Samson en prison. (vi« Salle, rez-de-chaussée
Vu de face, les mains liées derrière le dos ; à gauche, au premier plan, la mâ<îhoire d'àne.
H., 1,91 ;L., 1,75. T. —Fig. plusgr. que nat. —Tableau très refait, attribué autrefois à Sebastiano del Piombo. « Bien que les repeints aient en beaucoup d'endroits altéré le caractère primitif, on reconnaît cependant ici un style grandiose, une manière large et un faire titianesque ; mais, vu l'état actuel de cette peinture, il ne nous est pas possible d'émettre une opinion sur son authenticité » (Cr. et Cav., Tiz. n, 445).
*147. Allégorie. — U Amour sacre' et V Amour profane (iv).
Dans un paysage, au soleil couchant, sur la margelle d'une fontaine antique, en marbre sculpté, sont assises deux jeunes femmes. L'une, à gauche, vue de face, en robe de soie blanche à manches rouges et corsage décolleté, avec une chevelure blonde, abondante et bouclée, retombant sur ses épaules, tient des fleurs dans la main droite posée sur ses
Tilborgh (Gilles van). — Éc. flamande. 1625; f 1678. *284. Une Auberge.
noMË.
genoux, le bras gauche appuyé sur une bassine en cuivre L'autre, à droite, de face, toute nue, avec une draperie grenat flottant le long de sa hanche gauche et une étoffe blanche tombée sur le bas de son corps, se tourne vers sa compagne ; elle s'appuie de la main droite sur le rebord de la margelle, et lève en l'air, de la main gauche, un vase d'où s'échappe une fumée; près d'elle, une coupe d'argent ciselé. De l'autre côté de la fontaine, au second plan, de face, un petit amour trempe son bras dans l'eau ; derrière lui, un bouquet d'arlDres. Au fond, à droite, deux cavahers, des chiens et un berger gardant un troupeau de moutons. Plus loin, un village, sur le bord d'un lac; à gauche, un château et une tour, au sommet d'une colline que gravit un cavalier sur un cheval blanc; dans les broussailles, s'ébattent deux petits lapins.
H., 1,18; L., 2,79. T. — Fig. gr. nat. — Dans la description de la Collection Borghèse par Francucci (1617) ce tableau est intitulé : La beauté parée et la beauté nue. En 1(348, tiiDOLFi (i, 25), note ce tableau dans ladite Collection sous le titre : Deux jeunes filles auprès d'une fontaine. Les commentateurs de Vasari l'appellent l'Amour céleste et l'Amour terrestre. Li hke y voit la représentation de l'Amour et de la Pudeur. Plus récemment, M. WiCKiioFFa émis l'opinion que Titien avait pris le sujet de son tableau dans les Argonautes de Valérius Flaccus et qu'il faudrait voir dans celte peinture Yénus persuadant à Médée de suivre Jason. Depuis, un autre érudit a cru y retrouver l'illustration d'un épisode de TOrlando Furioso. Voici ce que nous en disions en 1885 : « Le chef-d'œuvre de cette période juvénile de Titien, si charmante en sa fraîcheur, c'est l'incompréhensible Allégorie qu'on admire à Rome sous le titre : l'Amour sacré et l'Amour profane. Suivant Cavalcaselle et Crowe, il y faudrait voir l'Amour ingénu et l'Amcwr satisfait; et, suivant Burckhardt, l'Amour et la Pruderie. Ce dernier ne dit pas, d'ailleurs, laquelle de ces deux jeunes filles, pourrait bien être la prude. Du temps de Titien, du temps même de Ridolii, c'étaient simplement Deux femmes assises près d'une fontaine où se mire un enfant. Sans doute l'antithèse entre les deux femmes est évidente et toute pleine d'intentions subtiles qu'on voudrait mieux |j£nétrer. Pourquoi celle-ci, brillamment vêtue, une robe de satin blanc serrée à la taille par un ruban cramoisi à fermoir d'or, gantée de jaune, une branche de jasmin dans les cheveux, quelques fleurs dans la main, s'accoudant sur vme bassine, tout épanouie en sa florissante beauté, regarde-t-elle si tranquillement devant elle? Pourquoi, au contraire, à l'autre extrémité de la cuve de marbre, sa compagne, exposant naïvement la splendeur ferme et dorée de son beau corps nu, autour duquel un lambeau rouge de draperie ne flotte que pour le mieux découvrir, ayant près d'elle une coupe de cristal, tient-elle en l'air, dans sa main gauche, un vase d'où sort quelque fumée? Pourquoi s'incline-t-elle, avec un regard pensif, vers l'eau du bassin qu'un petit Amour agite ou tàte de la main ? Peut-être ne faut-il pas demander un sens trop précis à ces compositions poétiques, alors de mode à Venise, dont les auteurs, principalement séduits par la beauté des formes et des couleurs, auraient eu parfois grand'peine à donner une explication logique. Giorgione, surtout, avait développé, chez tous ses condisciples, ce goût des rêveries plastiques et des fantaisies d'imagination; lui-même en prenait fort à son aise avec la réalité comme avec l'idéal. Chez Titien, comme chez lui, il faut faire souvent la part du lyrisme ardent et vague d'une belle jeunesse enivrée de vie, d'amour et de beauté. Si l'on ne s'entend pas pour comprendre, on s'entend du moins pour admirer. Rien dans l'œuvre de Titien n'exhalera parfum d'amour plus frais et plus exquis que cette printanière éclosion de son génie. Sa palette va bientôt devenir plus variée, plus éclatante, plus riche ; il y retrouvera rarement une musique voluptueuse de colorations plus délicates et plus séduisantes. Faiblement
GALERIE B01;GHÉSE.
empâtée, procédant par glacis légers, sa peinture, comme celle de Palma qu'elle rappelle encore, brille d'un éclat léger avec de fines transpaicnces d'émail. L'émotion est irrésistible. Jamais la beauté nue et la beauté parée n'ont été, ni avant, ni depuis, présentées côte à côte avec un pareil charme de séduction vivante et discrète. Oui, tout parle d'amour dans cette églogue vénitienne, et ce bas-relief antique où des nymphes éveillent un berger, et ce vol de papillons capricieux qui se poursuivent dans l'herbe, et ce bouquet de roses effeuillées gisant sur le bord du bassin, et cette tranquillité lumineuse de la campagne pacifique qui s'endort de toute part au soleil couchant, tandis que les paysans ramènent leurs troupeaux, que les chasseurs rappellent leurs chiens, que les cavaliers galopent vers leur gîtes. C'est le beau songe d'un soir d'été», dans im paysage méridional, raconté avec enthousiasme par un vrai poète qui se trouve être déjà le plus grand des peintres. » (Georges Lafe.nesthe, Titien, 27-28). Pour conclure, M. Vkmi'hi nous semble être dans le vrai, lorsqu'il dit : « Le mieux est d'avouer qu'on ne connaît pas le sujet de cette allégorie » ; et il ajoute : 0 IMobablement l'artiste voulut représenter une allégorie ayant (juelque rapport avec la devise de celui qui lui commanda le tableau et dont les armes sont reproduites sur la fontaine : un lion rampant dont on ne voit que la moitié du corps et, au-dessous, une banderole. Peut-être aussi, cetle allégorie avait-elle fjuelque rapport avec le ])rintemps ; cai-, on aperçoit, dans la prairie, des lapins, symbole de la fécondité, un berger embrassant une bergère, des chasseurs qui poursuivent un lièvre, deux papillons qui volent panni les fleurs et, sur le bas-relief, un'génie qui réveille, avec une baguette, le Dieu de l'Amour » iCnt., 103). « Une preuve de la puissante influence qu'exerça sur le Titien, pendant sa jeunesse, la manière magnifique de Giorgione, c'est ['AUef/oric de l;i08, une des plus belles œuvres pittoresques de tous les temps : L'Amour sacré et l'Amour profane, motif déjà traité, entre autres, par le Pérugin... ce n'est qu'une allégorie, si l'on veut, mais d'une espèce rare, où l'idée à exprimer se perd et se confond dans une poésie inexprimable. I^e tableau exerce ce charme lèveur que des images seules pourraient rendre, que des mots peut-être ne réussissent qu'à profaner » (Blhck,, 731).
* 170. Vénus bande les yeux de Cupidon (iv).
Assise, à franche, un ;miour appuyé sur son épaule, Vénus, en robe blanche, manteau bleu, une couronne sur sa chevelnre blonde, de trois quarts tournée vers la droite, le visag^e à franche, cache, avec un bandeau jaune, les yeux de son fils; à droite, deux nyiuphes: l'une, le sein décou vert, un manteau rouge sur son épaule droite, tenant un carquois : l'autre, en corsage brun décolleté, un arc à la main. Fond de paysage, traité en esquisse ; ciel rougeàtre.
H., 1,18; L., 1,80, T. — Fig. à mi-corps, gr. nat.— Gravé jjar Van den VVynpaerdo et Robert Strangc. Intitulé dans le Catalogue de 1613: Les trois Grâces. Ce tableau i)eint en 1565 appartenait déjà du tiMups de Ridolfi à la famille Horghèse. Il en existe une copie dans la collection Haibi à Gênes. A rapprocher du tableau de Munich n" ill6au(piel il est d'ailleurs très supérieur. « Cette Éducation de l'Amour, le dernier des tableaux mythologiques du Titien en Italie, est d'une naïveté merveilleuse et d'un coloris éclatant » BuRCK. (747). « La lumière joue dans toutes les parties de la toile, produisant par endroits des ombres d'une tonalité fondue et présentant une claire surface argentée et brillante rappelant les chefs-d'œuvre de Paul Véronèse » (Cr. et Cw., 7"/^., ii,s56).
* 188. Portrait de saint Dominique (iv).
En robe blanche, la lèle auréolée vue de face, le corps tourné vers la
gauche ; de la main gauche, il ramène les phs de son manteau noir et montre, de la droite, le ciel d'où tombe, sur lui, un rayon lumineux.
H., 0,97; L., 0,78. T. — Fig. à mi-corps, gr. nat. — « Tableau d'une grande maîtrise où se retrouve le pinceau coloré, le faire magistral et libre du Titien et qui rappelle Saint Jean au désert de l'Académie de Venise » (Cr. etCAV., Ttz., ii, 419).