I. Eusèbe, Hist. eccLj V, i
pas longtemps si Ton veut se souvenir de ce qui a été dit au chapitre précédent sur l'existence de deux Urbain, l'un évêque de Rome, l'autre évêque de quelque siège étranger, l'un pape et confesseur, enterré à Saint- Calliste, l'autre mort martyr et inhumé à Prétextât. Il est probable que l'évêque Urbain se trouvait à Rome au temps du pape Éleuthère, contemporain de Marc-Aurèle, e't, pendant la persécution, remplissait pour ce pontife quelques-unes des fonctions épiscopales, comme firent à Carthage les évêques Caldonius et Ercolanus, remplaçant pendant quelque temps saint Cyprien* : il aurait été ainsi mis en rapport avec la vierge Cécile, et aurait joué dans son histoire le rôle touchant que rapportent les actes. L'auteur des actes, trouvant dans la tradition ou dans les anciens documents sur lesquels il travaillait le souvenir d'un Urbain, en fit naturellement le pape de ce nom, et, par un anachronisme, suite iné\'itable de cette première confusion, raconta que sainte Cécile, honorée d'un privilège dû à son rang, à sa vertu et à son courage, fut enterrée par saint Urbain dans le lieu le plus vénéré du cimetière de Calliste, « entre les évêques ses collègues, » înter collegas suos episcopos.
Maintenant que toutes les dates sont rectifiées, nous savons, au contraire, que sainte Cécile fut enterrée dans ce qui de\int plus tard le cimetière de Calliste, bien avant qu'aucune partie de ce cimetière appartînt officiellement à l'Église, bien avant,' par conséquent, qu'on eût commencé à y établir la sépulture collégiale des papes. La martyre reposait depuis quelques années dans l'hypogée de sa famille quand, sans doute vers la fin du ii* siècle (on trouve plusieurs épitaphes de Caecilii chrétiens appartenant à cette époque), celle-ci fit don à l'Église du cimetière qu'elle possédait sur la voie Appienne, et de vastes terrains adjacents. Le pape Zéphyrin en confia l'administration au diacre Calliste, et le cimetière des Caecilii, agrandi comme