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LE DEVOIR DU CANADIEN-FRANCÇAIS

Aujourd'hui le Pape ne nous appelle pas aux armes, Messieurs É mais il invite, il exhorte tous les fidèles à former une grande armée universelle qui sera capable de vainere Satan et ses satellites. (Cette armée, les journaux vous l'ont fait connaître, c’est la Ligue du Pouvoir

Temporel, qui a “ pour mission de,

créer un mouvement par la propagande, la presse, les discours, les associations, en faveur de l’indépendance du Saint-Siège, mouvement qui devra aboutir, par la voie diplo-

matique ou par toute autre, au rétablissement du pouvoir temporel, à la restitution du domaine de Saint- Pierre ”.

Voilà le devoir qui est tracé à tous les catholiques et en particulier aux Canadiens-Français, et voici pourquoi je dis, en particulier aux Canadiens-Français : Si une nation s'engageait à soutenir une autre puissance dans ses luttes avec l'ennemi et qu’elle l’abandonnât au commencement de la bataille, vous la taxeriez de lâcheté et de trahison, et vous auriez raison de la dénoncer comme infidèle à ses engagements.

Eh bien ! Messieurs, est-ce que le Canada ne s’est pas lié à la Papauté par des liens indissolubles, lorsqu'il envoyait ses enfants à Rome pour combattre contre les ennemis du Souverain-Pontife ? Vous avez tous, dans la personne des zouaves canadiens, commencé la guerre en faveur.

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réta- du Pape ; vous devez la continuer.

el, à Autrement,on pourra vous dire : Les aint- ‘ catholiques du Canada ont manqué à leur devoir ; ils ont trahi leur Roi ; tous , ils l'ont abandonné à ses bourreaux ; aux ils ont renié la foi de leurs illustres our- | ancêtres ; ce sont des traîtres et des aux Tâches. Jamais les Canadiens-Français tion ne mériteront un tel reproche. Touutre jours ils seront fidèles à leur auguste ‘en- Souverain, et toujours ils marcheront au D dans les rangs de ces héros que la ous | Religion seule peut infanter, de ces on, héros qui ne cessent de travailler cer ® pour le salut de leur sainte mère, is. ® lEglise catholique, apostolique et le D romaine. | té 0.

l'il L UNE AUDIENCE DU PAPE UT b : | lu Le salut de l'Eglise ! ces mots-là 8, }: : me rappellent une circonstance bien ‘ ie | mémorable de ma vie. Vous me per-

mettrez sans doute, Messieurs, malgré

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l'heure avancée de la soiré», de vous relater ce fait authentique dont j'ai | été le témoin ; il se rapporte au sujet [l que je traite.

Lorsque Île deuxième ou ie troisième détachement canadien arriva à Rome — vous mu pardonnerez, je l’espère, l'attachement que je porte au corps militaire auquel j'ai eu l'honneur d’appartenir—lorsque ce détachement arriva à Rome, dis-je, le Saint-Père s’empressa de recevoir en audience ses ‘ chers enfants du Canada ”; c’est ainsi que Pie IX nous désignait. Nous étions dañs la salle des ducs et des princes ; le Pape ne | | nous considérait pas comme des mer- :

cenaires, Messieurs. La plus vive auxieté était peinte sur toutes les | figures. Mes nouveaux compagnons d'armes soupiraient après J'neureux moment de voir le successeur de saint Pierre, l’immortel Pie IX, et de recevoir sa bénédiction. Après quel-

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ques minutes d'attente, la porte qui donne accès .aux appartements du Saint-Père s’ouvrit toute grande. Et le Pape apparut, suivi de sa cour.

Nous tombons tous à genoux devant le maître de l'univers catholique.

JIlm'est impossible, Messieurs, de vous

rapporter ce qui se passa en moi à cette heure solennelle, et pourtant ce n'était pas la première fois que je voyais Celui que le prophète avait appelé Crux de Cruce. On se croit transporté dans un autre monde en présence du Souverain-Pontife. Le Pape monte surson trône et nous adresse la parole en espagnol. Vous pouvez vous figurer la mine que firent mes amis en entendant parler ce langage. Pas un d’entre eux ne comprenait la langue espagnole, et on ne doit pas leur en faire un reproche.

Pie IX: nous parla ainsi au moins pendant un quart d'heure. Tournant

de temps à aûtre son regard vers le

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ciel, il serablait lire dans le grand livre des destinées de la Papauté.

Tout à coup il s'arrête et s’écrie aussitôt, en français : ‘“ O mes chers ‘ enfants du Canada ! pardonnez-moi, | je vous ai parlé un langage inconnu —il aurait pu ajouter inspiré. Je viens de recevoir des Espagnols, et je me croyais encore au milieu d'eux.” Et il continue en français.

L’audience terminée, le lieutenantcolonel de Charette, qui accompagœnait les Canadiens, s’adressa à ceuxci en leur disant : “ Avez-vous com.

pris les belles paroles que notre très Saint-Père vient de prononcer en espagnol ? Tout le monde de répondre: Non, colonel. Eh bien, écoutez, mes bons castors, ça vous concerne.

Le Pape a dit en propres termes, après avoir énuméré les persécutions qui l’assiègent : ‘“ Le salut de l'Eglise viendra de l'Amérique.” C’est une prophétie, ajouta M. de

la Papauté.

t s’écrie ausmes chers donnez-moi, age inconnu inspiré. Je agnols, et je lieu d'eux.”

lieutenanti accompaeSSA à CEUxX- -VOUS com.

e notre très ononcer en e de réponen, écoutez, Concerne.

es termes, S persécue salut de \mérique.” lta M. de

ns le grand

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| Charette, que Pie IX a faite, et elle se à réalisera.”

Messieurs, cette prophétie nous

| impose l'obligation de combattre de Étoutes nos forces pour le triomphe } de la Papauté; car, outre notre titre } de catholiques, nous avons le bon- | heur d’habiter le sol américain. Oui,

mettons-nous courageusement à

| l'œuvre. Il faut que l’histoire dise } plus tard : ‘“ Rome allait périr, mais : le Canada l’a sauvée.”

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