VILLA BORGHÈSE
(Hors la porte du Peuple.)
Depuis 1891, la célèbre galerie de tableaux appartenant à la famille Borghèse et déjà généreusement ouverte au public dans le Palais Borghèse, à Rome, a été transportée dans leur villa et réunie à la collection des marbres, œuvres antiques et modernes.
Cette villa, fondée par le cardinal Scipione Borghese, neveu du pape Paul V, construite par un architecte flamand, Jean Vasanzio, fut agrandie au xvutf siècle à deux reprises, d'abord par Antonio Asprucci et ensuite par Lodovico Canino. Une intéressante miniature, par Baur (n° 519, salle XI), donne l'aspect de la façade primitive.
La galerie de peintures, formée par le cardmal Scipione, au xvii" siècle, a été récemment acquise par le gouvernement italien au prix de 3600000 francs.
Quelques tableaux seulement, dans ces dernières années, en avaient été distraits : par exemple le célèbre Portrait dit de César Borgia, attribué autrefois à Raphaël, acquis, en 1891, par le baron Alphonse de Rothschild, et quelques tableaux des écoles primitives passés en vente publique, k Paris, la même année. Ces peintures, faisant partie de la collection fidéi-commissaire, y avaient été, d'ailleurs, d'accord avec le gouvernement, remplacées par quatre ouvrages très précieux, placés autrefois dans les appartements particuliers : le Saint \Étienne, par Francia; le Christ en croix, par Viorenzo di Lorenzo; la Vierge, l'Enfant Jésus et saint Jean, par Lorenzo di Gredi, et la Sainte Famille avec Saints^ par Lorenzo Lotto.
Tous les tableaux sont exposés dans huit salles au rez-de-chaussée et onze salles ou cabinets au premier étage, décorés eux-mêmes de peintures nmrales par des artistes célèbres en leur temps'.
1. Consulter : Il Museo e la Gnlleria Burghese, par A, VoTuni. Roma. La Societa Laziale. 1893. Excellent catalogue, d'une critique bien informée, d'une forme vive et colorée, auquel nous avons fait de nombreux emprunts, indiqués par le signe {€at.).
4^ salle ;
Novelli (Francesco). — Êc. romaine. 1776; f 185B La fable de V Amour et de Psyché. (Cinq tableaux.) 5^ salle :
Marchetti (Giov. Battista). — Éc. romaine. Fin du xviii^ siècle. Flore se parant de fleurs.
6^ salle :
École vénitienne du xviii^ siècle.
Un enfant faisant Vaumône.
1" salle :
Gagneraux (Bénigne). — Éc. française. 1756 ; f 1795. Jupiter, sous les traits d'un satyre, et Calliope endormie. salle :
Conca (Tommaso).
Éne'e fuyant Troie. — Énée devant Didon. — Mercure entraînant Énée. — Mort de Didon.
9^ salle :
Unterberger. — Éc. allemande. Fin du xviii^ siècle. Vapothéose d'Hercule.
Principaux tableaux de la galerie.
Albani (Francesco). — L'Albane. — Éc. bolonaise 1578; t 1660.
*55. La forge de Vulcain (i).
Au premier plan, à gauche, Vénus couchée près de Vulcain, qui tient un marteau; à droite, Cupidon bandant son arc et des amours portant des flèches; au fond, la forge et des amours tirant à la cible. Dans les nuages, Diane et une nymphe.
*40. La Toilette de Vénus (i).
A gauche, Vénus, dans un char, entre trois nymphes, qui achèvent sa toilette, se regarde dans un miroir que lui présente Cupidon. Au second plan, des amours grimpant à un arbre, d'autres se baignant.
GALERIE BORGHÈSE
* M. La Jalousie de Mars (i).
Adonis, tenant en laisse un lévrier, est coaduit par un amour vers Vénus, couchée, à droite, sous un arbre. A gauche, des amours entourant le char de la déesse, et, dans un fourré, le sanglier. Au ciel, sur un char, Mars, brandissant une épée.
*49. Diane détruisant les armes des Amours (i).
Au milieu, la déesse brise un arc sur son genou, tandis qu'à gauche, des nymphes enlèvent leur carquois à des amours endormis. A droite, d'autres nymphes brûlent des armes; au fond, deux nymphes arrachent une cible accrochée à un arbre.
Ces quatre toiles mesurent 1,54 de diamètre. — Elles proviennent, d'après PASsKrtr, du Palaisde la famille Borglièse à Ripetta d'où elles furent transportées à la villa Pinciana. ScAN>ELLi les cite « parmi les meilleures œuvres de ce niailrc «. Elles furent très vantées par les amateurs, et l'artiste en dut faire de semblables pour le cardinal Maurire de Savoie, le comte Carouge et Ferdinand Gonzague, duc de Mantoue. « La mauvaise restauration a fait disparaître les blancheurs d'albâtre des toiles de l'Albane; mais sous le voile bitumineux, se devinent les élégantes mignardises du peintre des petits amours. » (Cat., 52.)
Albertinelli (Mariotto). — Éc. florentine. 1474; | 1515.
* 421. Le Sauveur (x).
Vu de face, le visage tourné de trois quarts vers la droite, drapé dans un manteau rouge à doublure verte; de la main droite, il bénit; de la gauche, il tient deux clous. Fond de paysage.
H., 0,60; L., 0,54. B. — Fig. en buste, gr. nal. —Catalogué autrefois sous le nom du Pérugin. C'est certainement une œuvre d'Albertinelli, mais un travail de pratique, exécuté sans la collaboration de Fra Barlolomco :« les chairs où domine le rouge, couleur babitu-elle du maître, la chevelure d'un roux foncé sont caractéristiques. Le paysage délicat, avec ses édifices gothiques, a, sans doute, été copié sur quelque gravure flamande ou allemande » [Cat., îuo).
Angeli (Andréa), dit Andréa del Sarto. — Éc. florenline. 1486; t 1551.
*328. Marie-Madeleine (viii).
La pécheresse, sous les traits d'une jeune fille, est tournée de trois quarts vers la gauche, le visage vu de face; robe grise et manteau rose; sur sa chevelure châtain est posé un voile de gaze; elle tient à la main un vase de parfums.
H., 0,54; L., 0,41. B. — Fig. en buste, pet. nat. — « Cette charmante peinture, qui a été souvent copiée, est l'œuvre de Domenico Pullgo, l'un des plus habiles imitateur»