PALAIS FARNÈSE
Palais Farnèse (place de ce nom). Ce palais est un des plus beaux et des plus majestueux de Rome. Paul III, encore cardinal, le commença sur les dessins de Sangallo et le conduisit jusqu'à l'entablement. Le cardinal Alexandre Farnèse, neveu de ce pape, continua l'œuvre de son oncle, en la confiant à Michel Ange. La façade du côté du Tibre est de J. délia Porta. Il est triste de devoir ajouter que les matériaux qui servirent à élever ce monument, provenaient du Colisée et du théâtre de Marcellus. Le couronnement de cet édifice est le chefd'œuvre de Buonarotti. Devant le palais s'étend une belle place ornée de deux grands bassins en granit d'Egypte; ce sont les plus grands que l'on connaisse.
Avant d'arriver à la grande galerie, on traverse deux vastes salons, où l'on remarque, dans le I*' une statue équestre de Caligula, un sarcophage antique, les statues de l'Abondance et de la Charité, par J. délia Porta, qui avaient été destinées au tombeau de Paul III à Saint-Pierre du Vatican. Dans le II" on verra les fresques de Thaddée Zucchero, de Salviati et de Vasari, consacrées à la famille Farnèse. Celle qui se trouve sur le mur où est la porte d'entrée, représente la conclusion de la paix entre François I et Charles- Quint. Une autre fresque nous montre Martin Luther discutant avec le cardinal Gaëtani, nonce du Pape.
La grande Galerie, de soixante-deux pieds de long, a été peinte à fresque par Annibal Carrache, aidé de son frère Augustin et du Dominiquin. Il y consacra huit années et reçut pour ce travail, dit-on, 500 écus (3,000 francs). G*est une des plus belles œuvres de la Renaissance, mais qu'on ne croirait jamais avoir été commandée par un prince de Féglise. Nous sommes bien loin de cette époque, et il est permis d'afiirmer, sans témérité, que de pareils scandales ne s'étaleront plus jamais dans la demeure de ceux auxquels il a été dit d'être la lumière et le sel du monde. Le grand tableau du milieu représente le Triomphe de Bacchus et d'Ariane. Les deux tableaux à côté nous montrent Pan effarant la laine de ses chèvres à Diane et Mercure remettant la pomme d'or à Paris. Les sujets des quatre tableaux autour de la composition centrale sont : Galathée parcourant les mers, l'Aurore enlevant Céphale, Polyphème jouant de la musette et lançant un rocher sur son rival Acis. Ceux des quatre tableaux carrés
sont : Jupiter et Junon, Diane et Endymion, Hercule et lole, Anchise et Vénus. Les autres compositions, de moindre dimension sont toutes relatives à des sujets mythologiques qu'il nous importe fort peu de connaître. C'est dans ce palais que s'est retiré le courageux et magnanime François II roi de Naples et héritier des Farnèse.
La Farnésine — (dans la Lungara au Trastevere). Ce palais a été bâti par le riche banquier Augustin Chigi, qui le fil élever en 1506, sur les dessins de Peruzzi. Chigi aimait Raphaël, qui y peignit le Triomphe de Galathée. Cette œuvre, à l'exception des Tritons, est entièrement de la main de cet artiste. La Fable de Psyché fut peinte dans les dernières années de sa vie. Accablé de travaux à cette époque, il n'exécuta que les cartons, et peignit seulement de sa main, comme pour servir de modèle, une des trois Grâces, celle vue de dos, à qui l'Amour montre Psyché. Jules Romain, Penni et Jean d'Udine furent les interprètes de Raphaël. Le grand artiste mourut avant d'avoir vu son œuvre achevée. Ces fresques qui ont beaucoup souffert, furent restaurées par C. Maratta. Dans la salle de Galathée, on voit une tète colossale, dessinée, dit-on, par Michel Ange, qui était venu voir son ami Daniel de Volterra et lui avait laissé cette carte de visite d'un nouveau genre. L'étage supérieur a deux salons. Dans le premier on voit les Forges de Vulcain et d'autres sujets tirés des métamorphoses d'Ovide, par Jules Romain; dans le second, Alexandre et Roxane, et la famille de Darius, par le Sodoma.
Palais de Firenze (Florence) sur la place du même nom, et près du palais Borghèse, ainsi nommé parce qu'il appartient à la Toscane. Il n'a de remarquable que son architecture qui est de Vignole.
Palais Giraud. — Place Scos$a Cavalli, au Borgo^ près de la basilique du Vatican, bâti par Bramante, en 1506. Aujourd'hui il appartient au prince Torlonia.
Palais Giustiniani — (près de la Poste aux Lettres, non loin de l'église de Saint-Louis-des Français) commencé par Fontana et terminé par Borromini. La réputation de ces collée-
PALAIS MASSlMO. , SOI
lions artistiques était européenne; tous ces trésors sont aujourd'hui dispersés.
Palais Lancelotti, près de la rue des Coronari, commencé par F. de Vol terra et achevé par P. Maderne. Les portiques sont soutenus par quatre colonnes de granit.
Palais Lante — (près de l'église de Saint-Eustache). La fontaine de la cour est ornée d'une statue, que Ton pense représenter Ino allaitant Bacchus.
Palais Madama ou du Governo — (près de la place Navone). Bâti, en 1642, par Catherine de Médicis, sur les dessins de Marucelli, il occupe l'emplacement des thermes de Néron. Benoît XIV en fit l'acquisition, pour servir de résidence au gouverneur de Bome. Depuis 1852 on y a établi les bureaux de la poste et du ministère des finances.
Palais Massimi — (près de S. André-della-Valle). Ce palais, chef-d'œuvre de P. Peruzzi, a été bâti en 1526. On y admire un magnifique portique à six colonnes d'ordre dorique, et au milieu de la cour, une jolie fontaine. Les salons renferment plusieurs œuvres d'art, entre autres, le fameux dioscobole, que l'on regarde généralement comme une copie en marbre de la même statue en bronze de Miron, sculpteur grec. La façade postérieure du côté de la place Navone, est ornée d'excellentes peintures en clair obscur de Daniel de Volterra. Dans la maison attenante, fut établie, en 1467, la première imprimerie romaine par deux allemands : Sweynheim et Arnold Panartz. Le premier ouvrage qu'ils éditèrent fut le traité de saint Augustin de la Cité de Dieu; il porte pour inscription : in domo Pétri de Maximis. Au second étage du palais, on conserve religieusement une chambre qui fut témoin d'un miracle opéré, le 16 mars 1^51, par saint /5'^/ Philippe de Néri. Cette chambre, transformée en chapelle, est ouverte au public le jour anniversaire du prodige. On y expose alors une des côtes du saint, ses lunettes et son rosaire, que l'on fait baiser aux fidèles pendant le chant des litanies à 5 h. et demie. Voici comment Mgr Gaume raconte le fait dont nous venons de parler.
Le 17« jour des caleodes d'avril, 46 mars 4564, voici ce qui se passait à Rome daos le palais du priace Fabricio Massimi. Toute la Doble lamille pleurait agenouillée autour d*uQ lit de douleur. Sur ce lit se débattait dans [es convulsions de l'agonie un jeune enfant de quatorze ans et trois mois : lit le fils de la maison, Torgueil de son père, la joie de sa mère, Tamoar delbs sœurs. Ton t-à -coup le père se lève et dépêche un de ses domestiques
fprès de saint Philippe de Néri , en le suppliant de venir sans délai. Le saint est à Tautel ; il ne peut accourir qu'une heure après. Pendant œ temps-là, le prêtre dom Camille fait les prières do la recommandation de lame au jeune moribond qui expire entre ses bras. Fabricio, désolé, s*approche pour remplir un dernier devoir en fermant lui-même les yeux a son fils. Desoncôlé, Francesca, la bonne de l'enfant, apporte de Teau pour laver, suivant 1* usa ge , le corps du défunt , et les habits dont il doit être revêtu sur son lit de mort.
Sur ces entrefaites an ive saint Philippe : « Hélas ! Père, lui dit Fabricio , Paul est mort; il n'y a plus rien à faire ; que n'ètes-vous venu plus tôt? > Le saint se rend droit à la chambre mortuaire, où il trouva la bonne Francesca se préparant à parer l'enfant de ses vêtements funèbres. Philippe s'approche du lit, demande de Teau béaite, en répand sur la boucbe et le visage du mort, lui impose les mains, se met en prières, le touche et l'appelle deux fois par son nom. En présence de tout le monde, Paul ouvre les yeux, répond au saint, et revient à la vie (4)
Palais Mattei — (à l'extrémité de la via di S. Caterina de* Funari), bâti par le duc Mattei sur les dessins de C. Maderne; c'est une des meilleures œuvres de cet architecte. Ou trouve dans la cour, dans l'escalier et dans le portique du premier étage des statues et des bas-reliefs antiques. Les salons, autrefois si riches en tableaux, ont perdu leurs plus belles toiles. Dans le premier salon, peint à fresque par le Pomerancio, on admire les portraits de Charles I et de Charles II d'Angleterre, par Van Dyck, et un saint Bonaventure, du Tintoret. Dans les salons suivants il y a de magnifiques fresques de Gaspard Celio, de J. Triga, de Grappelli, de Lanfranc, de Pierre de Cortooe, de l'Albane et du Dominiquiu, dont les sujets sont tirés de l'Ancien Testament.
Palais Odescalchi — (place des Saints-Apôtres, vis-à-vis de l'église de ce nom). Ce palais a été commencé par le Beniin et achevé par C. Maderne.
(4] Mgr Gaume, ouv. cité, t. III, p. 88. — Vita S. PhilippiNerii, aoct. Galiiono, p. 126.
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Palais Orsini ou Savelli — (dans la via Savelli^ près de la place Montanara), bâti par Peruzzi, sur les ruines du théâtre deTtfarcellus.
Palais Pamfili — (place Navone, à gauche de Téglise 4^ Sainte-Agnès), élevé par Innocent X, en 1650, sur les dessins de Rainaldi. La voftte de la galerie, peinte par P. de Cortone, représente les aventures d*£née. On trouve dans les autres appartements des fresques dues au pinceau de Romanelli et de Gaspard Poussin.
Palais Rospigliosi — (au Quirinai). Le cardinal Scipioa Borghèse fit bâtir ce palais sur les dessins de Ponzio Ftaminio. Il devint successivement la propriété du cardinal Bentivoglio et de Mazarin qui Tagrandit considérablement. Jusqu'en 1704, il servit de résidence à l'ambassade française; depuis cette époque, il appartient à la famille Rospigliosi. On admire dans le pavillon du jardin la fameuse Aurore du Guide. Apollon, sous la figure du Soleil, est assis sur un char, traîné par quatre chevaux de front et environné de sept Nymphes qui symbolisent les différentes heures du jour. L'Aurore répand des fleurs devant Apollon. La salle à droite renferme les tableaux suivants : Adam et Eve dans le paradis terrestre, par le Dominiquin; Samson ébranlant le temple, par L. Garrache ; un portrait, par Van Dyck. Dans la salle à gauche on voit le Christ et les douze apôtres, par Rubens; David victorieux de Goliath, par le Dominiquin; le Portement de la croix, par Daniel de Volterra ; les portraits d'André Sac^hi et de Poussin, par eux-mêmes; une Pietà, par Annibal Garrache; Adam et Eve, par J. Palma. On y voit encore les bustes de Sénèque et de Septime Sévère.
Le pavillon est ouvert le mercredi et le samedi de 10 à 3 h.
Palais Ruspoli — (au Gorso), bâti par les Rucellai sur les dfissins d'Ammannati. Le principal ornement de ce palais est un escalier de 115 marches en marbre blanc, construit par le cardinal Gaëtani, sur les dessins de M. Lunghi. Le café Nuovo est établi au rez-de-chaussée.
Palais Sacchetti — (dans la via Giidia). Ce palais fut bâti par Sangallo qui l'habita jusqu'à sa noort. Reconnaissant pour
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tous les bienfaits qu'il avait reçus de Paul III, qui le premier avait deviné son génie, il fit mettre sur les murs de sa nouvelle habitation, les armes de ce pontife avec l'inscription : Tu mihi quodcumque hoc rerum est.
Palais Sciarra — (place Sciarra au Corso), bâti en 1603, par Plaminio Ponzio. La galerie de tableaux, une des plus belles de Rome, n'est ouverte que le samedi, de 11 à 3 h. et comprend quatre salles.
I" Salle. 2. Ecce homo, du chev. d'Arpin. 3. Sainte Barbe, de Pierre de Cortoné. 4. La Sainte Vierge avec deux saints, de l'école du Pérugin. 5. Décollation de saint Jean-Baptiste, de Valentin. 10. Copie de la Transfiguration de Raphaël, par le même. 15. Rome triomphante, par le même. 9. Cléopatre, par Lanfranc. 11. Le sacrihce d'Abraham, par Gherardo délia Notte. 12. La Sainte Vierge avec l'Enfant Jésus, de J. Bellini. 13. La Sainte Famille, par Innocent d'Imola. 16. La Samaritaine, par Garofalo. 20. Madone, par le Titien. 23. Sainte Françoise, par Charles Veneziano.
11° Salle. 17 et 18. Deux tableaux du Lorrain, le lever et le coucher du soleil. Des paysages, de Salvator Rosa, de Paul Brill, de Jean Both, de Breughel et de l'Orrizonte.
III* Salle. 6. La Sainte Vierge avec l'Enfant Jésus^ saint François et saint Jérôme, par Francia. 9. Circé, par Garofalo.