‹ Rome souterraineChapitre 142 sur 338 · Letters from Rome, by the Rev. W. Burgon, p. 250. London · texte numérisé non relu

Letters from Rome, by the Rev. W. Burgon, p. 250. London

mêmes compartiments géométriques, Tordonnance des sujets est la même, « ce sont les mêmes animaux fabuleux, les mêmes gracieux festons, les mêmes feuillages, les mêmes fruits, les mêmes fleurs, les mêmes oiseaux. » En regardant avec attention on distingue au centre de la voûte la figure du Bon Pasteur, iine femme en prière, Daniel dans la fosse aux lions S ou quelque autre symbole connu, et à ces indices, délicatement semés dans un ensemble dont ils n'altèrent en rien l'ordonnance classique, on est averti qu'on se trouve dans une chambre chrétienne.

Tel est Tart nouveau dans ses commencements mesurés et discrets. « Un art ne s'improvise pas, » a dit Raoul- Rochette : créer de toutes pièces un art sans précédents n'était pas plus au pouvoir des premiers chrétiens que substituer une nouvelle langue au grec ou au latin. Il ne faudrait pas croire cependant que Tart chrétien, enchaîné à l'art antique, fut condamné à demeurer immobile et sans fécondité propre. Dans l'art comme dans le langage, de nouvelles idées ne peuvent s'exprimer qu'en créant de nouvelles formes, ou en modifiant les anciennes : un nouvel esprit, introduit dans une langue, la fait éclater de toutes parts, s'ouvrir, pousser des rejetons, comme la sève qui monte au printemps rend fécondes les vieilles branches. Le moment devait venir pour l'art chrétien où les anciennes formes artistiques, quoique modifiées, dilatées sous la pression de l'esprit nouveau, élevées par l'allégorie, ne lui devaient plus suffire, où tout un cycle de sujets chrétiens allait se créer, s'écartant de plus en plus des modes d'expression de l'art païen, et finissant par se détacher complètement de lui. C'était la marche commandée par la logique des choses. L'art chrétien ne débuta pas par d'informes essais, de rudes efforts pour imiter la nature et exprimer les idées : il naquit au milieu d'une société formée, et s'empara d'abord d'une langue toute faite. Ses premières productions, moins originales, moins riches de pensées que

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