Pygmalion (ii
L'artiste, en tunique bleue retenue par une ceinture jaune, et chausses rouges, est agenouillé, à droite, devant sa statue, ceinte d'une étoffe rose, et qui commence à s'animer. Au second plan, l'autel du sacrifice.
H.,0,85;L., 0,63. B. — Fig. 0,50.
Poussin (Nicolas). — Éc. française. 1594; f 1665. 90. Mort de Germanicm (m).
Dans un palais, au second plan, sur un lit, est couché Germanicus, en avant, à droite, Agrippine, assise, pleurant, entourée de ses enfants; au miheu, un guerrier, drapé dans un manteau bleu, qui montre le ciel à l'agonisant; à droite, sont réunis des officiers.
H., l^^iO; L., 1,90. T. — Fig. 1 m. — « C'est un tableau dont on se souvient toute la vie pour l'avoir TU une seule fois, tant il y a d'unité dans la composition et d'accent dans la pantomime. L'intérêt, l'attention, la lumière, tout est concentré sur Germanicus dont la tête est belle, jeune, délicate et noble. La douce figure trahit moins le regret de la vie que la douleur de mourir empoisonné sans avoir jamais tenté ni mérité la haine. La plume de Tacite avait dessiné le tableau. Au chevet du mourant, Le Poussin, à l'exemple du peintre grec qui avait représenté Agamemnon, la tète voilée, au sacrifice d'Iphigénie, peignit Agrippine se cachant la tête dans ses mains; et s'il renouvela ce trait dont il n'existait plus que la tradition, ce ne fut pas tant pour renoncer à l'expression d'une douleur inexprimable que pour ne pas troubler l'unité de la scène aux dépens du personnage essentiel, car l'unité est le secret des chefs-d'œuvre » (Ch. Bi.anc, Hist. des Peintres}. « C'est là un beau spécimen de la noblesse un peu froide et de la science irréprochable propre au Poussin» (Montégut, Revue des Deux Mondes, \S70. m,
(MLERTE BARBERTXT
GALERIE BARBERIÎJI.
Raffaello Sanzio (Raffaello Santi, dit). — Raphaël. — Éc. ombrienne. 1483; f 1520.
* 85. Portrait de la Fornarina (m).
Elle est assise, vue de face, les yeux regardant vers la droite, coiffée d'un turban blanc tissé d'or à rayures vertes, fixé par une agrafe en pierres précieuses sur sa chevelure brune dont les bandeaux plats découvrent l'oreille; de sa main droite, elle retient, sur sa gorge, les plir, d'un voile de gaze ; la main gauche, à l'annulaire de laquelle est passée une bague d'or, est posée sur son genou; sur la partie inférieure du corps, est jeté un manteau rouge; à son bras gauche, un bracelet en émail, avec la signature en lettres d'or : RAPHAËL URBINAS. Au fond, des branches de lauriers et de myrtes.
H., 0,83 ; L-1 0,60. B. — Fig. à mi-corps, gr. nat. — Portrait peint, en 1312 ou en 1509, d'après Passavant. Gravé par D. Cunego (1772), F. Raslaini (1778), Fontana (1797), Landon, etc. « Le dessin est savant, serré, résolument arrêté, naïf à force de sincérité. Le modelé a beaucoup de finesse, en même temps qu'une très nette accentuation. Les chairs sont d'une admirable fraîcheur, la poitrine, les bras et les mains sont du plus beau ton » (Gruyeii, Raphaël, 68). M. Ridolfi, comme Minghetti et d'autres critiques, pensent que ce portrait a été exécuté après la mort de Raphaël par vm de ses meilleurs élèves, Jules Romain, par exemple {Arch. Sto., 1891, U9 et iso). M. Venturi ne partage pas cette opinion ; « Jules Romain appartient à une génération qui n'a plus le culte des détails, qui ne s'occupe que des grands effets décoratifs de la peinture monumentale. Quand donc cet artiste, pesant, rougeâtre, aux ombres épaisses, eût-il trouvé un effet aussi merveilleux, un contraste aussi rayonnant des couleurs? Cette belle tête, coiffée d'un turban jaune doré, aux chairs morbides, rosées, sous un voile transparent, ne peut avoir été peinte que par Raphaël ». C'est au maître d Urbin que M. Muntz attribue, lui aussi, ce portrait : «Nulle part, peut-être, Raphaël n'a rendu avec tant de perfection la délicatesse et la souplesse des chairs; jamais il n'a traduit, avec un succès aussi éclatant, les manifestations de la vie : on croit voir circuler le sang, on croit sentir les battements du pouls. Aussi, ce portrait fera-t-il sans cesse l'étonnement comme le désespoir des réalistes. Ces impressions si contradictoires, ce mélange de qualités transcendantes et de fautes contre le goût ne proviendraient-ils pas de ce que l'artiste, après avoir exécuté une magnifique académie, a voulu l'arranger, la transformer en tableau? Le feuillage du fond est évidemment destiné à faire ressortir la richesse de la carnation; ces ornements sous lesquels la fille du Transtevère parait toute dépaysée, ce turban, ce bracelet ont peut-être été ajoutés après coup; ils ne servent qu'à accentuer ce qu'il y a de vulgaire, de maniéré dans le mouvement de la main gauche, ce qu'il y a de pauvre dans la physionomie » (Raphaël, mî). Cette peinture a subi de nombreuses restaurations, dont l'une, en 1820, de la main de Palmaroli. En 1595, elle figurait dans la Galerie de la comtesse de Santa Fioro, et passa, en 1605, par un mariage, dans la famille Buoncompagni. La notice de 1664 sur les musées de Rome la mentionne au palais Barberini, où elle était déjà en 1642. (Voir l'art, de la princesse Lina Corsim Sforza, dans VArfe, 1898, 275). C'est donc à tort que Vasari la mentionne comme ayant appartenu i\ son ami Maiteo Botti; le portrait de la Fornarina que possédait ce marchand florentin était, en effet, encore cité dans la même famille en 1677, par Giovanni Celli. Il en existe d'ailleurs de nombreuses répétitions : au palais Borghèse, à la villa Albani, anciennement dans la Coll. Sciarra Colonna. Quant au portrait q\ie possède la Galerie des Offices, il a donné lieu à de nombreuses controverses, que nous avons précédemment
rt'fiimées. (Voir Florence par les mêmes auteurs. 4i). D'après les conjectures les plus vraisemblables, le modèle de ces portraits serait une certaine Margarita, fille d'un boulanger (fornarino) du Transtevère que Raphaël aurait aimée vers 1310. On la retrouve dans les fresques de la chambre d'ileliodorc, dans celle de l'Incendie du Bourg, dans le tableau de la Transfiguration. Quelques auteurs veulent même la reconnaître dans la Vierge de Saint-Sixte au musée de Dresde. « Que ceux qui ))rétendent que Raphaël n'a pas possédé l'art du coloris viennent examiner ce tableau et qu'ils disent si le Titien et le Guide ont jamais fait rien de plus moelleux, de plus fini, ont jamais traité les étoffes de soie d'une manière plus brillante.... Quoique régulièrement belle, je n'aurais pas la folie de me tuer au service de cette dame maroquine, ainsi que fit le malavisé Raphaël » (Président dk Brosses, Lettres familières, ii, 6:>).
Reni (Guido). — Le Guide. — Éc. bolonaise. 1575; f 1642. 45. Enfant endormi sur une draperie jaune (ii).
H., 0,55; L., 0,55. — Fresque.
* 126. Portrait dit de Béatrice Cenci (iv).
De profil, tournée vers la gauche, le visage posé de trois quarts, les yeux regardant le spectateur, elle est drapée dans un manteau blanc. Sa chevelure qui tombe en boucles est surmontée d'un turban blanc.
H., 0,75; L., 0,50. T. — Fig. en buste, gr. nat. — « La Cenci du Guide est une délicate et jolie pâlotte ; son petit menton, sa bouche mignonne, toutes les courbures de son visage sont gracieuses : drapée de blanc, la tête entourée de linges blancs, elle est posée en modèle comme une figure d'étude. Elle est intéressante et maladive : voilà de quoi faire courir les faiseurs de sonnets et les belles dames » (Taine, zi9). « Ce portrait n'est même pas une jolie tête, il n'a de charme que par la légende qui s'attache à ce nom » (Birck., 798). C est sans doute, à cause de cette légende, que Montégit donne de ce tableau une si jolie description : « La voilà devant nous cette mignonne figure d'enfant à peine nubile, parée pour la mort, avec une coquetterie sinistre, du blanc vêtement qu'elle prépare de ses mains, du châle blanc qu'elle enroule en turban autour de sa tête. La nuance blanc grisâtre, presque plombée de cette toilette de mort s'harmonise admirablement avec la douleur de cette âme enveloppée dans le plus épais des nuages, et rend plus saisissant encore l'effet général du portrait « {Revue des Deux Mondes, 1870. iir, 856).
Rondinello (Niccolô). — Éc. vénitienne. Fin du xv*^ siècle. 90. La Vierge et V Enfant Jésus (in).
La Vierge, debout, soutient, devant elle, l'Enfant Jésus, nu, qui tient, de la main droite, une branche au bout d'une ficelle. 11., 0,fi5; L., 0,48. B. — Fig. à mi-corps, pet. nat.
Sacchi (Andréa). — Éc romaine. 1600; | 1661. 62. .portrait d'Urbain VIII (ii).
La tète vue de face, le corps touinié vers la gauche; moustaches et barbiche grisonnantes, camail et bonnet rouges bordés d'hermine.
H., 0,59; L., 0,47. T. — Fig. en buste, gr. nat. — Ce portrait date de l'avènement au pontificat de Maffeo Barberini ; « il avait alors cinquante-cinq ans, en sorte que la vieil-
GALEHIE BAR KEUINI.
lesse n'a pas encore en le temps d'effacer la gentillesse do cette spirituelle figure, remarquable surtout par deux yeux tout grands ouverts comme ceux des enfants, presque effarés et remplis d'une malicieuse surprise » (Montégit, Revue des Deux Mondes,