‹ Rome souterraine (volume 3)Chapitre 221 sur 228 · De Rossi, Roma sott., I · texte numérisé non relu

De Rossi, Roma sott., I

3. GreppOy Dissertations sur l'Histoire du culte des Reliques, p. 16.

endemain^ dans l'office de la consécration, ces reliques sont portées processionnellement, et pirmi les hymnes et les prières que Ton chante alors figure la vision de saint Jean {Apocalypse y vi, 10), à laquelle nous avons déjà fait allusion. Enfin ^ l'évéque consécrateur ferme le sepulchrum et le clôt avec du mortier, comme faisaient autrefois lesfossores des catacombes quand ils fermaient un tombeau. Ces rapprochements ne peuvent être fonuits. Il est évident qu'une tradition encore vivante a sa place ici. Les mêmes cérémonies, les mêmes ressemblances, se retrouvent dans le rituel de TEglise grecque.

Certains critiques ont prétendu que la transformation en autels des arcosolia dans lesquels reposaient des martyrs fut le signal d'une transformation dans la doctrine et dans la discipline de TEglise chrétienne. Avant saint Cyprien, de qui la forme architecturale de Tûrcosolium est à peu près contemporaine, on n'entend parler, disentils , ni d'un sacrifice dans lequel le corps de Jésus-Christ soit offert, ni d'im autel sur lequel soit célébré ce sacrifice. Cette opinion est contredite par des textes formels. Dans son commentaire sur les Philosophumenay le docteur Doellinger a prouvé que saint Hippolyte, qui vivait avant saint Cyprien, enseignait clairement l'existence et la réalité du sacrifice chrétien. La même doctrine est professée par un grand nombre de Pères grecs, qui vécurent immédiatement après saint Cyprien, et n'eurent certainement aucune connaissance de ses ouvrages. Une seule nuance peut être observée, sur ce sujet, entre l'Eglise grecque et l'Eglise latine : elle est toute dans les mots et n'a aucune importance au point de vue des idées. Quand ils parlent du sacrifice chrétien, les premiers Pères grecs évitent soigneusement d'employer à&% expressions qui eussent pu rappeler les autels païens. Ils parlent seulement de la « table sainte », ou se servent du mot Ou<na<rniptcv, qui désignait l'autel juif, au lieu de P<u|aoc ou ^otpoc, qu'employaient les Grecs pour désigner les autels des faux dieux. On lit pour la première fois le mot Pwjjlo;, pris dans le sens d'autel chrétien, dans une constitution des empereurs Théodose II et Valentinien, au v« siècle. Les Pères latins, au contraire, n'hésitent pas à se servir du mot ara ou altare^ dont se servent également les païens de Rome. Ce qui distingue l'autel chrétien de l'autel païen, c'est moins une appellation différente que la nature du sacrifice offert sur l'un ou sur l'autre. Dans ce sens, les chrétiens peuvent accepter le reproche des païens, qui les accusaient de n'avoir ni temples ni autels, comme les autres religions. Ils en possédaient en réalité.

Origéne dit expressément que dans les églises chrétiennes on rencontre des autels. Cécdius, dans VOctavius de Minutius Félix, parle des chrétiens comme n'ayant point d'autels -visibles aux païens ; saint Cyprien explique cette parole, en donnant à entendre au païen Démétrius qu'ils avaient leurs autels en secret. On peut rapprocher ces textes de celui de saint Paul (ad Hebr,^ xm, lo) : a Nous avons un ailtel dont n'ont pas le pouvoir de manger ceux qui desservent le tabernacle, w

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