SALON CHRETIEN
GraiBlo da ii« ou m* siècle ; Stalne du Bon-Pasteur, m* ^iécle;
Inserlplions grecques «t latines du ii«, ui« et IV* fiiéele ; Lampes ; lostrumenis de torture; Fioles; Paiera ayant probablement servi à fadministralion du saerrmeot de baptême.
VI verses fiKores d'airain grecques, romaines, étrusques.
Miroirs antiques.
Ill« SALLE.
Monnaies priBitivea.
•ri
Ile SALLE.
Peida. — Ipscriptions. — Instru-
l« SALLE.
Monuments funéraires païens : Inscriptions, vases, urnes, cippes, bas- reliefs et une mosaïque.
818 MUSÉE KIRCHEH.
La I"' salle est consacrée aux monuments funéraires des païens. Il y a là des inscriptions, des vases, des urnes, des cippes, quelques bas-rélieis et une mosaïque.
Dans la IP salle^ qui fait suite, on remarque un siège en bronze qui servait au culte de Bacchus. Aux deux côtes de l'escalier, se trouvent des armoires dont Tune renferme l'épée du connétable de Bourbon, l'autre, une collection curieuse de glandes missiles, avec des inscriptions diverses; l'une de ces inscriptions porte : escreis et me celas.
En montant l'escalier, on entre dans une III* salle, riche en antiquités. A droite, 11 y a d'abord une collection de miroirs antiques; puis un grand nombre de figures d'airain, d'origine grecque, romaine, étrusque; ce sont des dieux, des ornements en bronze, des caricatures même, etc. 11 y a de plus à noter quelques figures trouvées dans l'île de Sardaigne; une d'elles représente un soldat tout équipé et portant une brouette. Suit une collection de bronzes et de sceaux. Eu continuant le tour de la salle, on rencontre des animaux d'airain, divers objets provenant de cistes et servant à la toilette; des poids, dont un de deux livres, un autre de cinq, avec cette inscription : templ. opis. auc; des tablettes d'airain; une inscription; des instruments domestiques et militaires: des vases qui servaient dans les voyages et indiquaient l'itinéraire à suivre, de Cadix à Rome. Au-dessus des armoires on remarque aussi quelques mosaïques intéressantes. L'armoire, qui se trouve au milieu de cette salle, renferme la collection des monnaies primitives. Cette collection, la plus riche que l'on connaisse, comprend Vœs rtide (le bronze sans empreinte) et l'fiw signatum (le bronze avec empreinte) coulé et non battu, appelé communément œs grave. Derrière cette armoire se trouve, sous verre, une des plus grandes cistes ou corbeilles antiques; elle est remarquable surtout par les dessins d'une admirable beauté gravés sur le pourtour. Cest une épisode de l'histoire des Argonautes : leur descente à Bébrycie, où ils cherchent de l'eau ; Amycus vaincu par Pollux, attaché à un arbre et mis à mort. Le couvercle représente une chasse, et est surmonté de trois petites statues.
En quittant cette salle, on traverse un corridor où l'on rencontre quelques peintures antiques, des terres cuites, des briques anciennes avec les noms des fabricants, des bustes, des marques, une poutre de navire ancien, etc., etc. ; au fond, on remarquera un grand vase chrétien, portant en relief le Christ, les apôtres, la Sainte Vierge et l'Enfant Jésus.
LE GRAFFITO DU MUSÉE KIRGHER. 519
On entre ensuite à gauche dans le salon chrétien. Cest là
3ue Ton conserve le célèbre graffito dont le P. Garucci a onné Texplication dans la Civiltd cattolica.
Le H novembre 1856, un savant père jésuite, après avoir fait déblayer le terrain amoncelé pendant des siècles, au Palatin, trouva sur le mur d'une salle du palais des Césars une figure extrêmement curieuse. On y voit représentée une croix qui a la forme du tau des Grecs. Au-dessus de la croix et un peu éloigné du bois vertical, se trouve une petite pièce portant une planchette. A la croix est attaché on corps d'homme, surmonte d'une tête, qui doit être celle d'un onagre ou d'un âne sauvage. Il est à remarquer que la monstrueuse figure n'est pas privée de vêtements. A la droite de la croix, se trouve une figure humaine qui semble s'adresser à l'étrange image, élevant vers elle la main gauche, les doigts déployés. Enfin, à la gauche de la croix, est tracée la lettre T, et au bas de toute la composition se lit la légende : AXeHa/jievoç aeSeTs Ôewv « Alexamène adore Dieu. » Voici l'explication qu'on donne de cette caricature.
D'abord il est certain qu'il n'y a que la religion chrétienne qui adore Dieu crucifié; donc la gravure murale dont il s'agit, ne peut s'adresser qu'au christianisme, et, comme il est question ici d'une parodie, elle a évidemment pour objet le mystère de notre Rédemption. Voilà ce que représentent, jusqu'à démonstration du contraire, cette croix, ce crucifié et cette inscription où il est dit qu' Alexamène adore Dieu, Tout le monde, en efi'et, connaît les stupides accusations qui avaient cours parmi les païens au sujet du culte des hébreux et des chrétiens. Les juifs d'abord et ensuite les chrétiens étaient traduits devant la barre de l'opinion publique comme des adorateurs de têtes d'âne. Tertullien entre autres a dû répondre à cette étrange accusation : Somîiiastis, dit-il, caput a^ininum esse deum nostrum (Apol. c. xvi). « Vous avez rêvé qu'une tête d'âne était notre Dieu. » Peu d'années après Minu tins Félix s'occupe de cette même accusation. Nous en concluons donc qu'elle a dû être en circulation à la fin du IP et à l'entrée du IIP siècle. D'un autre côté Tertullien nous dit que les chrétiens ne manquaient pas à la cour de Septime Sévère. Ajoutons encore que la paléographie pas plus que l'orthographie ne s'opposent à l'explication si simple du P. Garucci. L'importance de ce gra/fîto est extrême ; il prouve en effet, 1** à quelles atroces calomnies les adversaires du christianisme ont eu recours dès le commencement de
!i20 MUSÉE KIRGHER.
TEglise; 2^ il est un témoignage très-satisfaisant en faveur du culte des images ; S^" il prouve que la divinité de Jésus- Christ était connue des païens et des chrétiens, avant Tapparition de l'hérésie arienne, et avant que saint Athanase eût pu propager ce dogme, comme l'affirment avec tant d'audace et d'aplomb certains ennemis de notre foi (1).
n faut remarquer ensuite une petite statue réprésentant le Bon Pasteur avec les bras étendus en forme de croix et soutenant une brebis placée sur les épaules. Cette statue, trouvée dans les catacombes, et qu'on croit du 11^ siècle, est un des rares spécimens de cette époque. Les inscriptions latines et grecques du II®, IIP et IV® siècle, qui sont placées dans le mur, sont choisies avec bonheur. Il y en a avec le poisson, avec le monogramme du Christ, avec la colombe, syoïboles connus ; il y en a deux sur lesquelles on lit la demande de prier pour les morts aûn qu'ils obtiennent le refrigerium, le rafraîchissement. Il y a des pierres sépulcrales qui ont des dessins allégoriques, l'arche de Noé, le Bon Pasteur, de> hommes ou des femmes en prière ; il y en a aussi qui indiquent par des figures l'art exercé par le défunt; ici, le> instruments d'un maçon, là, la table d'un fabricant de tapis. Sur une pierre, il n'y a que le dessin grossier des cinq pains et des deux poissons de l'Evangile ; sur une autre, unique peut-être, est représentée la parabole du semeur. Divers basreliefs, provenant des catacombes, représentent des faits connus des Ecritures.
Dans l'armoire du milieu, se trouve un grand nombre de lampes (lucemae) , dont trois sont en bronze ; on y voit d'ordinaire des monogrammes ; il y en a une où il y a de plus les tètes des douze Apôtres. On remarquera encore dans cette même armoire plusieurs petits poissons symboliques en ivoire ou en bronze. Les chrétiens les portaient jadis suspendus au cou ; on voit encore le trou par où passait le cordon.
N'oublions pas un petit instrument qui a servi à torturer les martyrs : c'est une espèce de peigne avec trois longues dents et quatre plus petites; une paiera d'airain ornée de dessins chrétiens, qui a servi probablement dans les cérémonies du baptême ; deux fioles en verre , trouvées dans les loculi des martyrs ; un coffre d'ivoire en style byzantin, où l'on voit en bas-relief l'histoire de David, et sur le couvercle.
(4) La Oviltà cattolica, n« CLXI, année 4857.
COLLÈGES DE ROME. SSl
le symbole du mariage chrétien. Il va sans dire que cette pièce n'est plus deTàge des catacombes, non plus que Timage, portrait du Sauveur en style byzantin, sculptée en ivoire, qui se trouve dans la même armoire, et qu'il convient de comparer avec celle qui est suspendue à la muraille.
Le Musée Kircher et l'Observatoire sont accessibles au public, tous les dimanches de 10 h. à midi. Les Për^ de la Compagnie font connaître les objets les plus remarquables avec une patience, une clarté et une affabilité dont ou ne saurait se montrer assez reconnaissant.
§ 2. Collèges. (1).
Le Gymnase romain (Ginnasio romano) près de Sainte-Mariedella-Pace. Ce collège public et gratuit est dirigé par la Congrégation des Etudes. Quatre-vingt-dix jeunes gens environ y suivent les cours de philosophie morale, de logique, de physique, d'algèbre et de géométrie.
Le Collège anglais (Collegio Inqlese) dans la via di Monserrato, a été fondé par Grégoire XÏII, en 1575. Il est destiné exclusivement à des sujets anglais et dirigé par des prêtres de cette nation. Dans ces derniers temps, il a compté au nombre de ses recteurs, feu le cardinal Wiseman, dont l'église d'Angleterre et le monde entier déplorent encore la perte. Il compte 20 élèves.
Le Collège Bandinelli, {Collegio Bandinelli) dans la via Giulia, près de Saint-Jean-des-]Florentins, fondé en 1678, reçoit les prêtres de la Toscane qui viennent à Rome pour se perfectionner dans les sciences ecclésiastiques.
Le Collège Gapraniga, sur la place de ce nom, fondé en 1458, admet gratuitement des jeunes gens qui désirent embrasser l'état ecclésiastique ; on peut en faire partie aussi en payant sa pension. Le nombre des élèves est de 53.
Le Collège Clbmentino (place Nicosia) est dû à Clément VIII
(4) La plupart des renseignements que nous donnons ici sur les établissements d'instruction publique de Rome, sont extraits de Tioféressant travail de M. Tabbé Postel : Borne dans sa vie intetteetuelle , dans sa vis charitable, dans ses instUtUions populaires, Paris, 4865. Noos les aTons complétés et modifiés quelquefois , pour les mettre en harmonie avec la Statistique offieisUe publiée à Rome, en janvier 4866.