PEINTURES LITURGIQUES
SoM M AIK.K. — Rareté des peintures liturgiques. — Précieuses fresques de cette nature au commencement du m* siècle. — Description de ces fresques. — L'eau du Baptême représentée par l'eau que Moïse fait sortir du rocher. — Le pécheur. — Le paralytique emportant son lit. — Ces trois peintures ont trait au Baptême. — Le prêtre, vêtu du pallium, dans l'acte de la consécration. — Femme en prière prés de la table où sont déposés le pain et le poisson. — Le repas des sept disciples. — Le sacrifice d'Isaac. — La résurrection de Lazare. — Ces quatre peintures se rapportent à la messe et à rEacharistie. — Images de docteurs et de fossores. —Valeur doctrinale de cette série de peintures : elles furent sans doute exécutées avec l'inspi-
ration et sous la surveillance de l'autorité ecclésiastique. — Sorte de catéchisme en images : popularité de ces types au iv* siècle : curieux exemple. — Autres peintures liturgiques.
On pourrait croire que Timpénétrable secret étendu comme un voile devant la réalité des saints mystères, dans rÉglise primitive, ne permit pas de les représenter d'une manière intelligible sur les murailles des catacombes. Les peintures qui y font une allusion directe sont en effet fort rares. Celles que nous allons étudier forment une exception dans le cycle accoutumé de Tart chrétien : elles furent exécutées à la tin du ii® siècle, ou tout au commencement du m®, c'est-à-dire à une époque où les cimetières souterrains n'avaient pas encore été violés, et où la discipline du secret, quoique déjà en vigueur, était moins nécessaire qu'elle le devint dans la suite. De plus, en usant avec tact et prudence des signes habituels du symbolisme chrétien, en mêlant les images empruntées à la nature et la représentation des choses surnaturelles, en fondant ensemble, pour ainsi dire, la réalité et l'allégorie, l'artiste est parvenu à créer une œuvre qui, éminemment liturgique dans son fond, puisqu'elle représente d'une manière certaine l'administration du Baptême et la consécration eucharistique, devait paraître, aux yeux des personnes non initiées, composée d'une série de figures parfaitement inintelligibles, d'images distribuées au hasard et sans aucune liaison entre elles. L'administration du Baptême, par exemple, est clairement représentée dans ces peintures; mais elle se perd, pour ainsi dire, dans la foule, au milieu de sujets empruntés à la Bible et de compositions allégoriques. La consécration de l'Eucharistie y est également dessinée sous une forme reconnaissable : elle devient à la fois plus claire pour les uns, et tout à fait inintelligible pour les autres, à cause du signe hiéroglyphique du poisson qui figure à côté du pain, à cause aussi de la variété des scènes historiques dont elle est entourée. Ces curieuses et importantes peintures méritent d'être étudiées avec le plus grand soin. Elles décorent, dans
le voisinage immédiat de la crypte papale, une série de cubicula que le lecteur reconnaîtra dans le plan général,
ou plus facilement encore dans le plan
détaillé de la première area du cime- \ y— —
lière de Callisfe', sous les lettres A*, A', ] |
A', A^, A'. Les plus anciens de ces '
cubicula furent construits avant la fin U du 11* siècle, les plus récents tout au commencement du iii". Ces derniers
. , FIAN du CVBieULUM.Ax
sont les moms bien conserves: beaucoup de leurs peintures sont ruinées ; ce qui en reste offre des sujets analogues à ceux représentés dans les deux cubicula plus anciens A' et A'.
A gauche de la porte d'entrée du cubiculum A' est peinte la figure bien* connue du prophète frappant le rocher, d'où l'eau s'échappe en torrent {à). Sur la muraille qui se
fi\
présente ensuite à main gauche [b], on voit l'image d'un hormne assis qui pèche des poissons ; un autre personnage, debout, baptise un enfant dans le même cours d'eau'. A côté est le paralytique emportant son lit sur ses épaules. Trois sujets sont peints sur la muraille qui fait face à la