CONVERSION DE M. DE RATISBONNE
recevoir le oereoeil, et j'entrai dans rintôriear du couveot. Je n'avais que quelques mots à dire à uo des religieux ; je voulais faire préparer une tribune pour la famille du défunt; mon absence dura à peine dix ou onze minutes.
» En rentrant dans l'église, je n*aperçois pas d*abord Ratisbonne ; puis je le découvre bientôt agenouillé devant la chapelle de Saint>Michel, placée à gaacbe en entrant. Je m'approche, je le pousse trois ou quatre fois avant qu'il s'aperçoive de ma présence. Enfin il tourne vers moi un visage baigné de larmes, joint les mains, et me dit avec une expression impossible à rendre; « Oh ! comme ce monsieur a prié pour moi ! »
w J'étais moi-même stupéfait d'étonnement ; je sentais ce qu'on éprouve en présence d'un. miracle. Je relève Ratisbonne, je le garde, je le porte, pour ainsi dire, hors de l'église ; je lui demande ce qu'il a, où il veut aller. <■ Conduisez-moi où vous voudrez, s'écrie-t-il, après ce que j'ai vu, j'obéis. » Je le presse de s'expliquer, il ne le peut pas; son émotion est trop forte. Il tire de son sein la médaille miraculeuse qu'il couvre de baisers et de larmes. Je le ramène chez lui, et malgré mes instances réitérées je ne puis obtenir de lui que des exclamations entrecoupées de sanglots. « Ah 1 que je suis heureux ! que Dieu est bon ! quelle plénitude de grâces et de bonheur ! que ceux qui ne savent pas sont à plaindre! » Puis il fond en larmes en pensant aux hérétiques et aux mécréants.
» Lorsque cette délirante émotion commence à se calmer, Ratisbonne, avec un visage radieux, me serre dans ses bras, m'embrasse, me demande de le mener chez un confesseur, veut savoir quand il recevra le baptême, sans lequel il ne saurait plus vivre, soupire après le bonheur des martyrs, dont il a vu les tourments sur les murs de Saint-£tienne-Ie-Rond. II me déclare qu'il ne s'expliquera qu'après en avoir obtenu la permission d'un prêtre, « car ce que j'ai à dire, ajoute-t^il, je ne dois, je ne puis le dire qu'à genoux. » Je le conduis aussitôt au Gésù, près du Père de Yillefort qui rengage à s'expliquer. /
» Alors Ratisbonne tire sa médaille, l'embrasse, nous la montre, et s'écrie : Je l'ai vue! je l'ai vue!!.' et son émotion le domine encore; mais bientôt plus calme, il put s'exprimer.
u J'étais depuis un instant dans l'église, dit-il, lorsque tout d'un coup je me suis senti saisi d'un trouble inexprimable. J'ai levé les yeux, tout l'édifice avait disparu à mes regards ; une seule chapelle avait pour ainsi dire concentré toute la lumière, et au milieu de ce rayonnement a paru debout, sur Fautel, grande, brillante, pleine de majesté et de douceur, la Vierge Marie, telle qu'elle est sur ma médaille : une force irrésistible m'a poussé vers elle. La Vierge m'a fait signe de la main de m'agenouiller, elle a semblé me dire : « C'est bien ! » Elle ne m'a point parlé, mais j'ai tout compris.^
Le baptême d'Alphonse de Ratisbonne eut lieu dans l'église du Gésù le
34 janvier et lui fut administré par le cardinal Patrizi; M. le baron de Bus-
sières, protestant converti, fut son parrain, et M. l'abbé Dupanloup, au-
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jounfhui érèque d*0riéeD8, prononça avant le saint sacrifice de la Messe, une de ces chaleureuses improvisations dont il n'a point encore perdu le secret.
La fbçade de SaintrAndré-detla-Fratte a été bâtie en 1835 par Valadier aux frais du cardinal Ccmsalvi. Côté droit. On y voit les autels suivants : 1*' Autel; fonts baptismaux. 2« Au*tel; saint Michel. 3« Autel; saint François de Sales et la B. Jeanne de Valois, tabl. par Romoli. ¥ Autel; Tlmmaculée Conception. Dans le transept, autel riche et décoré de marbre précieux et de bronzes dorés , dessiné par Barrigioni et dédié à saint François de Paùle, fondateur de l'ordre des Minimes; il a coûté 80,000 scudi. A chaque côté du chœur, on aperçoit un ange portant des emblèmes de la Passion. Ces statues furent sculptées par le Bernin pour le Pont Saint- Ange, et furent placées ici par ordre de Clément IX. Le maitre-autel est orné de fresques représentant le martyre de saint André, titulaire de l'église ; elles sont l'œuvre de Balbi, Trevisiani et Leonardi. Côté gauche. On y rencontre les autels suivants : dans le transept, autel de Sainte-Anne, dessiné par Vanvitelli ; la statue de la sainte sous l'autel est de Pacetti. i^' autel ; saint Joseph, tabl. par Cozza. S*" Chapelle Ratisbonne. Sur l'autel, l'Immaculée Conception; à droite, apparition de la sainte Vierge ; à gauche, baptême de Ratisbonne. Cette chapelle était primitivement dédiée à saint Michel ; et c'est ici qu'a eu lieu le miracle que nous avons raconté plus haut. C'est le prince Torlonia qui a décoré ce sanctuaii^e ; les peintures sont de Cades. 3^ autel; le Crucifix. i"" autel ; saint Philippe de Néri.
On trouve dans cette église les tombeaux de Zoéga, archéologue danois, auteur d'un travail remarquable sur l'origine et la destination des obélisques, mort en 1809 ; de Rodolphe Schadow, sculpteur prussien ; d'Angelica Kauflmann , morte en 1807 ; d'un prince du Maroc, nommé Laurent, neveu du souverain de ce pays, et mort à Rome en 1739.
196 SAINT-ÀNDRÊ-OELLE-VALLE.