La Vierge et VEnfant (viii
La Vierge, debout, en manteau bleu à doublure violette, voile jaune, adore l'Enfant Jésus, couché, devant elle, sur un coussin, dans les plis de son manteau. A droite, est tendue une draperie verte. Fond de paysage ; dans les airs, vole un oiseau. Signé, à gauche sur la rampe : JOANNES BELLINVS.
H., 0,63; L., 0,50. B. — Fig. à mi-corps, pet. nat. — Gai. Torlonia. — La signature est certainement fausse; car ce tableau n'est pas de la main de Bellini. A rapprocher des tableaux de la galerie Doria, n"' loi) et 163, autrefois catalogués sous le nom de Bellini, et attribués aujourd'hui avec raison à IViccolo Rondinello qui est vraisemblablement l'auteur de cette peinture. « C'est bien sa Vierge avec sa tète ronde, ses lignes aplaties, sa draperie d'un jaune clair avec une broderie polychrome sur la tête » (A. Ves- TLRi, Gai. Naz., 1897).
GALERIE DU CAPITOLE
La galerie municipale de peintures est installée dans le palais des Conservateurs (Palazzo de' Conservatori), situé au Capitole.
(( Sur la place, où le nourrisson de la Louve offrit un asile à ces fiers brigands qui formèrent le premier noyau de la population romaine, Michel-Ange, sous le pontificat de Paul III, dessina une petite place carrée à laquelle on monte par un large escalier à rampes, noblement décorée, en bas, de deux lions en basalte, en haut, des statues colossales de Castor et de Pollux tenant des chevaux. Au centre de la place, fut apportée la statue équestre de Marc-Aurèle, bronze admirable de simplicité et de grandeur. » (Ch. Blanc, Rome, 154.)
En face de l'escalier, s'élève le palais du Sénat ; à gauche, le palais du Capitole qui contient le musée de sculpture ; à droite, le palais des Conservateurs, érigé en 1450, sous Nicolas V et reconstruit de 1564 à 1568 sur les plans de Michel-Ange. Il sert actuellement d'hôtel de ville et c'est là où se réunit le Conseil municipal de Rome. Les salles du premier étage sont décorées de fresques qui méritent d'être signalées.
Salle I dite des Horâces et des Curiaces.
La décoration est de :
Cesari (Giuseppe) d'Arpino, dit le Chevalier d'Arpin. — Éc. romaine. 1568; t 1640.
Au-dessus de la statue du pape Innoceiit X : Romulus et Rémus.
Au miheu, des paysans s'approchent de la Louve qui nourrit les deux enfants ; à gauche, des bergers et leurs troupeaux; à droite, des femmes devant des chaumières.
Sur la bordure d'un faux cadre : Deux figures nues relevant une draperie rouge et Deux amours tenant un écusson avec les lettres : S.P.Q.R.
Entre les fenêtres :
Romulus et Rémus traçant les limites de l'enceinte de la ville. Au milieu, les deux frères, nus, ceints d'une draperie blanche, sont
GALERIE DU CAPITULE
occupés à creuser un fossé; à gauche, un laboureur conduisant une charrue ; à droite, le roi Numitor et quatre vieillards; au ciel, volent les vautours qui apparurent aux deux frères .
Numa sacrifiant aux Dieux.
Dans le temple, sur les marches de l'escalier qui mène à l'autel, sont agenouillées les Vestales ; à gauche, le Roi et les prêtres, amenant un bœuf, suivis de vieillards et de soldats sonnant de la trompe.
Au-dessus de la statue du pape Urbain VIII :
L'enlèvement des Sabines.
Sur la muraille, vis-à-vis les fenêtres :
Le combat des Horaces et des Curiaces.
Dans un champ clos où gisent déjà quatre cadavres, les deux derniers combattants luttent ensemble et Horace plonge son épée dans la gorge de son adversaire ; au fond, sont réunies les deux armées ; à gauche, un cavalier et une femme en pleurs; à droite, un cavalier, un vieillard plongé dans la méditation et un enfant portant un bouclier.
Victoire de Servius Tullius sur les Véiens.
Les deux armées sont aux prises ; au ciel, volent deux cigognes, dont l'une emporte, dans son bec, un serpent.
Ces compositions, aux figures plus grandes que nature, sont surmontées d'une frise avec guirlandes de Heurs et trophées ; au-dessous des motifs principaux, dans cinq médaillons, des Épisodes de l'histoire romaine, en camaïeu.
« Ce travail de Cesare est mis par quelques-uns au dessus de ses autres productions » (LaNZI, II, 151).
Salle II dite des Capitaines (de' Capitani).
La décoration est de :
Laureti (Tommaso). — Éc. romaine. Vers 1520; f vers 1600. Au-dessus du buste de Victor-Emmanuel:
Le consul Brutus condamnant ses fils.
Au milieu, sur une estrade, les deux consuls entourés des licteurs : Brutus, la main droite en avant, ordonne au bourreau de trancher la tête de son second fils agenouillé près du cadavre de son frère déjà
décapité; à droite, la femme du consul, en pleurs; sur les côtés, la foule des assistants.
Entre les fenêtres :
Héroïsme cVHoratius Codés.
Au milieu du pont en bois, le jeune Romain lutte contre l'armée de Porsenna ; à gauche, des ouvriers coupant les poutres du pont ; dans le Tibre, de nombreux cadavres.
Au-dessus de la statue de Marc-Antoine Colonna :
Héroïsme de Mucius Scevola.
A gauche, Porsenna s'élance vers Mucius qui tient sa main au-dessus d'un brasier ardent ; en avant, des enfants portant des urnes, des esclaves chargés de sacs et des soldats enlevant des cadavres ; au miheu, des pièces d'or et d'argent, sur une table.
Sur la muraille vis-à-vis les fenêtres :
Victoire du dictateur Aulus Posthumius sur Tarquin le Superbe, près du lac Régille.
« Laureti dont les travaux au Vatican n'avaient pas été jugés dignes du lieu qu'ils étaient destinés à embellir avait eu l'occasion de se redonner du crédit dans les sujets de Brutus et d'Horatius qu'il exécuta au Capitole avec beaucoup plus de succès » {Lanzi, II, 147). « Dans ces fresques, Laureti, l'unique élève de Sebastiano del Piombo, semble avoir eu plutôt pour modèles Jules Romain et Sodoma » (Burck., 741).
Salle III dite de Marius.
Laureti (Tommaso).
Triomphe de Marius, après la défaite des Cimbres,
Sur une frise, se déroule le cortège : en avant, marchent des sonneurs de trompe, des prêtres, des sacrificateurs ; le général victorieux, sur son char, précédé de la troupe des prisonniers et d'un chariot sur lequel sont amoncelées des armures, est suivi de soldats et d'esclaves portant le butin.
Piazza (Gosimo) da Castelfranco, dit II Capuccino. — Éc.
vénitienne. 1557 ; f 1621.
Le Christ mort adoré par saint François d'Assise.
« Tableau remarquable par le bel effet de lumière » (Nibby-Porena, 96). Cité par Lanzi (m, 258).
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Romanelli (Giovanni Francesco). — Éc. romaine. 1610; -j- 1662.
Sainte Françoise Romaine.
Debout, drapée dans un manteau blanc, la sainte tient un livre dans lequel lit un ange, agenouillé, à droite, en robe rouge et manteau jaune. Au fond, une balustrade et une colonne.
Salle IV dite des Fastes Consulaires.
Bonfigli (Benedetlo). — Éc. ombrienne. Vers 1420; f vers 1495. Judith portant la tête (VHolopherne.
Au second plan, scènes de carnage dans un jardin fermé par une barrière; au fond, des montagnes.
Cortège triomphal d'un roi.
Le triomphateur s'avance, couronné de lauriers ; sur un char, est posée la couronne du roi vaincu, dont la femme et l'enlant se présentent au premier plan ; au fond, les prêtres et les [animaux destinés aux sacrifices.
L'attribution de ces fresques à Bonfigli est très contestable. On n'y saisit aucune ressemblance avec les œuvres de Bonfigli conservées au Musée de Pcrouse (fresques ou tableaux). M. Frizzoni les catalogue sous le nom de Peruzzi par comparaison avec les fresques de la Salle VII (voir ci-dessous) et avec un dessin du Musée du Louvre, représentant le Triomphe d'un Empereur Romain gravé par Marc Antoine Raimondi sous le titre de : Triomphe de Titus. Voir Mii.aîsesi, [Vnsari, iv. 595, n. 3).
Salle V dite de l'Audience.
École des Zuccheri.
Les jeux olympiques.
Dans des médaillons."
Salle VI dite du Trône.
École des Garracci.
Scènes de la vie de Scipion l'Africain.
Les divers épisodes sont séparés par des reproductions, en camaïeu, de statues antiques : l'Apollon du Belvédère, le Laocoon, etc.
Salle]feVII dite des Guerres Puniques.
Peruzzi (Baldassare) . — Éc. siennoise. 1481 ; j 1536.
En face les fenêtres :
Annihal franchissant hs Alpes.
Au milieu, le général carIhagiDois sur un éléphant ; à droite, l'armée devant les remparts d'une ville ; à gauehe, les blessés tombant épuisés.
Sur les parois latérales.
Quintus Lutatius Catulus traitant de la paix avec les Carthaginois.
Au milieu, sur un piédestal, est assis le général romain ; au second plan, ses officiers ; en avant, des musiciens, des enfants portant des fleurs et une femme assise, une corbeille sur ses genoux.
Rome victorieuse de la Sicile.
Au milieu, sur un char traîné par quatre chevaux, une jeune femme couronnée, personnifiant Rome, tient, à la main, une statue de la Victoire ; à ses pieds, enchaînée, la Sicile, sous les traits d'une vieille femme, des épis dans sa chevelure et à la main ; au fond, un combat naval.
Entre les fenêtres :
Combat naval. — Victoire de Quintus Lutatius Catulus sur les Carthaginois.
Ces fresques ont été mal restaurées en 1860. Voir Milanesi {Vasari, v. 595, n.s) et un article de M. G, Frizzoni sur « quelques œuvres à restituer à leur auteur, le peintre siennois Baldassare Peruzzi » dans le Journal II Buonarroti (Mars 1871).
Salle VIII dite des Conservateurs (anciennement la Chapelle).
Au plafond :
École d'Annibale Carraoci.
Le Père Éternel.
Sur les murailles :
Romanelli (Giov. Francesco).
Sainte Cécile. — Saint Alexis.
Louise Albertoni.
T. Marouflée. — Fig. gr. nat.
— Saint Euslache. — Sainte
GALERIE DU CAPITOLE. ill
Michelangelo da Cavaraggio (Michel Angelo Amerighi, dit). — Éc. lombarde. 1569; f 1609.
Les quatre Évangélistes.
T. Marouflée. — Fig. gr. nat.