HOSPICES DIVERS. 54S
vieillards sont réunies à Fhospice Saint-Michel ; elles se composent de 130 hommes et 90 femmes. On ne saurait assez y admirer Tordre, la propreté, les attentions délicates et presque respectueuses qu*on y témoigne à la vieillesse. Le régime se compose de dix-huit onces de pain, de quatre onces de viande, de légumes, d'un potage et d'une salade. Chaque pensionnaire reçoit en outre une demi bouteille de vin pur.
8. Maison de retraite pour les veuves. On compte à Rome une douzaine de maisons destinées à recueillir les femmes que la mort précoce de leur mari a laissées seules au monde. Ces douze refuges logent environ 120 femmes, qui, pendant le jour, vont travailler pour gagner leur pain.
9. Retraite pour les prêtres pauvres. La maison des prêtres pauvres a été fondée par Pie IX près du Ponte Sisto. On y admet tous les membres du clergé romain, lorsque la vieillesse ou l'infirmité leur a rendu le repos nécessaire. Les prêtres étrangers, après dix ans de séjour à Rome, acquièrent le même droit. Dans la même enceinte existe une innrmerie où tous les ecclésiastiques indistinctement peuvent se faire soigner pendant leur maladie.
10. Hôtelleries des ï>auvres. — 1. Refuge de sainte-Galla (via Montanara) destiné aux pauvres ouvriers, aux étrangers indigents qui n'ont pas d'abri pour y passer la nuit. Ils trouvent à Sainte-Galla un lit composé d'un sommier bourré de paille, de draps et de couvertures. Il y a cinq dortoirs comprenant 224 lits. On reçoit les pauvres en été jusqu'à huit heures et en hiver jusqu'à huit heures et demie. Voyez page 295. — 2. Refuge de Saint-Louis-de-Gonzague destiné aux femmes. Il contient une trentaine de lits {piazza S. Maria Maggiore),
11. Refuge des femmes pénitentes. — 1. Maison du Bon- Pasteur (via délia Lungara) fondée au XVIP siècle par un Carme romain, le Père Dominique. Cet établissement est destiné à recevoir les femmes tombées dans le vice, pour les réhabiliter par le repentir. Pie IX y a fait ajouter de nouvelles constructions et restaurer les anciens bâtiments. L'établissement comprend trois sections ; la première est celle des préservées, la seconde est celle des pénitentes volontaires, la troisième, due à l'initiative du Pape régnant, reçoit les femmes condamnées à la peine de six mois à vingt ans de réclusion. Ce refuge est admirablement tenu par les Sœurs du Bon-Pasteur, d'Angers. — 2. Refuge de la Sainte-Croix (piazza S. Maria in Trastevere), Il a une vingtaine de pensionnaires qui y vivent
fort retirées. Elles sont toujours libres de sortir pour se marier ou pour entrer en religion. Le nombre des pensionoaires est de.20. — 3. Refuge de Notre-Dame de Lorette (via di S. Giovanni inLaterano) ouvert, depuis 1825, par quelques dames romaines sous Tinspiration de la princesse Doria Pamphili. Gomme le précédent, il accueille les femmes qui sortent des hôpitaux, guéries de leurs honteuses maladies, sans être guéries du vice. Ses pensionnaires sont au nombre de 15 à 20.
12. Etablissement des sourds-muets près de la fontaine de Vacqua Felice. Le nombre des garçons s*élève à près de 50. Trois prêtres se vouent à Téducation de ces infortunés. Ih sont également chargés de l'instruction des muettes, à Fhospice de Sainte-Marie-des- Anges.
13. Colonie agricole de la Vigna Pia, sur la rive droite du Tibre, hors de la Porte Portèse. — Cet établissement, fondé par Pie IX, renferme 125 jeunes gens, qui, sous la direction de maîtres habiles, se forment à la théorie et à la pratique des meilleures méthodes agricoles.
/ § 4. Conservatoires.
Les conservatoires sont des maisons d*asile et de secoure destinées à recueillir les jeunes filles pauvres. On n'en compte pas moins de dix -neuf, en n'y comprenant pas les institution^ que nous avons déjà rencontrées à Sainte-Mariè-des-Aiiges f' à Saint-Michel pour les orphelines. Le but de tous ces éublissements est le même : ouvrir aux jeunes filles du peuple une retraite pour les jours dangereux de leur jeunesse, les préparer à la vie par une forte éducation chrétienne, par un»* instruction simple mais solide, et par Tapprentissage de> travaux de leur sexe.
1. Conservatoire Borromëe sur le mont Esquilin {piazzA S. Maria Maggiore), fondé par le cardinal Vitalien Borromée en faveur des jeunes filles pauvres. 0n y admet aussi celles qui sont souff'rantes afin de les soigner (40 pensionnaires).
2. Conservatoire delle Camerali (via délie Fomace^ dans la grande rue qui, des Quatre-Fontaines, conduit à Sainte- Marie-Majeure) créé sous le pontificat de Pie VI et doté par lui. Il est destiné aux orphelines des employés de la Chambn' apostolique. En 1850 Pie IX en a confié la direction aux Dames du Sacré-Cœur, de Bergame (^5 pensionnaires).
3. Conservatoire de Sainte-Catherine de' Funari (via de' FunariJ, fondé par saint Philippe de Néri et saint Ignace de Loyola, afin d'enlever à une séduction à peu près inévitable les filles de femmes de mauvaise vie. Le nombre des élèves ne dépasse pas 20. Et même, toutes ne sont pas tirées de la triste position qu'avaient en vue saint Philippe et saint Ignace. Il y a des orphelines gratuites et des pensionnaires payantes. Les orphelines, élevées avec soin, sont considérées comme les filles de la maison, et, dès qu'elles se marient, on leur assure à chacune une dot de 50 écus (269 francs).
4. Conservatoire des Saints-Clément-et-Crescentinus (dans le quartier de la Regola, via délie Zoccolette), fondé par Innocent XII. Il est destiné aux jeunes orphelines, qui y sont reçues entre 7 et H ans. C'est principalement aux travaux du ménage qu'on occupe ces enfants. Elle sont au nombre de 45.
5. Conservatoire de la princesse Thérèse Doria Pamphili, dans l'ancien Ospicio Lauretano {Stradone di S. Giovanni in. Laterano). Ce conservatoire reçoit de pauvres filles abandonnées, depuis l'âge de 12 ans jusqu'à l'âge de 15. Leur nombre s'élève déjà à 130. Elles sont placées sous la direction des Sœurs du Bon-Pasteur.
6. Conservatoire des Soeurs de la Compassion (dans la rue degl' Ibemesi,2i\x quartier des Monts). Cet établissement reçoit des orphelines moyennant une très-faible rétribution. (54 pensionnaires). Il prend, en outre, des dames de tout âge qui désirent vivre dans la retraite et dans la piété, sans pour cela faire des vœux ni revêtir l'habit d'un ordre. Il admet encore les servantes honnêtes et sans place, jusqu'à ce qu'elles aient pu se pourvoir.
7. Conservatoire de Sainte-Euphémie. En 1595, les cardinaux Rusticucci et Baronius prirent à leur charge un certain nombre de pauvres petites filles qu'un homme de bien, Léonard Céruso, avait recueillies dans le but de les soustraire aux dangers de la pauvreté. Les papes Urbain VIII et Pie VI favorisèrent la charitable pensée de ces hommes de bien. L'établissement compte 28 élèves, plus des externes pour l'école.
8. Conservatoire de l'Immaculée Conception, dans le Trastevere, dirigé depuis 1856 par les Sœurs de la Providence, et fondé en 1832 en faveur des filles pauvres. Il y en a 70 entretenues soit par une petite pension des parents, qui peuvent la payer, soit par la Commission des Orphelins du choléra qui en a pris 18 à sa charge.
9. Conservatoire de Sainte-Marie, près des Quattro Fantane dans le couvent de Saint-Denis. Une trentaine d*enfants y demeurent actuellement, au prix d'une modique pension, et on fait en outre l'école à 20 externes.
40. Conservatoire des Mendiantes (via del Colosseo)^ près du Golisée. 90 jeunes filles y sont admises, de celles qui seraient jetées dans la rue pour mendier; on les occupe à travailler le coton et la laine pour leur propre compte. Tout Targeni qu'elles en retirent est pour elles, à l'exception du prix de leur vêtement, qu'on retient sur leur travail. Le pape Pie VI fut leur constant bienfaiteur.
11. Conservatoire des Néophytes, {piazza ScossaCavalli). Rome est la ville sainte où les àmes reviennent à Dieu et se convertissent. Les riches ne trouvent qu'une immense consolation dans leur retour à la vérité religieuse; mais les pauvres, de combien de sacrifices ne doivent-ils pas payer celte grâce que le Seigneur leur fait? Emu de leur situation, Grégoire XIII érigea pour cette classe d'hommes un collège eu 1877. Peu après. Innocent XI fonda un établissement semblable pour les femmes catéchumènes ou néophytes. On reçoit dans l'un ou dans l'autre établissement suivant leur sext les personnes qui, n'ayant pas eu le bonheur d'être baptisées, aspirent à recevoir ce premier sacrement. Après leur baptême, les hommes sont congédiés, mais on garde les femmes qui le souhaitent, afin qu'elles ne viennent point à manquer d'asile et à courir d'inévitables dangers. Pie IX a adjoint à cet établissement une école pour les enfants pauyres du quartier qui s'y rendent actuellement au nombre de 200.
12. Conservatoire du Refuge uni actuellement à celui de Sainte-Dorothée au Janicule, près de Saint-Onuphre. Il a été fondé par un simple prêtre, Alexandre Bassi, en faveur des orphelines pauvres de 13 à 20 ans.
13. Conservatoire Torlonia (non loin de Saint-Onuphre au Janicule via salita di S. Onofrio) fondé en 1841 par le commandeur Charles Torlonia et développé par son frère le prince Torlonia. Il est confié aux Sœurs de Charité. 60 jeunes fille^ y sont admises, et, leur éducation terminée, elles reçoivent une dot qui leur permet de s'établir convenablement. Une école gratuite, dans une salle spéciale, distribue l'enseignement quotidien à 200 petites filles. Les sœurs visitent encore les malades indigents de quatre paroisses, et fournissent aux frais du prince Torlonia des médicaments, de la viande, du bouillon. La même maison renferme un hôpital pour les pau-
vres affectés de maladies des yeux, sous la surveillance d'un habile oculiste, qui donne, à 10 heures, chaque jour, ses consultations à tout venant, étranger, romain, riche, j^auvre, protestant, catholique ou turc. Enfin le prince'y a créé un asile pour 15 femmes âgées, afiligées de maladies chroniques.
14. Conservatoire Pallotta ou pieuse maison de la Charité, rue du Bourg-Sainte-Agathe. Cet asile fut ouvert en 1836, par le vénérable Pallotta dans un collège supprimé que Grégoire XVI avait donné à ce serviteur de Dieu. On y compte actuellement 80 pensionnaires. En dehors des études élémentaires, on fabrique des tissus de lin et de coton, des couvertures et de la lingerie de toute sorte.
15. Conservatoire Pie (via délie Fomace) fondé par Pie VI sur le mont Janicule en faveur des filles pauvres appartenant à des familles connues et honnêtes. 'Les enfants ne quittent le conservatoire que pour entrer en religion ou en ménage. Le voisinage de la Fontaine Pauline a donné l'heureuse idée d'y établir des métiers pour la laine et le drap, qui, entre les mains de cette intéressante colonie, produisent des résultats pécuniaires très-utiles, tout en favorisant le commerce du pays.
16. Conservatoire des Pericolanti ou des filles en danger, (via délie Fomace). A la fin du siècle dernier, un simple prêtre Joseph Barlari, et un humble laïque, François Cervetti s'unirent pour arracher aux pièges du monde les pauvres petites filles vaguant dans les rues, sur les chemins, privées de leurs parents et de toute direction. Pie VI acheta pour elles le palais Vitelleschi où les orphelines furent installées. Elles s'y occupent du travail de la soie. Les marchands de la ville en fournissent la matière, des machines ont été achetées, et 46 pauvres enfants trouvent ici l'instruction, la sécurité et l'abondance.
17. Conservatoire des Projette ou des abandonnées, près de l'hôpital du Saint-Esprit. On y a réuni les jeunes filles qui ont appartenu à l'hospice des Enfants trouvés. Elles ont soin du linge de ce vaste hôpital, et joignent à cette occupation celle des étoffés de laine et de soie, et même des tissus d'or et d'argent. Si elles ne trouvent point à se marier, elles sont libres de rester là toute leur vie; au cas contraire, on leur assure une dot de S35 francs. La maison des Projette possède actuellement 284 pensionnaires; elle est dirigée par les Sœurs de Saint- Vincent de Paul.