‹ Rome et Jérusalem [microforme]Chapitre 41 sur 101 · Le Mont Sion, actuellement en dehors de l'enceinte · texte numérisé non relu

Le Mont Sion, actuellement en dehors de l'enceinte

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Préparant de longne main mon pèlerinage de Jérusalem, tous les souvenirs, toutes les reliques de la Ville Sainte que j'ai PU rencontrer à Rome, je les ai recherchés avec avidité,

Sur l’Esquilin, J'ai vénéré, on sen souvient, la

colonne de la Flagellation, Ici, sur le mont Cœlius, près de la basilique latérane, sous le beau portique de Dominique Fontana, j'ai vu avec une émotion non moins grande l’un des plus attendrissants vestises de la Passion de Notre-Scigneur : ln Seule Santa ou le saint escalier du prétoire que le divin Sauveur monta et descendit quatre fois.

L’npératrice sainte Hélène le fit transporter À Rome en 326,

On ne le gravit qu’à genoux.

Il se compose de vingt-huit marches en marbre blanc veiné, recouvertes de madriers en noyer, pour les protéger contre l’indiscrétion et les pieux larcins pèlerins,

des

Il ÿ a quelques jours, le 7 février, j'allai dire la sainte messe dans ja chapelle de la Scala Sante.

Faisons tout d’abord l'ascension de]

Au bas des degrés, Pic IX, de glorieuse mémoire, à installé deux magnifiques st

‘auguste escalier,

atues de marbre, deux chefs-l'œuvre qui impressionnent vivement : un Æece lomo ct Notre-Seïgneur trahi par Judas.

J'étais seul, ce matin-là, et je montais lentement, à genoux, chacune des marches sacrées, À la suite de Jésus couronné d’épines — tont absorbé par la méditation de ses souffrances — lorsque ma vu2 s'arrête sur des traces de sang !…. Etait-ce une pieuse illusion d'optique ? Nullement. Par intervalles, des globules de verre laissent voir le marbre de l'escalier ; et là il est encore taché, taché de gouttes desang divin Alors, en approchant respectueusement mes lèvres de ces reliques comme d’une hostie consacrée, il me semblait que ce sang rédempteur pénétrait dans mon âme pour la purifier !...

En vérité, à part le Calvaire, “il n’est point de licu plus saint que celui-ci dans l'univers entier !”

Non est in toto sanctior orbe locus !

Après avoir célébré le saint sacrifice à l'autel privilégié de la Sala, j'eus l'avantage de visiter tout À côté le Sancta Sunctorum (le Saint des Saints), ancien oratoire privé des Sonverains Pontifes.

Ce sanctuaire n’est visible que deux ou trois fois l’année.

Quel vaste reliquaire ! Sur l'autel seulement Léon II fit placer quatre caisses de cyprès remplies d’ossements de martyrs.

J'ai pu admirer aussi la célèbre image de Notre-

Seigneur, de grandeur naturelle, peinte sur bois de

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ans les grandes calanités, ou

à des époques solennelles on la porte Processionnellement Marie-Majeure : la der

Hélas

à la basilique de Saintonière fois, ce fut sous Pie IX, en

: On et pu recommencer en 1870 !

Ne Rome remplace Jérusalem.

Mgr Gerbet a écrit une belle age sur la candidature DS 5

de Rome et de Jérnsalem aspire

ant chacune À être le centre «le la société chrétienne.

Jérusalem, jadis la cité du Dicu vivant a été dépouillée

en punition deson déicide, Ni la piété ni la victoire de Constantin, ni Bouillon et des

de sainte Iélène, l'épée de Godefroy de croisés n’ont pu donner à Jérusalem able ; son sort est d'êtr le sort de Rome est d’être r

une liberté dur e esclave, comme

eine, Croyez-vous que c’est

de Dieu qu'en plantant la croix sur le Golgotha, les sold

sans un ordre secret

as romains l'ont disposée de que le divin Crucifié tournât le dos ct étendît ses bras vers

manivre à Jérusalem l'Occident ?.. « Le soleil de la vérité, dit Dom Guéranger,

déicide et se le

se Coucha sur la ville &

a en même temps sur la nouvelle sur Rome, qui avait depuis 1

Sion,

Ongtemps conscience de

son éternité, mais ignorait encore qu'elle ne serait éterneile que par la croix, Rome chrétienne a hérité de la gloire et de la sainteté de Jérusalem. Et elle s’est enrichie de ses dépouilles, €estä-dire de ses plus précieuses reliques.”

La table de la eène eucharistique et l'escalier du Prétoire sont au Latran ; la colonne dela Flagellation, À Sainte-Praxède ; la lance, le suaire et le voile de Véronique, À Saint-Pierre ; enfin la vraie croix, les épines, un des clous, l'écriteau où T'itulus crucis, dans la basilique de Sainte-Croix-de-Jérusalem. que nous allons visiter,

L’impératrice sainte Hélène, pleine de reconnaissance envers le signe mystérieux par lequel Constantin avait remporté une si brillante victoire, était allée à Jérusalem, à la recherche de la vraie croix.

“ Si le génie a ses illuminations soudaines, la piété ardente a aussi ses inspirations.” On fit des fouilles, et le 2 mai, 326, au pied du Cal aire, dans une citerne, on découvrit la croix de Notre-Scigneur, celles du bon et du mauvais larron, la couronne d’épines, les elous, l'éponge et le titre qui surmontait la tête de ln victime adorable.

De retour à Rome, l'impératricc pria Constantin de lui bâtir une basilique pour garder ces trésors d’outre-

mer, ces touchants souvenirs de la Passion.

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Et voil l'origine de Sainte-Croix-de-Jéruss L'intérieur est à troi

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S nefs séparées par d'énormes

huit colonnes de granit égyptien. Le

maître-autel est surmonté d’un bald tent quatre colonnes de marbre précieux,

Mais, nous nous sentons attirés y droite consacrée à sainte ITé

aquin que suppor-

ers la chapelle de lène,

Lei, nous sommes À Jérusalem !…

Pour vous en convaincre, placée au centre du riche p du saint Calvaire de

lisez cette inscription avé de marbre : # Zu terre Jérusalem, déposée

dans la partie inférieure de cet édifice

par la bienleureuse Hélène, s et de la Le nom «de Jér

« 19 à LA ET , « élé conservée je: usalem donné à la chapelle,”

Par conséquent, l'arbre

du salut, transplanté à Rome, y retrouve

quelque chose du sol arrosé par le sang du Sauveur !

Que de fois j'ai prié dans ect oratoire !

Là, un vénérable religieux f

aisait passer ment devant nos

SUCCESSIve- Yeux ©t nos baisers : trois

Morceaux de la sainte croix, Lo titre de la Croix, écrit

grands

dans les trois langues hé deux épines de la couronn clous teint du

braïque, grecque ct latine, e de Notre-Seigneur, un des sang de Jésus, les br bon larron, et le doigt avec 1

as de la croix du

equel saint Thomas sonda les plaies du Sanveur ressuscité,

Nous sommes réellement émus, attendris jusqu'aux larmes ; et pourtant, comme Louis Veuillot, faisons un aveu : ‘“ Nous sentons que nous n’aimons pas Jésus-Christ ; nous ne l’aimons pas, non, nous ne l’aimons pas !.. Pourquoi en sommes-nous 14, que le seul nom de Jésus-Christ ne fasse pas fondre nos cœurs, que la seule vue de la croix ne nous attire pas comme un invincible aimant !

‘ Lorsqu'il a monté cet escalier du prétoire, il avait déjà subi l'agonie pour nos péchés ; et nous avons pu toucher ces pierres sans mourir de douleur et d'amour !

‘ Lorsque la couronne d’épines a déchiré son front, elle y a fait moins de cruelles blessures que la frivolité et la perversité de nos pensées, et toutes nos pensées ne sont pas pour lui !

“ Lorsque son corps pendit à la croix, le poids fut moins lourd à ses mains clouées que les œuvres de nos mains, et nos mains font encore des œuvres mauvaises !

‘Jésus avait compté tous mes pas, et les clous qui

percent ses pieds sont des pas que nous faisons dans le

mal: et tous mes pas ne sont pas dirigés vers Jésus !

‘ Pilate, Pilate, de quel droit t’avons-nous méprisé ? Tu las livré: ne le livrons-nous pas aussi? Ne lui avons-nous pas préféré le pervers? Pierre, Pierre, faible un instant, donne-nous des larmes intarissables ; obtiensnous ce regard qui te fit pleurer toute la vie et aimer

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Il s’est heureusement trouvé de fidèles amants de la Passion de Notte-Scigneur ; des Ames À la fois sensibles et fortes qui ne pouvaient se lasser de contempler Jésus souffrant, et qui se sont consumées d'amour

pour la Victime d'amour.

Parmi les plus célèbres et les plus ardents disciples du divin Crucifié, je dois nommer saint Paul.

Le Calvaire s'était en quelque sorte établi dans son cœur,

Ecoutezle s’écrier: “Je ne veux savoir qu’une chose: Jésus ct Jésus crucifié ! “ Ou encore : Mihi vivere Christus, et mori lucrum, “le Christ est ma vie, mourir est un gain.” Il ajoutait : “Je meurs tous les Jours, et j'achève dans la mortification de ma chair ce qui manque aux souffrances du Christ!”

O sublime folie de la Croix, quels prodiges tu peux accomplir ! À peine converti, saint Paul vole à la e quête des Âmes per fus el nefus.

on-

Souvent il est flagellé, battu de verges, lapidé, laissé pour mort, emprisonné, chargé de chaînes, son zèle ne se ralentit pas. Apôtre des gentils, il est partout : l'Asie, la Grèce, l'Italie, la docte Ibérie entendent

Voix.

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Mais, “un aimant mystérieux l’attire dans la Ville. Eternelle, car c’est 14 qu’il doit donner À son Maître le suprême témoignage de l'amour.

La mort a mis le

sceau à sa vie, et l’une et l’autre ont conquis des milliers d'Âmes.”

Et mori lucrum !

Voilà les grandes choses que rappelle et éternise la basilique de Saint-Paul-hors-les-murs.

En vérité, à celui qui occupe dans l'Eglise la première place après le prince des apôtres, il fallait un temple qui ne le cédât qu’à Saint-Pierre,

Constantin eut encore la gloire de construire ce monument.

Vous connaissez peut-être la description qu'en a donnée Prudence : “ Tout ici est roval, Un excellent prince a conçu ce monument, et en a fait resplendir l'enceinte de mille richesses. Les poutres sont dorées, afin que la lumière ne répande à l’intérieur que des reflets d’or. Des colonnes de marbre de Paros soutiennent des lambris de couleur fauve, et les arceaux sont ornés d’admirables mosaïques qui rappellent la variété et l'éclat des fleurs du printemps.” — La charpente, dit-on, était en cèdres du Liban, et cent trentedeux colonnes, dont vingt-quatre en marbre phrygien, d’un travail exquis, partageaient l’édifice en cinq nefs….

Naturellement, cette basilique, comme toutes les autres, a subi bien des vicissitudes et diverses transformations.

Détruite par les Vandales, dévastée par les Sarrasins

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