‹ Rome souterraine (volume 2)Chapitre 65 sur 247 · Bianchini, Anast. Vit. Pont.^ II · texte numérisé non relu

Bianchini, Anast. Vit. Pont.^ II

2. (( Nunc autem septem diaconos esse oportet et aliquantos presbytères, ut bini siat per ecclesias. » — Ambros. (Hilar.), in I Tim., m.

3. Ep. i8. — Félix qui presbyterium submiiiistrabat sub Decimo.

appartient au cimetière de Domitille, où elle a été trouvée en 1821 :

ALEXIVS ET CAPRIOLA FECERVNT SE VIVI JVSSV ARCHELAI ET DVLCITI PRESB.

Le mot jussu s'employait, dans le langage officiel du iii^etdu iv*" siècle, pour signifier soit un ordre soit une autorisation : jussu dominorum nostrorum .jussuproconsulis, Qtc. Il indique évidemment ici la juridiction exercée par les prêtres Archelaiis et Dulcitus sur le cimetière de Domitille, et l'inscription entière confirme merveilleusement ce que nous avons dit de l'existence, au m'' siècle, de deux prêtres attachés à chaque titulus et ayant en même temps juridiction sur le cimetière en dépendant. L'inscription suivante est celle de ce diacre Severus dont nous avons parlé plus haut, à l'occasion des travaux faits dans le cimetière de Calliste; elle prouve une fois de plus ce fait aujourd'hui certain, que le cimetière de Calliste, par exception, demeura sous la juridiction immédiate des papes, depuis Zéphyrin, et fut gouverné, sous eux, par leur premier diacre ou archidiacre : ici, en effet, c'est ce premier diacre qui y bâtit pour soi et les siens une double chambre sépulcrale, et qui reçoit l'autorisation de le faire du pape lui-même, et non d'un prêtre :

CVBICVLVM DVPLEX CVM ARCOSOLIIS ET LVMINARE IVSSV PAPiB SVI MARCELLINI DIACONVS ISTE SEVERVS FECIT MANSIONEM IN PAGE QVIETAM SIBI SVISQVE.,.

Il serait aisé de pousser plus loin ce sujet, et de montrer qu'au v^ et au vi^ siècle chaque cimetière suburbain dépendait d'une paroisse de Rome. Mais, pour ces époques, les documents abondent ; pour celle que nous venons de parcourir, au contraire, ils sont rares, souvent confus, et demandent, pour être mis en œuvre, les secours de l'archéologie, cette induction patiente et sûre qui rend leur valeur

aux moindres fragments, sait les rapprocher et les rejoindre. L'archéologue, en effet, ressemble au professeur d'anatomie comparée, qui reconstruit, à la seule inspection de quelques ossements trouvés dans les entrailles de la terre, l'animal disparu auquel ils appartinrent. Tandis que l'historien travaille sur des documents déjà connus, et le plus souvent intacts, l'archéologue, au contraire, est obligé de recomposer en quelque sorte les documents sur lequels il s'appuiera : son premier travail est de créer les matériaux qu'il doit employer, d'interroger chaque fragment, de classer chaque débris , et de reconstituer ainsi non-seulement l'histoire des siècles écoulés, mais encore les sources mêmes de cette histoire.

C'est par un travail de cette nature que M. de Rossi est venu à bout de retrouver l'histoire continue des catacombes romaines pendant les siècles de persécution, de reconstituer le système d'administration ecclésiastique appliqué pendant le III'' siècle à la ville de Rome, à ses paroisses et à ses cimetières, de retrouver même le nombre et les fonctions diverses des prêtres et des diacres qui composaient à cette époque le clergé romain. Cette histoire n'avait jamais été écrite ; elle n'a pu l'être qu'en rapprochant et en combinant des textes et des documents jusque-là négligés ou restés inconnus. Quelques lecteurs penseront peut-être que les matériaux dont nous disposons sont trop rares, trop clair-semés pour qu'il soit encore possible de conclure avec certitude. M. de Rossi reconnaît que les faits sur lesquels il s'appuie, pris isolément, ne laissent pas voir toute leur valeur, et ne s'éclairent tout à fait que par la comparaison : mais il fait justement ressortir l'étonnante harmonie qu'il a pu établir entre des faits et des documents différents les uns des autres, appartenant à des époques diverses, concordant tous cependant sur les points essentiels, et venant confirmer, par leurs lignes générales comme par leurs détails, l'ensemble des théories qu'il propose. Les vies des papes, compilées au vi^ et au VII® siècle ; le livre des Philosophumena, cruel et injuste pamphlet dirigé contre un pape du iii^ siècle,

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