Bosio, Roma sotterranea. p
nous a conservé une fresque du cimetière de Calliste qui ressemble beaucoup à celle que nous étudions en ce moment: seulement, dans celle-là, l'étoile ne paraît pas, mais derrière la Vierge et l'enfant on voit en perspective quelques édifices, l'image d'une ville, Bethléem sans doute, si souvent représentée dans les bas-reliefs et les mosaïques d'époque plus récente. M. de Rossi considère la Vierge du cimetière de Priscille comme ayant été peinte sinon dans l'âge apostolique et, pour ainsi dire, sous les yeux des apôtres euxmêmes, au moins dans les cent cinquante premières années de l'ère chrétienne. Il nous invite à comparer le dessin, le modelé % le style général de cette peinture, d'une part avec les décorations des célèbres tombes païennes découvertes en 1858 sur la voie Latine et attribuées par tous les antiquaires au temps des Antonins, d'autre part avec les fresques des cubiciila qui avoisinent la crypte papale, et remontent au commencement du iii^ siècle (nous les étudierons dans le chapitre suivant) : l'immense supériorité de notre fresque sur ces dernières, sa ressemblance, comme exécution et comme style, avec les premières, ne permet pas de la placer, à moins d'une dérogation sans exemple à toutes les règles de l'analogie en matière d'histoire et d'art^ à une date sensiblement différente de celle indiquée par M. de Rossi. Il prouve de plus — et nous l'avons établi plus haut - — que la catacombe dans laquelle se voit encore cette image de la Vierge est une des plus anciennes qui aient été creusées, sainte Priscille, dont elle a conservé le nom, étant la mère de Pudens, et par conséquent la contemporaine des apôtres : il est même probable, comme l'ont pensé Bosio et d'autres archéologues, que les tombeaux de sainte Pudentienne, de sainte Praxède, et sans doute aussi de leur père saint Pudens, étaient dans le voisinage immédiat de la chapelle dans laquelle est peinte la Madone. Enhn, les inscriptions trou-
1 . « Quant au modelé, il est d'une telle souplesse, d'une telle suavité, que, sans offenser Corrége, on lui en pourrait faire honneur, m Vitet, Journal des Savants^ février 1866, p. 96.