‹ Rome & ses monumentsChapitre 361 sur 384 · OSTIE. I>S · texte numérisé non relu

OSTIE. I>S

les dessins de Baccio Pintelli, elle n*offlre au voyageur rien de très intéressant. C'est plutôt la ville ancienne qu'il nous faut visiter, l'ancienne Ostie, qui ne comptait pas moins de 80,000 habitants et qui était le Havre de la grande Rome. Pie IX marchant sur les traces de son glorieux prédécesseur Pie VI, a donné une grande impulsion aux travaux de déblaiement de cette cite antique. Jusqu'à présent on a découvert une rue partant des portes de la ville ot bordée de chaque côté de tombeaux, quelques autres rues en deçà de cette porte, une place, un forum, un temple et un théâtre. Le temple, que l'on croît avoir été dédié à Jupiter, montre encore dans sa cella l'autel de' la divinité; on rapporte ce monument à l'époque d'Adrien. Le théâtre n'a plus conservé que les murailles de son enceinte et quelques sièges. Les autres ruines sont d'antiques constructions, peut-être les restes de I'entrepôt élevé par Septime Sévère. A l'extérieur de la ville, dans les rues qui aboutissent à la Via Romana on a retrouvé des restes de thermes, remarquables par les statues qu'ils recelaient et les pavés en mosaïque qui s'y rencontraient en grand nombre. Non loin de là, on a découvert un temple dédié au dieu Mithra, divinité orientale dont le culte avait pris beaucoup d'extension à Rome dans. les derniers temps de l'empire. Tels senties résultats déjà obtenus par ces modestes savants de Rome, qui s'en vont fouiller avec tant d'abnégation et de patience le vieux port de mer d'Ostie.

Pour nous catholiques, Ostie rappelle autre chose que le temple de Jupiter ou de Mithra, que l'entrepôt de Septime Sévère, que le théâtre ou les thermes élevés par un nouvel Agrippa. Pour nous, Ostie est la ville qui vit s'éteindre pieusement la mère de notre grand Augustin. Nous demandons la permission de citer ici quelques lignes que nous trouvons dans l'admirable Rome chrétienne de feu Mgr Gerbet. Elles suffiront à notre piété et nous rendront doublement cher le séjour de la dernière ville pontificale que nous venons de décrire : « C'était au printemps de l'an 387 que quelques voya- » geurs arrivèrent au port de mer d'Ostie , près de Tembou- » chure du Tibre, pour y attendre un vaisseau qui pût les » mener à la côte d'Afrique, d'où ils allaient à Tagaste. Ces » voyageurs étaient Augustin, qui devint ensuite le saint évê- » que d'Hippone, Monique, sa mère, son frère Alypius, son » fils Adéodat, et ses deux amis Evode et Philippe. Pendant » leur séjour à Ostie, Monique tomba malade. Une fièvre sur- » vint et le quinzième jour elle expira. Peu d'instants avant » sa mort, elle entendit de son lit Alypius exprimant à Au-

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» gustia son affliction de ce que sa mère mourait sur une » terre étrangère et allait être ensevelie parmi les étrangers. » Elle l'arrêta par un regard mécontent et leur dit : — Met- » tez ce corps en un lieu quelconque et ne vous en embar- » rassez pas. Mais il y a une chose que je vous demande, » c'est que partout où vous serez vous vous souveniez de moi t> à Tautel du Seigneur. »

Sainte Monique mourut dans la cinquante-sixième année de son âge. Ce fut Augustin qui ferma les yeux à sa mère. Le corps fut d'abord porté à l'église d'Ostie, puis enterré. Plus tard ces saintes reliques furent transportées à Rome, où nous les avons trouvées dans l'église de Saint-Augustin, près de la place Navone.

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