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car l'édit de Valérien, en interdisant aux chrétiens de se réunir dans les cimetières, ne paraît pas leur avoir défendu d'y enterrer leurs morts. Le martyre de saint Sixte a été chanté par le poète des catacombes, le pape Damase, et le recueil de ses œuvres nous a conservé le texte de l'inscription métrique qu'il lui a consacrée : —
Tempore quo gladius secuit pia viscera Matris Hic positus rector cœlestia jussa docebam ; Adveniunt subito, rapiunt qui forte sedeiitem ; Militibus missis, populi tune colla dedere. Mox sibi co^novit senior quis tollere vellet Palmam, seque suumque caput prior obtulit ipse, Impatiens feritas posset ne laEDere quemquam. Ostendit Christus reddit qui Prœmia vits Pastoris meritum, numeruni gREGis ipse tuetur.
« Au temps où l'épée transperça le tendre cœur de notre Mère, moi, le pasteur enterré ici, j'enseignais les commandements du ciel. On ai'rive tout a coup, on me saisit assis dans ma chaire. Des soldats avaient été envoyés, et le peuple tendit le cou à leur épée. Le vieillard vit bientôt qui désirait recevoir à sa place la palme du martyre, il fut le premier à s'offrir et a livrer sa tête, afin que l'impatiente fureur des ennemis n'atteignît aucun autre. Le Christ, qui donne en récompense la vie éternelle, manifeste le mérite du pasteur, et prend soin lui-même du troupeau. »
Cette inscription fait allusion à plusieurs circonstances de la scène du martyre qui étaient sans doute familières aux contemporains de saint Damase, mais qui, malheureusement, demeurent obscures pour nous. Elle ne nomme pas le pape dont elle célèbre le courage. Par des raisons que nous ne pouvons deviner, quelques actes de martyrs attribuèrent à saint Etienne, prédécesseur de saint Sixte, la gloire d'avoir été décapité dans les catacombes. M. de Rossi a corrigé avec beaucoup de clarté et une grande force d'argumentation cette assertion erronée. Il a prouvé que saint Sixte, et non saint Etienne, fut mis à mort sur la chaire épiscopale. Saint Cyprien, contemporain de saint Sixte, le dit expressément *. Les grafîites tracés sur la porte de la
I. Xistum in cimitlrio animadversum sciatis octavo Iduum Augustarum die et cutn eo diaconos quatuor. — Ep. 80.
chapelle des papes invoquent toujours saint Sixte et ne nomment pas une seule fois saint Etienne. L'inscription que nous avons citée d'après les œuvres du pape Damase a donc trait à saint Sixte. Si elle ne prononce pas son nom, c'est qu'il était dans la bouche de tous les pèlerins , que sa mémoire remplissait, pour ainsi dire, toute la chapelle, et que la place de l'inscription suffisait par elle seule à le désigner. Elle était en effet iixée dans la muraille, immédiatement derrière la chaire épiscopale. Après le martyre de saint Sixte, on ne voulut pas séparer sa sépulture de celle de ses collègues ; et comme l'usage était de placer dans les tombeaux des martyrs ou près d'eux les vêtements ou les objets teints de leur sang, on transporta du cimetière de Prétextât dans la crypte papale la chaire sur laquelle saint Sixte avait été décapité, hic positus. Cette chaire fut fixée sur le gradin de marbre que l'on voit encore dans la chapelle ; et au-dessus Ton grava l'inscription damasienne, que la disposition des lieux ne permet pas de placer ailleurs ^ Il ne reste de cette inscription que deux petits fragments trouvés avec tant d'autres débris dans la crypte papale. Ces fragments contiennent en tout sept lettres incomplètes, appartenant à trois vers qui se suivent : elles ont le type damasien ; en les comparant avec le contexte, on reconnaît aisément qu'elles ont fait partie de l'inscription citée plus haut.
Nous n'avons pas l'épitaphe de Caïus (283-2^0), successeur d'Eutychien. Tous les anciens documents affirment qu'il fut enterré in cœmeterio Callisti^ c'est-à-dire dans la chapelle des papes : pour les pontifes enterrés dans une autre partie du cimetière la formule est en effet différente, in cœmeterio Callisti in crypta. Marcellin (290-303), qui lui succéda, paraît avoir gardé pour lui-même l'administration du cimetière de Calliste : pendant son pontificat le diacre Severus fit construire ce beau cubiculum dont nous avons déjà parlé, sur les confins de la troisième area du