I. Ep
Le célèbre passage de Tertullien, Deprœscript,^ c. 36, perd toute sasignificadon^ si Ton n'admet que Tertullienconnaissait l'existence de la vénérable relique. Il invite les hérétiques à comparer leurs doctrines à la tradition demeurée vivante dans les Eglises fondées par les apôtres : Percurre ecclesias apostolicasy apud quas ipsœ adhuc cathe^ drœ apostolorum suis locis prasident. , . Si Italiœ aàjacesy habesRomam, u Parcourez les Églises apostoliques, dans lesquelles les chaires mêmes des apôtres président encore en leur place... Si vous êtes voisin de ritalie, vous avez Rome. » L'Eglise de Jérusalem conservait la ipsa cathedra de saint Jacques * ; Alexandrie vénérait la ipsa cathedra de saint Marc* ; et Tertullien avait trop longtemps résidé à Rome pour n'être point familier avec la ipsa cathedra « sur laquelle Pierre luimême s'était assis ».
Dans un autre passage du même écrit, nous lisons : Romanorum (ecclesia) Clementem a Petro ordinatum edit^ « l'Eglise de Rome proclame que Clément fut ordonné par Pierre^. » Cependant les anciens catalogues placent Lin et Clet avant Clément. Ce texte de Tertullien montre au moins l'antiquité de la tradition consignée plus tard dans le Liber pontificalis] et d'après laquelle Lin et Clet gouvernèrent l'Eglise de Rome du vivant des apôtres, tandis que Clément fut ordonné par saint Pierre lui-même pour lui succéder, intronisé par lui dans sa propre chaire. Cette tradition forme le sujet d'une des fresques récemment découvertes par le P. Mullooly dans l'église souterraine de Saint-Clément. On la trouve longuement racontée dans les Clémentines y écrits apocryphes, mais d'une haute antiquité, et qui, au milieu de légendes douteuses, ont conservé à l'histoire bien des faits dont, sans eux, toute trace serait perdue.
Le lecteur a vu se dérouler, anneau par anneau, toute la chaîne des témoignages relatifs à la chaire de saint Pierre : elle commence au v« siècle, et on peut la suivre jusqu'à une époque où vivaient encore des hommes qui avaient conversé avec les contemporains des apôtres. Pendant ce long espace de temps, la chaire de Pierre fut considérée par les chrétiens de toutes les parties du monde comme le gage et le symbole de la succession apostolique et de l'enseignement de la vraie doctrine. Elle était l'objet d'une fête que célébraient également saint Ambroise à Milan et saint Augustin en Afrique ; la relique elle-même avait été déposée par saint Damase dans le Baptis-