‹ Rome souterraine (volume 3)Chapitre 199 sur 228 · Voyez le pian général, à la fin du volume, Eh^F h · texte numérisé non relu

Voyez le pian général, à la fin du volume, Eh^F h

2, Bosio, Roma son»^ p. 591, D.

trois derniers textes seulement que peut encore se réfugier la théorie qui assimile les arénaires et les catacombes.

Le premier est relatif à Varenarium où furent enterrés vivants les martyrs Chrysanthe et Daria, et dans lequel d autres martyrs périrent après eux. Le Liber pontificalis dit que le pape Adrien !•' « restaura la basilique de Saint- Saturnin, sur la voie Salaria, et fit en même temps des réparations au cimetière des saints Chrysanthe et Daria ». Ce cimetière est un ancien arenarium transformé. Après la mort des saints Chrysanthe et Daria, que Tempereur Numérien « avait fait conduire hors de la ville, sur la voie Salaria, in arenario^ et qu'il y avait fait enterrer vivants, rentrée étant bloquée avec des pierres et du sable, » les chrétiens, dans un sentiment de dévotion, voulurent changer en cimetière la caverne illustrée par ce glorieux martyre. Le cimetière qu'ils y construisirent ressemble à celui d'Hermès, que nous avons décrit plus haut : on y retrouve la trace des efforts incroyables, et jamais complètement satisfaisants, que nécessita, dans les rares occasions où une circonstance particulière la rit entreprendre, la transformation d'un arénaire en catacombe. La largeur des galeries est égale à celle des voies souterraines d'un arenarium : les loculi sont peu nombreux, superposés sur deux rangs seulement, précaution prise pour ne pas diminuer la solidité des murailles, qui sont inclinées, et composées de bonne pouzzolane. Dans la partie de Varenarium qu'ils n'ont pas essayé de transformer, les chrétiens ont pris une précaution plus significative : ils ont muré certains passages, pour empêcher l'accès d'une région entièrement impropre aux usages sépulcraux. Dans le voisinage d'une des galeries ainsi rendues inaccessibles, un escalier conduit à un niveau plus bas, où l'on trouve une catacombe chrétienne du type ordinaire. Ainsi, après avoir commencé, en souvenir du martyre qui l'illustra, à transformer en catacombe Varenarium de la voie Salaria Nova, les chrétiens, rebutés par les difficultés de l'entreprise et le peu de solidité des résultats obtenus, renoncèrent à poursuivre le travail commencé : ils

préférèrent descendre plus avant dans les entrailles du sol pour y construire des galeries nouvelles. On voit que cet exemple, loin d'appuyer la théorie que nous combattons, suffit à en démontrer la fausseté.

Nous en dirons autant du deuxième passage, relatif au martyr Crescentianus, enterré in cœmeterio Priscillœ in arenariOy sur la voie Salaria Nova. Quiconque a visité la partie la plus ancienne, le noyau central de la catacombe de Priscille, sait combien cette région diffère du type usuel. De nombreux piliers de dimensions diverses ; de longs murs de solide maçonnerie, les uns droits, d'autres offrant des sinuosités et des angles, et, quelle que soit leur forme, cachant et soutenant à la fois le tuf et les tombes des galeries ; les rangées des loculi fréquemment interrompues par des piliers de briques ; — tout révèle le labeur immense qui fut nécessaire pour convertir à sa forme actuelle l'excavation primitive. Le plan ci-contre (Jiff, 51, page 413) le fait aisément comprendre : les portions légèrement ombrées y représentent la maçonnerie, celles plus fbncées le tnf primitif : il est facile de distinguer à première vue les exca^'ations originelles des constructions postérieures. Les larges voies de Tarénaire se reconnaissent dans les portions marquées A, les galeries de catacombe sont désignées par la lettre C. L'ouverture B fut à Torigine un puits pour l'extraction de la pouzzolane ; il a été plus tard transformé en un vaste luminaire. Voici donc une catacombe greffée, pour ainsi dire, sur un arenarium : l'examen du plan fait comprendre combien il eût été difficile de construire de la même manière un grand nombre de cimetières chrétiens.

Un dernier passage doit être expliqué, celui des actes des saints Hippolyte, Eusèbe, Marcel et leurs compagnons, racontant leur inhumation par le pape saint Etienne a sur la voie Appienne, au premier mille de Rome, dans V arenarium même où ils avaient coutume de se rassembler* ».

I. Lc% Actes cités par Bosio racontent le baptême d'Adria, Paulina, Neo et Maria, et disent qu'après l'avoir reçu ces saintes femmes vinrent habiter, avec le prêtre Eusèbe, le diacre Marcellus et plusieurs autres,

M. de Rossi n'a point encore reconnu cet arenarium avec la

dans la crypte où se cachait le pape Etienne, et que 1d, chaque jour, tous persévéraient dani la prière, le jeûne et le chant des piaumes. Quand

même certitude que les deux précédents : mais c'est un fait significatif qu'un des plus larges escaliers du cimetière de Saint-Calliste conduise directement de la surfiice du sol au troisième étage souterrain de la catacombe, placé au même niveau que les carrières de pouzzolane, et descende précisément auprès de Tendroit oii existe une communication entre ces carrières et la catacombe. De récentes excavations ont même révélé Texistence d'un passage très-étroit établissant une communication secrète et directe de la surface du sol à l'arénaire. Cet escalier dérobé, arrivé à la voûte de Varenarium, cesse brusquement, et, pour pénétrer dans celui-ci, il faut que la personne qui descend soit munie d'une échelle portative, ou aidée par d'autres déjà arrivées en bas*. Ces faits prouvent qu'il existait, entre la catacombe et Varenarium, une connexion sur laquelle nous reviendrons avec plus dje détails dans le chapitre suivant ; et si M. de Rossi a raison de voir dans cet arénaire un de ceux qui servirent de refuge au culte chrétien pendant la persécution, ses rapports avec la catacombe expliquent suffisamment comment on a pu dire que saint Etienne enterra les martyrs Hippolyte, Eusèbe et Marcel, in arenario.

On le voit, les trois seuls passages qui, à première vue, sembleraient établir l'identité d'un arénaire et d'une catacombe aboutissent, s'ils sont examinés de près, à faire ressortir les différences essentielles de ces deux sortes d'excavations. Les souterrains auxquels ils se rapportent sont, — avec le cimetière de Saint-Hermès et celui de Sainte- Agnès, — les seuls qui aient offert aux archéologues des trois derniers siècles un arénaire et une catacombe réunis.

sainte Pauline eut été martyrisée, un moine nommé Hippolyte, par Tordre de saint Etienne, enterra son corps dans Varenar'utm où ils avaient coutume de se rassembler souvent, et, plus tard, Hippolyte et les autres ayant été également martyrisés, leurs corps furent inhumés dans le même arenarium, — Bosio, p. 193.

I . Une section de cet escalier est donnée dans le chapitre suivant, fî^- 5^} P« 430* Sur les plans qui accompagnent ce chapitre, il est marqué X*.

En tout, dans cinq cimetières, sur vingt-cinq ou trente qui existent aux environs de Rome, un arénaire se trouve en communication plus ou moins étroite avec une catacombe. Le rapprochement de ces chiffres est à lui seul une démonstration. La coexistence d'un arénaire et d'une catacombe offre, selon l'expression de Bosio, une assez grande « singularité » pour que, presque toutes les fois qu'elle se rencontre, elle ait été notée avec soin par les rédacteurs des Actes des Martyrs. Il nous paraît inutile de pousser plus loin ces réflexions : il est prouvé que les catacombes sont tout à fait indépendantes des anciens arénaires ; interrogées avec soin, elles proclament elles-mêmes leur origine chrétienne.

Page 1