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Rome devant l'Europe

Depuis dix ans, j’ai souvent visité l’Italie. J’ai longtemps habité Rome ; j’ai appris à la connaître , par conséquent à l’aimer; je m’y suis attaché palmes travaux, mes deuils, mes consolations, surtout par le souvenir d’une auguste bienveillance et d’une noble hospitalité. Rome est notre capitale à tous : tous les catholiques peuvent se dire citoyens de Rome.

Rentré dans ma ville natale, je voulais écrire mes impressions sur la patrie romaine.

J’avais admiré les monuments de sa foi et de son histoire. Rome vit par l’avenir comme par le passé ; c’est la ville des ruines qui durent toujours, des promesses qui ne meurent jamais.

Mais j’avais surtout observé sa physionomie présente, étudié ses institutions et ses lois; je médi-

tais de lui offrir un hommage d’admiration raisonnée, un essai de respectueux conseils. Ces deux tributs me semblaient également dignes de sa grandeur et de ma reconnaissance.

De tels travaux eussent lait le charme de ma retraite, l’honneur de mes dernières années.

C’est au moment où j’allais entreprendre cette œuvre laborieuse qu’un devoir plus impérieux s’est imposé à moi. Depuis longtemps je voyais se former une coalition redoutable de préjugés et de passions contre Rome, surtout contre la Papauté, qui fit sa gloire et qui sera toujours sa force et sa vie. En d’autres jours, j’eusse pu me lier au temps, qui dissipe l’erreur et confond la calomnie. Mais le temps n’est à personne ici-bas, et Celui à qui seul il appar tient lui imprime aujourd’hui une rapidité foudroyante ; il semble nous en retirer l’expérience et ne nous en laisser que les ravages.

La tempête qui grondait sur Rome a soudainement éclaté.

On a attaqué la souveraineté de son Pontife , le principe de ses lois, le caractère de son gouvernement.

On a dit que le pouvoir temporel des Papes avait

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