‹ Rome souterraine (volume 3)Chapitre 15 sur 228 · I. Roma sotterranea^ t. I, 2* partie, p · texte numérisé non relu

I. Roma sotterranea^ t. I, 2* partie, p

ORIGINE DES CATACOMBES. jj

Les galeries des catacombes ont généralement de deux à quatre pieds de largeur, et leur hauteur varie selon la nature du sol dans lequel elles sont creusées. Les parois, des deux côtés, sont percées de niches horizontales, que l'on peut comparer aux rayons d'une bibliothèque ou aux hamacs superposés d'une cabine de navire. Chaque niche était destinée k recevoir un ou plusieurs corps. De place en place cette suite de niches est coupée par une porte, qui donne accès dans une petite chambre ; les murs de ces

chambres sont ordinairement percés de tombeaux, comme les galeries.

Tels étaient, tels sont encore les premiers cimetières chrétiens de Rome. Leur origine date des temps apostoliques, et quoique, à partir de l'année 313, l'usage des cimetières sub dio l'ait emporté, on ne cessa tout à fait d'y

enterrer que vers 410, date de la prise de Rome par Alaric. Au III® siècle TÉglise de Rome possédait vingt-cinq ou vingt-six cimetières souterrains : chacun d'eux correspondait à un titre ou paroisse de la ville. Outre ces grands cimetières, on en connaît vingt autres de petites dimensions, composés de quelques galeries auxquelles la tombe d'un martyr servait de centre, ou consacrés à la sépulture d'une famille.

Les cimetières chrétiens furent à l'origine des propriétés privées; plus tard seulement ils eurent pour propriétaire l'Église elle-même. Les premières catacombes ont été creusées dans les jardins ou les villas de riches Romains qui avaient embrassé la foi du Christ et consacré leur fortune à son service. Les plus anciennes portent encore le nom du propriétaire sous le terrain duquel elles s'étendaient : ainsi la crypte de Lucine, qui vivait du temps des apôtres, et les cimetières d'autres Lucines, qui vécurent dans les deux siècles suivants ; le cimetière de Priscille, également contemporaine des apôtres ; celui de Flavia Domitilla, nièce de Vespasien; de Commodilla, propriétaire d'un tçrrain sur la voie d'Ostie ; de Prétextât, qui avait consacré à la sépulture des chrétiens un vaste emplacement sur la voie Appienne ; de Pontien, dont le domaine était sur la voie Portuensis ; les trois cimetières des Jordani , de Maximus , de Trason , situés sur la voie Salaria Nova. D'autres catacombes ont gardé le nom des membres du clergé qui en eurent l'administration : ainsi la célèbre catacombe de Saint-Calliste sur la voie Appienne. et celle de Saint-Marc sur la voie Ardéatine. D'autres prirent, soit immédiatement, soit après la paix de l'Église, le nom des principaux martyrs dont elles abritaient le tombeau ; celle, par exemple, des saints Hermès , Basilla, Protus et Hyacinthe, sur la voie Salaria Vêtus. Des particularités locales, des accidents de situation, la dénomination populaire du lieu où elles étaient creusées, suffirent parfois à désigner des catacombes : ainsi le cimetière appelé ad catacumbaSy sur la voie Appienne; celui ad duos lauroSy sur la voie Labicane ; Pontiani ad ursum

pileatum, sur la voie Portuensis; ad septem columbas. sur le clivus cucumeris.

Il est aujourd'hui reconnu par tous ceux qui ont examiné

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leurs usages. Entre un are- ^'s- J- — pi" ■•' i'»'*i»'« coioniuni<|uant naire et une catacombe il '"' """"'"' • """■ *° *■ existe des différences essentielles. Le lecteur en peut juger par les deux plans ci-joints {fig. a et 3). L'un représente

une portion du cimetière communément appelé de Sainte- Agnès, sur la voie Nomentane; l'autre, Tarénaire qui s'étend au-dessus. Tous deux sont dessinés d'après une même échelle. Les dissemblances sautent aux yeux. La largeur des galeries de l'arénaire contraste visiblement avec les dimensions étroites de celles de la catacombe. Les premières sont d'une extrême irrégularité; tout indique , au contraire , que les galeries de la catacombe ont été creusées d'après un plan régulier et bien défini. Il est impossible de confondre désormais deux choses aussi distinctes.

Pendant les deux premiers siècles, les chrétiens creusèrent et décorèrent librement leurs catacombes. Personne ne songeait à y mettre obstacle. L'entrée des cimetières souterrains était publique ; elle s'ouvrait sur les grandes routes ou dans le flanc des collines. Même liberté pour leur décoration intérieure. Les galeries et les chambres des catacombes étaient couvertes de peintures représentant sans dissimulation et sans voile les mystères sacrés du christianisme. Au commencement du m* siècle, cette situation changea. Par des raisons qui seront expliquées plus loin, il devint nécessaire, en certains moments, de cacher aux regards l'accès des catacombes. On dut pratiquer de nouvelles entrées, les rendre difficiles, les entourer de mystère, souvent même les dissimuler dans les dédales de quelque arénaire abandonné.

Le mot catacombe. que nous employons souvent, et dont l'origine sera expliquée plus loin, ne servait pas dans l'antiquité à désigner les sépultures souterraines des chrétiens. On les appelait cœmeterium, lieu consacré au sommeil, mot particulier à la langue chrétienne, que les païens répétaient sans en comprendre sans doute la pieuse signification *. On les nommait aussi martyrium. mot d'origine grecque, ou confessiO; son équivalent latin, l'un et l'autre parfaitement appropriés à la sépulture des martyrs ou confesseurs de la

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