civiliser, ses plus nobles poèmes. Pour les personnes que cette observation ne toucherait pas, je les prie d'assister à la prochaine fête de saint Bonaventure dans une église de capucins. C'est un saint très docte et très sage, d'une théologie profonde, dont les mérites ne sont appréciés que de gens d'esprit : toutefois, les mendiants du porche et le petit peuple suivent son office de très bon cœur.

Aussi bien, cette fête de Michelet a-t-elle échoué1. Essayons, s'il vous plaît, de fêter un Bonaventure ou un Sainte-Beuve. Ce n'est pas la noblesse et l'élévation des idées qui fatigue et fait bâiller le peuple. On l'assomme de son propre panégyrique. Il enrage de voir que l'on s'encanaille pour lui. Le bon peuple veut des modèles, et l'on s'obstine à lui présenter des miroirs. Il se doute qu'on l'abrutit.

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