‹ Rome souterraine (volume 2)Chapitre 170 sur 247 · Boldetti, 1. I · texte numérisé non relu

Boldetti, 1. I

Jes diverses circonstances du martyre de saint Hippolyte^ On ne trouve dans les anciens monuments chrétiens aucune image originale de Jésus-Christ, de sa sainte mère et des saints. Selon Raoul-Rochette % il n'existait pas dans les premiers siècles de TEglise de type fixe et consacré d'après lequel l'art pût reproduire ces figures vénérées. Peut-être inexacte en ce qui concerne saint Pierre et saint Paul, cette assertion paraît vraie en principe, si nous en jugeons par ce qui reste des peintures des catacombes.

Notre-Seigneur n'y est représenté que sous la figure du Bon Pasteur, ou dans l'accomplissement de quelqu'un de ses miracles, ou encore assis au milieu de ses apôtres^. Il a le plus souvent la figure d'un homme jeune et sans barbe; il tient ordinairement dans sa main la verge du commandement : rien ne le distingue du reste des enfants des hommes. Une seule fois il est peint en buste dans un médaillon occupant le centre d'un ciiblculum du cimetière des saints Nérée et Achillée (le même cubiculum dans lequel est l'image d'Orphée avec sa lyre). Cette peinture, dont on a beaucoup exagéré l'importance et l'antiquité, n'a aucun des caractères individuels d'un portrait : elle offre un exemple assez vague des traits sous lesquels l'art moderne représente habituellement le Christ.

Eusèbe parle d'anciens portraits de Jésus -Christ et des apôtres: saint Augustin, saint Basile y font également allusion*. Aucun de ces précieux monuments n'est venu jusqu'à nous. Dans les catacombes nous ne rencontrons aucune image authentique, ni même aucun type conven-

I. A la fin du IV^ siècle, Astérius, évéque d'Amasée, vit suspendus au-dessus du tombeau de sainte Euphémie, à Chalcëdoine, des voiles de lin sur lesquels son martyre était représenté. — BulUuino di arch. crist.y 1871, p. 61.

a. Tahleau des Catacombes , p. 163.

3. La seule ancienne peinture de son baptême est celle que nous avons publiée page 270, fig. 15. Le même sujet est représenté dans une fresque du cimetière de Pontien , mais elle remonte au vir ou y III* siècle.

4. Euseb., Hist. eccl.y II, 25'; VII, 18. S. Aug., de Consens. ^ Ev.j

rionnel du Christ. Les portraits de saint Pierre et de saint Paul ont seuls quelques caractères immuables, par conséquent individuels. Les saints sont ordinairement représentés tous dans la même attitude, priant les bras étendus en croix * : la raison de cette attitude si expressive, parfois si grandiose, est donnée par de nombreuses inscriptions, qui parlent des saints comme jouissant en Dieu de la vie éternelle, et expriment la confiance des survivants dans l'efficacité de leurs prières.

Parmi les figures si fréquemment reproduites de personnages en prière, orantes^ on trouve souvent l'image d'une femme, quelquefois debout aux côtés du Bon Pasteur, en qui nous reconnaissons volontiers, avec M. de Rossi, soit la vierge Marie, soit l'Eglise, l'épouse du Christ, qui prie sans cesse sur la terre comme Marie prie dans le ciel. Ces deux interprétations d'une même figure ne s'excluent pas nécessairement l'une l'autre. Au contraire, elles peuvent s'être présentées ensemble à la pensée de l'artiste, car l'ancienne littérature chrétienne se plaît à établir les rapports figuratifs les plus étroits entre Marie et l'Eglise. Saint Ambroise le dit expressément : Multa in figura Ecclesiœ de Maria prophctata sunt Le pape Sixte III (435) fit placer dans l'abside de la basilique de Latran une inscription en mosaïque qui célèbre la inaternité virginale de l'Eglise. Longtemps avant Ambroise et Sixte III, l'Eglise de Lyon, dans la célèbre lettre écrite en l'honneur de ses martyrs, donne à l'Eglise universelle le nom de « Vierge mère, » et l'appelle ainsi sans commentaire, comme si le rapprochement implicitement contenu dans ce titre était connu et compris de tous.

On a prétendu que la ûgmQorante représente toujours '

lib. I, c. x. S. Basil., Ep. CCCLX ad Julian. T trtulL^ de Pudic.^ c. 10. S. Hieronym., In Joann.^ IV. — Voir aussi Macarius, Hagioglyptaj II.

1. TertulL, Jpolog.^ c. 30. De Orac^ c. 14, 17. Ad Nation. j I, 12. — Prudent., Perisieph., VI, 103.

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