VERRES DORÉS TROUVÉS DANS LES CATACOMBES
S iMMAiRE. — Objets trouvés dans les catacombes. — Vases de verre ornes de ligures. — Découvertes de Bosio, Buonarotti, Boldetti, Garracci, de Rossi. — Époque et lieu de fabrication. — Sujets. — Scènes diverses. — La vierge Marie, sainte Agnès, saint Pierre et saint Paul. — Médaille de bronze représentant les deux apôtres. — Saint Pierre sous la figure de Moïse. — Petits médaillons. — Patène de verre dé -ouverte à Cologne. — Calices et patènes liturgiques.
Beaucoup de musées possèdent des collections plus ou moins nombreuses d'objets provenant des catacombes romaines. Des anneaux, des médailles, des lampes de terre cuite ornées d'emblèmes chrétiens, un petit nombre d'ustensiles de diverse nature ont été découverts ou se découvrent encore de temps en temps dans les cimetières souterrains. On les trouve toujours encastrés dans le mortier des locuU. où les fixa, au moment de Tinhumation, la main d'un parent ou d'un ami. du mort, qui voulait lui donner un dernier témoignage d'affection et se réserver les moyens de reconnaître sa tombe. Quelquefois l'empreinte d'un sceau, celui du défunt ou celui de la personne qui a présidé à la fermeture du tombeau, se voit marquée dans le ciment. Dans un petit nombre de cas, des instruments de supplice ont été enterrés à côté d'un martyr ; beaucoup des objets que Ton montre sous ce nom sont d'une authenticité douteuse : on conserve cependant dans plusieurs musées quelques ungulœ ou crocs de fer , quelques plumbatœ ' ou lanières garnies de plomb, qui correspondeul avec trop d'exactitude aux instruments de torture décrits dans les actes des martyrs pour être tous supposés. La bibliothèque Vaticane possède la plus riche collection existante d'antiquités chrétiennes; malheureusement on a rarement con-
serve le souvenir du lieu où la plupart d'entre elles ont été trouvées, et leur valeur historique en est considérablement amoindrie.
Beaucoup de ces objets cependant ont une valeur indépendante du lieu de leur origine, bien que souvent, et notamment pour les questions de dates, on regrette de ne pas le connaître : tels sont, en particulier, ces fragments de \ erres, ornés de figures et de lettres en or, dont la collection la plus nombreuse est à la bibliothèque Vaticane. On en trouve également un certain nombre au musée Kircher et au collège de la Propagande. Le British Muséum en possède environ trente spécimens; les musées de Paris, de Florence et de Naples un moins grand nombre. Parmi les collections privées, une des plus considérables est celle d*un Anglais, M. Wilshere ; elle contient environ vingt de ces fragments, dont les plus importants ont figuré ou figurent encore au musée de South Kensington,
Ces verres sont pour la plupart des débris de coupes. Ils sont ornés de figures découpées dans une feuille d'or ; cette feuille d'or était appliquée sous le fond de la coupe, et recouverte d'une mince plaque de verre, que Ton soumettait à l'action du feu jusqu'à ce que les deux parties devinssent adhérentes. Ces vases ont tous été trouvés attachés aux tombes, où ils avaient été fixés dans le ciment encore frais. Le double fond enveloppé dans le ciment a résisté à Faction du temps; les frêles parois de verre, que rien ne protégeait, ont presque toujours péri. Boldetti, qui a eu la bonne fortune de découvrir un si grand nombre de tombes inviolées, n'a trouvé que deux ou trois coupes intactes : une d'elles aété publiée dans le livre du R. P. Garrucci*. Bien souvent les fonds eux-mêmes, quoique plus résistants, et demeurés entiers jusque-là, se sont brisés dans la main qui essayait de les détacher du ciment durci par les siècles.
La découverte de ces verres est contemporaine de celle
I. Vetri ornati ii figure in oro^ tav. XXXIX , n*»» 7", 7*», première édition.
des calacombes. Bosio en trouva cinq ou six fragments dans toutes ses explorations sur la voie Appienne et la voie Ardéatine, et il rencontra ensuite un nombre égal de coupes daos une seule galerie d'un cimetière de la voie Salaria. Aux dessins et à la description de ces verres Aringhi ajouta la reproduction de quelques-uns découverts après la mort de Bosio. L'ouvrage spécial de Buonarotti contient l'examen d'environ soixante-dix spécimens. Boldetti en décrivit trente autres. Le R. P, Carrucci a pu obtenir des dessins exacts de tous les verres existant dai il en a publié trois centqua tenlplus,et sont reproduit d'après les ouvrages de Bol logues. Les découvertes o qu'un petit nombre de ver années que j'explore les catJ M . de Rossi, et je n'ai encon deux fragments de verres < autres ont été découverts c à Ostie. Jusqu'en 1864, au été trouvé ailleurs que da année-là, un très-remarqu ornée de dessins d'or fut d dations d'une maison voisin autre, d'un travail très-dif beau près de la célèbre ég Ce dernier spécimen fait n Slade au British Museun l'autre, page 367, iîg, 40.
Ces deux exceptions ne suffisent probablement pas à réfuter l'opinion acceptée par tous les archéologues, qui s'accordent à considérer Rome comme la seule place où cette sorte de verres ait été fabriquée. Le P. Carrucci va plus loin : d'après lui, l'art de décorer ainsi le fond des coupes