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PALAZZO CHIGI

Via del Corso, au coin de la place Coloiiiia.

Ce palais fut commencé en 1562 par Giacomo délia Porta et achevé par Carlo Maderna. « Comme la famille Borghèse, la famille Chigi est originaire de Sienne. Le premier qui l'illustra fut l'habile créancier de Jules II, Agostino Chigi, le rival des Médicis, l'ami de Raphaël. Les neveux de Fabio Chigi, qui fut pape sous le nom d'Alexandre VU, logèrent dans ce palais au xvif siècle et lui donnèrent du lustre. Tout y est monumental; le vestibule en est majestueux et la cour spacieuse. )) (Armen- GAUD, Rome^ 263.)

Un magnifique escalier conduit au premier étage où, dans plusieurs salles, est réunie la Collection de tableaux. Bien que plusieurs peintures de cette galerie, entre autres, le célèbre Botticelli, en aient été récemment distraites, elle renferme encore un grand nombre d'œuvres très intéressantes qui méritent d'appeler l'attention des amateurs.

Domenichino (Domenico Zampieri, dit II). — Le Domlmquin. — Éc. bolonaise. 1581; f 1641.

Bacchanale.

Des nymphes dansent autour d'une statue de Bacchus, devant laquelle brûle de l'encens, sur un autel; à droite, s'avance un enfant amenant le béher du sacrifice; au premier plan, à gauche, un satyre, couché, auquel un enfant présente des raisins. Fond de paysage boisé.

H., 1,50; L., 2,10. T. — Fig. gr. nat.

Dosso Dossi (Giovanni Luteri, dit). — Éc. ferraraise. Vers 1480; tl546.

* Saint Jean, saint Barthélémy et deux donateurs.

Sur une terrasse, au milieu, saint Jean, debout, de ti'ois quarts tourné vers la droite, en robe verte et manteau grenat, écrit sur une stèle ; devant lui, un calice. A droite, saint Barthélémy, assis, en robe bleue et manteau jaune, un couteau et une gaine à ses pieds. A gauche,

COLLECTION DU PRINCE CHIGI

derrière la balustrade, deux donateurs, vus en buste; l'un, âgé, posé de face, l'autre, plus jeune, tourné de profil, en vêtements et barrette noirs. Fond de paysage, avec un village sur une colline.

H., 2,20; L., 1,80. T. — Fig. gr. nat. — Cité par Burck., tu. « Cette œuvre date de la maturité de l'artiste, alors que son talent était devenu sculptural, et son coloris éclatant. Un rayon de lumière sort des nuages, il éclaire le front de saint Jean dont il fait briller les yeux inspirés, et que saint Barthélémy, majestueux comme un prophète, la main a|)puyée sur un grand livre, contemple d'un œil pensif. Derriér»l'enceinte où se ticimcnt les deux saints, se détachent, sur un paysage ensoleillé, les deux ligures caractéristiques de ceux qui commandèrent le tableau : l'onticcliino Délia Sale et un de ses parents » (Venturi, Teaori incditi d'arie diRoma. IS» IX).

Garofalo (Benvenuto Tisi, dit II). — Éc. ferraraise. 1481 ; t 1559.

^ V Ascension.

S'élevant au-dessus d'un rocher, le Christ, vêtu d'une draperie blanche; à la partie supérieure, dans une gloire, des s.aints. Au pied du rocher, les apôtres ; à gauche, saint Jean, en robe grise, manteau jaune, un livre à la main; à droite, la Madeleine, en robe verte, manteau rouge, chemisette blanche. Fond de paysage; éghsc à gauche, sur le bord d'un lac.

H., 2,90; L., "À m. B. — Fig. gr. nat. — .\ulrel'ois dans l'église Santa Maria del Vado à Ferrare. Transporte à Rome, lors de la réunion de cet état au Saint-Siège. « Parmi les tableaux religieux de Garofalo, il faut cilei- l'Ascension du Christ, d'une exécution habile » (BurciC, 709). « On reconnaît ici la noblesse de l'art du Gar(»falo dans les expressions variées des figures d'apotres et on y trouve le type idéal du peintre dans le saint Jean, visage ovale, aux traits réguliers, aux cheveux séparés par le miheu et tombant sur les épaules en boucles dorées. Celte tète se rencontre dans toutes les œuvres du peintre, tout comme celle des vieillards à barbe blanche et celle des hommes âgés aux cheveux crépus. On y reconnaît aussi certains ])artis pris dont s'est fréquemment servi l'artiste : le regard oblique de ses personnages, l'enroulement des manteaux vers le milieu du corps; l'index des mains étendu; le maintien droit et ferme, mais sans raideur, la pointe d'un des pieds étant souvent posé sur un piédestal, tandis que l'autre pied est appuyé à terre. Le Garofalo devait être un savant grammairien, sa méthode était bien établie, autant dans le coloris de cire qu'il donne aux chairs, dans le blond cles cheveux et dans les belles teintes vertes et jaune d'or des manteaux que dans le dessin de ses fonds où il a placé des maisons, des inurs des châteaux au bord d'un lac surmonté de montagnes coniques tranchant sur un ciel dont les nuages sont éclairés par les reflets ronges du couchant. Cette régularité voulue enlève de la vivacité aux œuvres et les rend froides et monotones.;Dans ce tableauci, pourtant, la variété des physionomies lui donne un i>lus grand intérêt » (Vlnturi Tesori inedili d'arle di lioma. .\° Xlll).

Mazzolino (Lodovico Mazzoli, dit). — Éc. ferraraise. Vers 1481 • i 15^28.

* C Adoration des Rois Ma y es.

Devant une chaumière construite dans un arc de triomphe, à droite,

2^6 ÈOMÊ.

saint Joseph, l'Enfant Jésus et la Vierge devant laquelle s'inclinent les trois Rois; à gauche, leur escorte et un fou portant une chouette et conduisant un singe. Au fond, sur une route qui monte au sonnnet de l'arc, deux moines en prière, leur crosse appuyée sur l'épaule. Fond de paysage, avec des châteaux forts sur des collines.

H. 0 53' L. 0,60. B. — Fig. 0,27. — Signé à gauche sur la cliauinièrc. Ludovicvs. MAZzoLiNUS. p Mccccc.xii. « QuoiquG ce tableau doive prendre place parmi les premières œuvres connues de l'artiste, il présente les traits caractéristiques que Mazzolino a toujours conservés : un fini minutieux, le goût des formes arrondies, des yeux d'oiseaux de nuit, que la lumière blesse, des chairs cuivrées. On remarque ici, au premier rang, derrière le cortège des Hois mages, un nain portant une chouette et une guenon, motif qui se retrouve dans d'autres œuvres du maître, entre autres dans son tableau du Musée de Berlin, La Discussion de Jésus an Temple. L'arc de triomphe devant lequel est placée la Sainte Famille est orné d'un bas-relief monochrome représentant, sur un char un guerrier que la Victoire couronne, tel qu'on le voit, à Londres, dans l'aile gauche du monument qui encadre la Sainte conversation et sur le parapet du Cfuisl montré au peuple, chez le duc d'Aumale, à Chantilly. Deux saints moines s'avancent vers l'arc pour assister à la scène, tout comme, à Fcrraïc, saint Benoit et saint Albéric s'approchent du Rédempteur. Un spectateur monté sur la terrasse de l'arc, se penche pour regarder, suivant l'habitude du peintre de faire assister quelques curieux, du haut d'un édifice, aux représentations sacrées. Le paysage, vivement éclairé,' est inspiré par une estampe allemande » (Venturi, Tesori inedili d'arie di Uoma. XI).

Ortolano (Giovanni Battista Benvenuti, dit). — Éc. ferraraise. 14...; t 1529(7). .

* Saint Antome abbé, saint Antoine de Pacloue et sainte Cécile,

Sur un piédestal, saint Antoine abbé, vieillard à longue -barbe blanche, vu de face, en robe brune, manteau et calotte noirs, appuyé sur une canne; à gauche, saint Antoine de Padoue, en robe de bure; à droite, sainte Cécile, portant un orgue, des instruments de musique à ses pieds. Devant saint Antoine, une sonnette. Au fond, deux colonnes torses ; paysage à l'horizon.

IL 4 80; L., 2,2o. B. — Fig. gr. nat. — Attribué à tort au Garofalo par Bukck., 709. « Cette' peinture de l'Ortolano, datée de M. C.XXIII, suffit pour alOrmcr l'existence d'un maître autre que Benvenuto Tisi, dit le Garofalo. On a pu confondre ces deux artistes, parce que, en 1525 et dans les années environnantes, le Garofalo peignit un grand nombre de tableaux, qui se ressemblent entre eux, mais diffèrent de ceux de l'Ortolano dont l'œuvre ne saurait être attribuée à son compatriote, même pendant sa jeunesse. Jusqu'à preuve contraire, nous considérons cette œuvre comme étant celle de l'Ortolano; nous suivons en cela les traditions qui accordèrent à plusieurs tableaux le nom de cet artiste, cité aussi dans trois actes notariés, à Ferrare, en 1512, 1520 et 1524, et dans un catalogue de tableaux d'églises au xvi» siècle. Le tableau qui représente saint Antoine de Padoue rappelle le saitit Bernard de Francia, qui est à Chantilly, dans la Collection du duc d'Aumale. On peut encore citer, en face du saint Antoine, l'imitation libre d'une œuvre postérieure : la sainte Cécile du Sanzio, a Boloiine, qui fut du

COLLECTION DU PRINCE CHIGI

Cliclie Aiidcrsou, l'iujtdgruv urc Vitjuuiot, Uunioulia et C'«.

Mazzolino (Lodovico Mazzoli dit).

L' Adoration des Rois Mages.

COLLECTION DU PRINCE CIIIGI

reste, étudiée, imitée, copiée par toute une génération de peintres bolonais pendant la seconde moitié du xvi» siècle. La sainte Cécile de l'Ortolano n'a pas la fraîcheur florissante et virginale de celle du Sanzio, ni son élégance patricienne, ni son regard inspiré qui pénètre le ciel; c'est une belle matrone, largement drapée dans sa mante, qui lève les yeux avec mélancolie. Appuyée contre la balustrade qui domine l'orgue, elle ressemble à une statue. Même en imitant le Sanzio, l'Ortolano ne saurait renoncer à placer ses grandes figures dans une imposante architecture. Il transforma en joueurs de luth et de mandoline les anges chanteurs de Uaphaël et, dans les instruments de musique placés aux pieds de la sainte, il se borna à peindre quelques-uns des plus simples, montrant ainsi que la magnificence d'autrui ne convenait pas à sa nature sobre » (Venturi, Tesori inediti d'arte di Roma. N" X).

Peruzzi (Baldassare). — Éc. siennoise. 1481 ; 7 1536.

* V enlèvement des Sabine^.

A gauche, sur un piédestal, Homulus et des ofliciers devant lequel trois soldats mènent une Sabine, la poitrine nue, une draperie rouge sur les jambes ; devant elle, un enfant vers lequel jappe un chien ; au milieu, trois soldats autour d'une femme, dont un (juatrième a arraché le manteau rouge; en avant, contre une pierre, dort un enfant; à droite, s'enfuient trois femmes : l'une, en robe verte, hnant les l)ras au ciel; l'autre, en robe jaune, tenant son enfant snr sa poitrine. Au fond, à gauche, près d'un arc de trion)|)he, sur un piédestal, un homme nu chevauchant un dauphin.

H., 0,75; L., 1,<)0. 15. — Fig. 0,40. — Devant de Cassone. Attribué autrefois au Sodoma.

Les trois Grâces.

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