‹ Rome et Jérusalem [microforme]Chapitre 87 sur 101 · ENT · texte numérisé non relu

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rieux, la transparence de l'air permet de distinguer, au delà du golfe de Kaint-Jean d’Acre, les sommets dorés du Liban ; au couchant, les ruines de Césarée et les versants ondulés du Carmel; au levant, la plaine sablonneuse et la magnifique rade de Ptolémaïs. Enfin, derrière nous, le Grand-Ifermon et la chaîne de l’Anti- Liban.

Comme ce site pittoresque invite au recueillement et à la prière ! Aussi, sommes-nous tentés de nous écrier avee saint Bernard: © beata solitudo! © sola beatitudo ! OO bienheureuse solitude ! O seule béati-

tude !

Il fait bon rester lei; mais À dix heures nous devons partir à Nazareth — non sans avoir visité au

préalable, sur le flane du Carmel, ‘ l’école des pro-

phètes ” et les “ cavernes des fils des prophètes.” Or, de

ces deux grottes, la plus intéressante est sans contredit

‘J’école des prophètes,”

convertie en chapelle, et où Elie, Elisée, son disciple, et un grand nombre d’autres saints personnages se réunissaient pour prier; c’est le bereeau de l’ordre Carmelin.

Cependant, deux voitures nous attendaient à Kaïpha pour nous conduire à Nazareth ; je déclare, sur lhonneur, qu'il y a de plus beaux fiacres à Paris; mais nos chars À bancs sont solides : voilà l’essentiel. La route

est assez belle au sortir de la ville et dans la plaine de

de distinguer,

, les sommets de Césarée et ant, la plaine lémaïs. Enfin, aîne de l’Anti-

recueillement entés de nous itudo ! © sola O seule béati-

« heures nous avoir visité au ’école des prophètes.” Or, de : sans contredit hapelle, et où ombre d’autres

"prier; c'est le

laient à Kaïpha lare, sur l’honaris ; mais nos tiel. La route ans la plaine de

Saint-Jean d’Acre. Elle devient raide et pénible en

gravissant les côtes de la chaîne de montagnes qui s'étend jusqu'à Nazareth. Elle s’adoucit de nouveau en entrant dans la plaine d'Esdré lon, la plus célèbre de toute la Palestine. “ Resserrée entre le Carmel, les monts de Gelboë et ceux de Nazar: eth, cette plaine, de douze lieues de long sur cinq de I: arge, est triangulaire, onduleuse, et sillonnée par plusieurs cours d’eau. Elle fat le grand champ de bataille de la Palestine, Les armées des Assyriens et des Egyptiens, des Croisés ct de Bonaparte l’arrostrent du sang humain. Barae et Gédéon y triomphèrent ; Saül y tomba, ainsi qu'un

prince meilleur que lui, le saint roi Dog

Ayant franchi le torrent de Cison, aux nombreux méandres, et parcoura une assez grande distances, nous apercevons, aux abords de la cité de Marie, la cime gracieuse et verdoyante du mont Thabor. Enfin, au delà du mont du Pré écipice, voici Nazareth (Za Jour), qui nous apparaît comme un nid de verdure e sur une hauteur, Elle est en quelque sorte suspendue aux flanes de la montagne, dans un massif de grenadiers, de figuiers, de nopals et d’oliviers. Saint Jérôme la compare

À une rose qui ouvre sa corolle du cb: ‘6 du ciel,

**% Nazareth! Quels souvenirs ce nom réveille dans

nos âmes! “C'est dans e2 jardin bini de Dicu que

ROME ET JÉRUSALEM s'épanouit ln Heur mystérieuse sortie de la tige de Jessé, et que le pied de la femme prédestinée écrasa la tête du serpent infernal; c’est 1à que les cieux ont enfin répandu la rosée après laquelle soupiraient depuis quatre : mille ans les fils malheureux d’un père coupable, et que la terre, entr'ouvrant son sein fécond, a germé le Sauveur”? (Is. XT, 1).

A l'hôtellerie des Franciseains de Nazareth, le R. P. Jean-Joseph nous accueille avec la plus grande bienveillance. Il veut bien nous accompagner lui-même à la Grotte de l'Annonciation qui est à quelques pas d'ici. L'église qui la recouvre est spacieuse mais peu remarquable, à part le chœur,

Quant À nous, contents de ee premier coup d'œil, nous nous empressons de descendre dans la vénérable crypte, témoin du mystère de lIncarnation. Un large escalier de marbre, à rampes dorées, conduit à la sainte grotte. Or, à la quinzième marche, cet espace rectangulaire,flanqué de deux autels, est la Chapelle de lAnge, qui remplace la maison de la sainte Vierge (Santa-Casu), transportée par les anges à Lorette, en Italie, vers la fin du XIlle siècle. Deux degrés seulement nous séparent de la sainte Grotte de l'Annonciation, toute revôtue de marbre, excepté à la voûte. Au-dessous de l'autel finement sculpté, une rosrce de marbre, ornée de cinq croix rouges, ct entourée de lampes toujours

ardentes, porte cette inscription qui nous fait tressaillir :

la tige de Jessé; écrasa la tête eux ont enfin it depuis quatre :

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Nazareth, le la plus grande agner lui-même À quelques pas

cieuse mais peu

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