Isaïe, xxn
ORIGINE DES C AT ACOxMBES. 79
double caverne de Mainbré dans laquelle Abraham acheta le lieu de sa sépulture ^. Pour les chrétiens, la tradition était plus proche et plus sainte encore ; et ils voyaient sans doute le modèle de leurs tombeaux dans ce sépulcre neuf taillé dans la pierre, où Joseph d'Arimathie déposa le corps de Jésus ^. Pour être rigoureusement exact, il faut dire que les chrétiens n imitèrent pas en tout la tombe du Sauveur. Comme dans tous les tombeaux de la Palestine, la chambre sépulcrale était close hermétiquement par cette grande pierre dont parle le récit évangélique, tandis que le corps de Jésus reposait à découvert dans un arcosoliiim '^ . Dans les catacombes chrétiennes, au contraire, lieu de réunion en même temps que de sépulture, l'entrée du cimetière resta toujours ouverte et chaque tombeau fut fermé ^.
Il n'est pas douteux que les chrétiens rejetèrent entièrement l'usage païen de brûler les cadavres, et qu'ils le considérèrent de tout temps comme un sacrilège, comme un mode peu conforme à leurs idées sur la résurrection des corps, et à la tradition historique que leur avait léguée le sépulcre de Jésus-Christ, a Ils exècrent les bûchers et condamnent la mise en cendres des cadavres, » dit Minucius Félix. (( Nous enterrons nos morts, dit-il plus loin, selon la coutume des anciens et des meilleurs^. » Aussi n'a-t-on découvert, sur aucune urne cinéraire ni dans aucun colombaire païen, une inscription chrétienne ou un signe quelconque de christianisme. Vainement on prétendrait que quelques chrétiens suivirent encore l'usage antique, parce que sur un certain nombre d'inscriptions chrétiennes on voit le sigle usité par les païens, D. M., dis manibiis. D'une part, les pierres tombales qui le portent ont servi, pour la plupart, à boucher des loculi de catacombes, ou à