‹ Rome ancienne et moderneChapitre 109 sur 428 · RÉGION II’ISIS ET DE SÉRAPIS · texte numérisé non relu

RÉGION II’ISIS ET DE SÉRAPIS

La troisième région , qui tirait son nom du temple voué par Auguste et Marc- Antoine après les proscriptions, aux deux divinités égyptiennes, était formée de la partie méridionale du mont Esquilin. Serrant la région Célimontane au sud et la région Esquiline au nord, elle se déployait de l’est à l’ouest , depuis le lac du Pasteur jusqu'à l'amphithéâtre Flavien , et enfermait dans son circuit plus long que large :

L’amphithéâtre, les écoles de gladiateurs, le grand Choragium où l’on préparait les accessoires scéniques, la Préture, les Thermes de Titus, les Thermes de Trajan, le Nymphéum ou grand bain de Claude, le lac du Pasteur, l’école des Questeurs, l’école des Gaulois , le portique de Livie , le temple de la Concorde , le camp des soldats de Misène, la tête de la Subura ;

Les édictées de la Donne-Espérance, de Sérapis, de Minerve, d’Isis, de Vénus, d’Eseulape, de Vulcain;

Les quartiers de la Fortune voisine, de la Ruelle, des Conslructeurs, de la Laine, d’Asellus, de Bassianus, Blanc, et Primegenius;

Dix horrea ou greniers publics, vingt-trois pistrincs ou boulangeries, quatrevingts bains , vingt-cinq réservoirs publics , soixante maisons monumentales, deux mille sept cent cinquante-sept Iles.

Les beautés architecturales de cette région commençaient en partant de l'est aux Thermes de l’empereur Philippe, auxquels on avait coutume de monter par la rue de la Tabcrnolc; le quadrilatère massif et flanqué de tours du Choragium apparaissait ensuite, et quand on avait dépassé les toits immenses (immensa tecta) du portique de Livie, dont une vigne phénoménale festonnait les colonnes, et laissé à gauche le camp à deux étages en forme d'amphithéâtre des soldats de Misène, et le temple d’Isis et de Sérapis, on trouvait en tournant vers le nord les Thermes de Titus et de Trajan , ornés d'un temple d’Esculape.

Tout le coté gauche de la région formant la pente nord-ouest de l'Esquilin , était couvert jusqu’à la Subura de maisons monumentales. On y admirait celle de Titus, qui renfermait entre autres chefs-d'ucuvrc le Laocoon , taillé pour faire l’admiration

RÉGIONS AÜGÜSTALES.

des siècles par Agesander , Polydore et Athénodore le Rhodien ; la maison de Ménila , les débris du Palais d’Or, démoli par Vcspasien , la maison de Pline le Jeune, celle de Paulus, dominant toute la Subura; et non loin de celle de Pédon , aussi petite, selon Martial, qu’une plume d’aigle, la splendide habitation du poète Stella, chantée par Stace ; puis après avoir vu la statue qui donnait son nom au lac du Pasteur, celle de la Monnaie, les bustes gaulois , le Gymnase des Athlètes, et la Pierre Scélérate teinte à chaque instant du sang des chrétiens , on descendait à la véritable merveille de la région.

L’amphithéâtre Flavien , appelé depuis Colisée du colosse de Néron, érigé dans le voisinage , terminait magnifiquement ce quartier de Rome. Son orbe immense, s’élevant à perte de vue, étonnait et frappait par ce cachet de grandeur et ce dessin large, simple, complet, qui, dans les travaux des Romains, commandent à la fois l'admiration et le respect. Ses quatre étages mesuraient seize cent douze pieds de circonférence sur cent cinquante-six de haut. Les arcades du premier rang étaient ornées de colonnes d’ordre dorique , celles du second de colonnes d’ordre ionique, celles du troisième de colonnes d’ordre corinthien : le quatrième étage, bhti , comme le reste de l’édifice, en blocs de travertin, avait, au lieu d’arcades, des fenêtres ornées de pilastres. La moitié de Rome pouvait tenir sur ses gradins et dans la galerie supérieure, et quand le sang de l’homme et des lions avait largement abreuvé l’arène, et que la fotde satisfaite s’écoulait par tous les vomitoires, il sortait parfois Jusqu’à cent sept mille spectateurs de ses entrailles de pierre.

Page 1