Roma sottcrranea, t. II, tav. XXXIX, n
les fresques du iv* siècle, comme ornement des draperies et des vêtements des personnages : elle est formée de la combinaison de quatre r réunis. La même figure était connue des Persans et des Indiens ; des critiques modernes en ont conclu la parenté étroite du christianisme avec les religions orientales, particulièrement avec le bouddhisme*. M. Je Rossi a démontré sans peine que la croix gammée (c'est le nom donné à cette combinaison de quatre gamma) ne paraît dans les peintures des catacombes qu*à une époque relativement récente, et n'est qu'une des plus tardives manifestations du culte de la croix*. Elle n'est pas d'origine chrétienne, elle a été empruntée, comme le T, à une source étrangère, et a servi quelque temps à voiler la véritable image de la croix.
De même, la forme ^ n'est qu'une légère modification du P grec; la ligne transversale se retrouve sur d'anciennes inscriptions grecques et sur quelques médailles d'Hérode le Grand. Cette forme du Rho fut adoptée par les chrétiens, comme l'avait été la croix gammée, et remplaça le monogramme originaire que Constantin avait commandé à ses soldats d'inscrire sur leurs boucliers *. Même après la paix de l'Église, la croix ne parut pas de suite dans sa nudité sévère. La croix latine ne se montre sans voile en Italie qu'à partir du v« siècle; en Afrique elle paraît plus tôt. En Gaule, on ne la voit pas dans les épitaphes avant le vi* siècle. A partir de cette époque elle est partout en usage. Une ou deux fois, on trouve sur des tombeaux des catacombes un monogramme formé par la combinaison du ►?• et de la lettre N, sans doute un abrégé des mots XPICTOC NIKA, le Christ est vainqueur : cette forme