SAN GIOVANNI DECOLLATO
(Saint-Jean-Uécapité.)
Dans la rue du même nom, donnant sur la place de la Consolation. Église érigée sur les fondations d'une ancienne chapelle consacrée à Santa Maria délia Fossa, par la confrérie de la Miséricorde de la ville de Florence, en 1487. A une nef.
Zuccheri (École des).
La Naissance de saint Jean-Baptiste.
Dans une sacristie :
Conte (Jacopo del). — Florentin. 1510; -[ 1598.
La Prédication et le Baptême de saint Jean.
« On peut juger jusqu'où allait le mérite de l'artiste dans la composition par ce tableau d'autel qui est, certainement, son meilleur ouvrage » (Lanzi, i, 305).
Salviati (Francesco Rossi de').
La Visitation.
Fresque en très mauvais état. — Gravée par Bart. Passarotti etMatham. — « En 1538, Francesco fit, pour la Compagnie de la Miséricorde, un sujet à fresque, et alors qu'il allait la terminer et y mettre les dernières touches, et représenter d'autres sujets, il fut forcé d'abandonner son travail par la rivalité de Jacopo del Conte » (Vas., vi, 579).
Franco (Battista) dit II Semolei.
Arrestation de saint Jean-Baptiste.
« Grâce à des protections, Battista obtint du Monseigneur de la chambre cette commande. Il fit saint Jean arrêté par ordre d'Hérodc et mené en prison. Bien que ce morceau fût exécuté avec une application extraordinaire, il fut jugé très inférieur au travail de Salviati. Semolei espérait surpasser les autres et se surpasser lui-même, mais il arriva que l'application à toutes les parties l'empêcha d'embrasser l'ensemble. Chaque torse, chaque bras, chaque jambe, pris à part, étaient modelés savamment. Toute la musculature s'y accusait avec force, et même avec une certaine ostentation. Malheureusement, la dégradation des plans, ou, si l'on veut, la perspective aérienne n'était pas observée. La recherche anatomique donnait à chaque figure un relief qui empêchait de fuir celles qui devaient s'éloigner du premier plan. Enfin, faute de ces sacrifices qui sont nécessaires dans un tableau, le tout manquait d'harmonie et d'unité » (Vas., vt, 379).
SS. QUATRO CORONATI.
SS. QUATTRO CORONATI
(Les Quatre-Saints-Couronnés.)
Via di San Giovanni, vis-à-vis San Clémente. Cette église, très ancienne, détruite sous Robert Guiscard, fut reconstruite par Pascal ll,en 1411, et agrandie sous Martin V. Elle est précédée de deux portes et se compose en réalité de deux édifices, l'église proprement dite et, à droite :
La chapelle de saint Sylvestre, consacrée en 1256, sous Innocent IV.
École italienne du xir2 siècle.
Sur les parois latérales : *
Épisodes de la vie de l'empereur Constantin et de saint Sylvestre. Sur la paroi du fond :
Le Christ portant la croix assis entre la Vierge et saint Jean-Baptiste qu'entourent les douze apôtres étagés sur les côtés.
Cette fresque, très détériorée, portait, autrefois, d'après d'Agincourt, la date de 1248. — Le dessin en est très défectueux et la couleur lourde. — « L'art ne peut difficilement descendre plus bas que dans cette production. La tête du Sauveur, toute ronde, n'est pas dessinée, la structure du corps est mal construite, les pieds sont énormes. Le développement des muscles est indiqué par de faux traits. Les figures sont raides, longues et plates; la couleur lourde et sans transparence » (Cr. et Cav., It., i, 83, note 4). — Passigli (Dizionariow, 527), indique comme auteurs de ces fresques Pietro Lino et son élève Guido Giudiccio. Voir Pkratk, p. 42.
Abside de l'église :
Giovanni da San Giovanni (Giovanni Mannozzi dit). — Florentin. 1590; f 1636.
Épisodes du martyre des saints couronnés.
La Légende Dorée nous apprend que les quatre saints couronnés, qui répondaient aux noms de Sévère, Sévérien, Carpophore et Victorien souffrirent le martyre sous Dioclétien, en '285. Pendant longtemps on ignora leurs noms et ils furent honorés sous le titre des quatres saints couronnés.
ROME
le même jour que cinq autres martyrs, Claude, Castor, Nicostrate, Symphorien et Simplice, sculpteurs, qui furent mis à mort, en 287, pour avoir refusé de sculpter des idoles qu'avait commandées l'empereur.
Giovanni a reproduit, dans onze fresques disposées sur deux rangées, contre la muraille circulaire de l'abside, des épisodes de la vie et du supplice de ces saints.
Rangée inférieure :
Un des martyrs esl assis sur un tronc d'arbre ; devant lui se tient un homme qui lui présente ses outils de sculpteur; nombreuse assislance. — Un saint à travers les barreaux de sa prison baptise un adolescent agenouillé, vu de dos ; la scène est éclairée par la lueur d'une lanterne que porte un fidèle. — Un jeune homme se tient debout devant un vieillard plongé dans la méditation. — Un martyr chargé de chaînes est debout devant un amas d'instruments de supplices. — Les saints frappés de fouets terminés par des boules de plomb se tordent sous les coups. — Une femme est agenouillée aux pieds d'un jeune homme au front couronné de lauriers. — Les martyrs enfermés vivants dans des cercueils de plomb sont précipités dans la mer.
Rangée supérieure :
Un jeune homme auquel on présente un encensoir est entraîné par un bourreau. — Les saints sont frappés avec des boules de plomb. — Les saints sont donnés en pâture à des chiens. — Les cadavres des martyrs sont portés en terre, pendant la nuit. .
Coupole :
Apothéose des saints couronnés.
Dans le ciel, les neuf martyrs sont reçus par le Christ ; ils ont à la main des palmes et des lis ; le peintre s'est représenté, au centre de la composition, en vêlement et bonnet rouges.
« G. da San Giovanni peut être regardé comme un des premiers fresquistes de l'Italie. Doué par la nature d'un esprit chaud et rapide, d'une imagination vive et féconde, d'une main expéditive et franche, il peignit tant, dans les États Pontificaux et à Rome même, notamment à l'église des Quatre Saints-Couronnés et à Florence, dans le palais Pitti, qu'il semble à peine croyable qu'ayant commencé à apprendre son art à dix-huit ans, il ait fini de travailler et de vivre à quarante-huit ans » (Lanzi, i, 552).
SAN CLEMENTE
SAN CLEMENTE
(Saint-Clémenl.)
Entrée via saint. Giovanni, non loin du Colisée. Édifiée antérieurement à l'année 592, sur l'emplacement de la demeure du pape Clément. Détruite en 1084 et reconstruite avec les matériaux de l'ancienne basilique en 1108 sous Pascal IL Restaurée sous Adrien 1er, Jean VIII — qui fit consfruire le chœur — modernisée en partie par Clément XI, elle se compose de deux bâtiments superposés.
Eglise inférieure.
Cette église, que des fouilles du père Mulloolyont déblayée (I857-Î86I) renferme, sur les murs, des fresques grossières et mal conservées les unes des iv° et ve siècles, les autres des ixp, xe et xie siècles :
Dans le vestibule :
Une tête de femme. — Le Christ bénissant, entre les archanges Michel et Gabriel, adoré par saint Clément, saint Cyrille et saint Méthode. — Une mère retrouvant dans l'église son enfant qui avait disparu dans la mer, un an auparavant. — Une famille de donateurs (les Beno de Rapiza), avec une inscription votive. — Les reliques de saint Clément sont transportées du Vatican dans l'église.
Bas côté de gaucbe :
Saint Cyrille devant l'empereur Michel. — Saint Méthode baptisant un jeune homme et d'autres fresques presque invisibles.
Bas côté de droite :
Les fresques sont totalement invisibles.
ItOME.
ROME
Nef du milieu :
Une fresque en trois parties superposées : L'Intronisation de saint Clément. — Saint Clément célébrant la messe, en présence de Théodora, de son mari Sisinius qiie le saint vient de frapper de cécité pour le punir de son incrédulité et de la famille du donateur. — Sisinius faisant charger de chaînes une colonne. — Une fresque renfermant, également superposés, les sujets suivants: Le Christ entre les archanges Michel et Gabriel et les saints Clément et Nicolas. — Trois épisodes de la vie de saint Alexis. — Des oiseaux et des fleurs. — Le crucifiement, la mort de la Vierge, la résurrection avec le pape Léon IV et saint Vit,
Voir Poîiena NinuY (Guida di Roma, p. H6-l5o).
Église supérieure.
Abside.
Au-dessus du siège épiscopal :
Giovenale da Gelano (xive siècle).
Fresques.
La Vierge et Jésus-Christ au milieu des apôtres.
Toutes les figures sont séparées l'une de l'autre par une tige de palmier.
Sur l'arc triomphal et dans la voûte :
Mosaïques exécutées, en 1299, pour le cardinal Giacomo To masio.
Sur l'arc :
En haut, le Christ, à mi-corps, bénissant, entre les quatre symboles des Évangélistes. De chaque côté : à gauche, saint Paul et saint Lauren t à droite, saint Pierre et saint Clément, et, au-dessous d'eux, les prophètes Jérémie et Isaïe, tenant des phylactères. En bas, les villes de Bethléem et de Jérusalem,
SAN CLEMENTE
Dans la voûte :
Au centre, au milieu de rinceaux fleuris qui se déroulent de tous côtés, sur un fond d'or, autour de petites figures, sous un dais en éventail, le Christ cloué sur une grande croix dont les bras sont semés de colombes. Dans les interstices des feuillages, les Pères de l'Église, des saints et des saintes, des figures symboliques et de petits amours faisant de la musique ou jouant avec des animaux. Au pied de la croix, coulent les quatres Fleuves où des cerfs se désaltèrent. De chaque côté, des bergers et des bergères. Au-dessous, l'Agneau mystique avec six brebis de chaque côté.
Chapelle de la Passion, à gauche de l'entrée principale.
Masolino da Panicale (Tommaso di Gristoforo Fini dit). — Florentin. 1583 (?); f 1460 (?).
Extérieurement. Au-dessus de la voûte d'entrée :
L'Annonciation.
Au pilastre de gauche :
Saint Christophe.
S'appuyant des deux mains sur un long bâton, le saint, en tunique jaune et manteau vert, de trois quarts tourné vers la gauche, traverse le Jourdain. Il lève le visage à droite vers l'Enfant Jésus assis sur son épaule, vêtu d'une robe rose et portant, dans la main gauche, le globe du monde.
Intérieurement. A droite de l'autel, sur deux rangées superposées de chaque côté de la fenêtre :
Épisodes de la vie d'un saint. (Saint Clément suivant les uns, saint Ambroise, plus vraisemblablement, suivant d'autres.)
Ces scènes, comme le fait remarquer M. Franz Wickhoff (Die Fresquen der heil. Katharina in San Clémente), se rapportant à la \ie de saint Ambroise, telle que I3 retrace la Légende dorée.
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En bas :