LES CATACOMBES PENDANT LES DEUX PREMIERS SIECLES
Sommaire. — Origine apostolique de plusieurs catacombes. — La crypte papale du Vatican. — Cimetière de Saint-Paul sur la via Ostiensis, — de Sainte-Priscille sur la via Salaria, — d'Ostrianus, ou Fons Pétri, sur la via Nomentana.
— de Sainte-Domitille, a Tor Marancia, sur la via Ardeatina. — Description détaillée de ce cimetière. — Monument d'un membre ou d'un ami de la famiille Flavia. — Vestibule. — Triclinium ou Schola. — Logement du gardien. — L'ambulacre primitif. — Peintures murales remontant au premier siècle. — Conclusion de l'examen des cimetières apostoliques : leurs caractères généraux. — Cimetières appartenant au ii^ siècle. — Cimetière de Prétextât, sur la via Appia. — Chapelle de Saint-Janvier. — Ses peintures murales. — Invocation écrite autour d'une tombe. — Inscription damasienne.
— Découverte, en 1870, d'une autre crypte, celle probablement des martyrs Felicissimus et Agapitus. — Souscription faite en Angleterre pour aider les fouilles du cimetière de Prétextât. — Cimetière de Saint-Alexandre, sur la via Nomentana.
L'histoire des catacombes existait à peine avant les travaux de M= de Rossi. Bosio et les archéologues qui, après lui, s'étaient occupés des cimetières primitifs avaient rassemblé et mis au jour un grand nombre de matériaux; il restait à les classer, à les éclairer par la comparaison avec les textes, à les compléter par de nouvelles découvertes dirigées d'après une méthode plus scientifique, et à tirer une histoire de ce qui n'était encore qu'une collection de documents. M. de Rossi l'a fait, et aujourd'hui les fon-
déments de la science des catacombes sont posés. Nous pouvons, après lui, dessiner avec assurance les lignes principales d'une histoire chronologique de Rome souterraine : le cadre est désormais tracé, les découvertes futures n'auront guère qu'à le remplir.
La critique regrettera toujours la destruction de la plupart des textes contemporains des premières catacombes. La dixième persécution, celle de Dioclétien, fut si terrible, que les archives presque entières de l'Eglise romaine y périrent. Cette lacune ne sera jamais comblée, et, par elle, bien des faits nous échapperont toujours; mais, à l'aide des matériaux que nous avons précédemment énumérés% et à l'aide des monuments qui chaque jour sortent de terre, il est encore possible de reconstruire l'histoire de la primitive Eglise, et, dans cette histoire, le chapitre important qui nous occupe, celui des cimetières chrétiens de l'âge apostolique.
Existe-t-il dans quelqu'une des catacombes aujourd'hui connues des vestiges d'une origine aussi reculée? La tradition l'affirme et la science est en mesure de le démontrer, a Dans les cimetières auxquels l'histoire assigne une origine apostolique, je découvre, dit M. de Rossi% à la lumière de la critique la plus exacte, le berceau de l'architecture sépulcrale chrétienne, de l'art chrétien primitif, de l'épigraphie chrétienne. Je trouve dans ces cimetières la sépulture de plusieurs contemporains des Flaviens et de Trajan, et par conséquent la date certaine de l'âge apostolique. » Les cimetières auxquels s'appliquent ces paroles sont les suivants : sur la voie Cornelia, celni de Saint-Pierre au Vatican ; sur la voie d'Ostie, celui de Saint-Paul; sur la voie Salaria, celui de Sainte-Priscille; sur la même voie, celui d'Ostrianus; sur la voie Ardéatine, celui de Sainte-Domitille.
Parmi les cimetières que la tradition fait remonter aux