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a. Kp, ad Eustoch,j 86.
dans une ferme appartenant à leur maîtresse et située à un mille et demi de Rome sur la voie Ardéatine. Or il existe à cette distance de Rome et sur la même voie une ferme connue maintenant sous le nom de Tor Marancia. Dans cette ferme a été trouvé un cippe funéraire, déterminant la limite et donnant la mesure d'une area sépulcrale de 35 pieds in fronte sur 40 in agro^ concédée à un certain Sergius Cornélius Julianus et à deux autres personnes ex indulgentia Flavice Domitillœ. Une autre pierre, trouvée probablement au même lieu *, cite encore un terrain funéraire concédé Flavice Domitillce... Vespasiani neptis.,. beneficio. Enfin, dans le cimetière qui s^étend sous la ferme de Tor Marancia, ou au moins dans son voisinage immédiat, on a trouvé deux ou trois inscriptions relatives à une Bruttia Crispina et à d'autres membres de la gens Bruttia. Peut-être y avait-il quelque rapport de parenté ou d'alliance entre les deux familles; il est au moins certain que les Bruttii possédaient un terrain funéraire dans le voisinage de Tor Marancia, et ainsi s'explique la mention particulière consacrée par l'historien Bruttius'à la conversion et à l'exil de sainte Domitille. En présence de témoignages aussi considérables et aussi concordants, il n'est pas douteux que Flavia Domitilla ait possédé un domaine de quelque importance à Tor Marancia , et le cimetière chrétien découvert en ce lieu même ne saurait être autre que le cimetière historique connu sous le nom de sainte Domitille ou des saints Nérée et Achillée.
En descendant par un très bel escalier en plein air, le visiteur rencontre à main gauche, au second étage de cette catacombe, une chapelle où furent probablement enterrés les deux martyrs. A peu de distance de cette partie du cimetière, on a découvert sur le flanc extérieur de la colline une ruine considérable. M. de Rossi n'hésite pas à y reconnaître le monument funéraire d'un membre ou d'un
I. Orelli-Henzen , 5422, 5423. — M. de Rossi supplée iivi Vespasiani.
intime ami de la gens Flavia, qui aurait vécu et qui serait mort sous le règne de Domitien. C'est à coup sûr une des ruines chrétiennes les plus remarquables que l'on connaisse. L'hypc^ée a son vestibule sur le bord de la route : la façade, en belle maçonnerie de briques, est ornée d'une corniche en terre cuite; la place de 1 inscription avait été, selon l'usage, ménagée au-dessus de la porte, et se reconnaît encore ; malheureusement linscription elle-même est perdue. L'architecture de ce vestibule, adossé à la collihe comme la façade du tombeau des Nasons, convient parfaitement au monument funéraire d'une noble famille chrétienne, construit à grands frais et avec une entière liberté. De chaque côté du vestibule furent ajoutés plus tard, vers le II" ouïe m» siècle, deux édifices dont les dimensions, faute de fouilles suffisantes, n'ont pu encore être déterminées. Celui de gauche {b) se compose de petites chambres étroites,
garnies de siuc peint en rouge sur lequel on distingue quelques traces d'autres couleurs et des oiseaux, comme dans les chambres de Pompéi. On y trouve un puits, un réservoir d'eau, la vasque d'une fontaine, des bancs de pierre. La salle de droite (c) est plus grande, elle ne ren-
ferme aucun tombeau; un banc règne tout autour. C'est évidemment une schola à usage de triclinium^ dans laquelle les chrétiens se réunissaient pour leurs agapes *; et il est vraisemblable que les cellules de droite, avec leur puits et leur fontaine, étaient le logement d'un gardien, cette eustodia ou tutela monumenti dont parlent souvent les inscriptions antiques.
A la suite du vestibule (a), après deux ou trois marches, s'ouvre une allée inclinée pendant quelque temps en pente douce, et dont les murailles sont percées par quatre niches à ras de terre, deux de chaque côté, où étaient autrefois des sarcophages. Une de ces niches fut plus tard élargie, et Ton y pratiqua une tombe en forme darcosoiium. L'hypogée entier finit par être, au moyen de galeries nouvelles, mis en communication avec la catacombe voisine, où est la chambre sépulcrale des saints Nérée et Achillée.j|Avant cette réunion, le principal ambulacre du monument avait été rempli de sarcophages de toutes dimensions, dont on voit encore les débris épars sur le sol. On y a même trouvé, ensevelis sous terre, les restes de quelques sarcophages en terre cuite, dont le plus récent ne doit pas dépasser la moitié du II* siècle.
En passant de Tambulacre dans la catacombe, on saisit en quelque sorte sur le fait la transition de l'usage des sarcophages à celui des simples loculi. Dans la première galerie de gauche *, les tombeaux qu'on rencontre d'abord sont deux loculi auxquels à l'extérieur, par un revêtement en beau stuc blanc, on a donné l'apparence de deux sarcophages. A la suite de ces tombes, un passage étroit comme la bouche d'un four donne entrée dans un cubiculum d'une forme extraordinaire, qui rappelle les tombes de l'Etrurie ou de la Palestine, et QSt sans doute un des premiers essais de l'architecture sépulcrale chrétienne. Dans la galerie qui