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Orat. Constant, ad cœt. sanct

4. Horum autem graecorum quinque verborum, qu* sunt IH20ÏC, XPEI2T0C, 0EOÏ TIOC, 20TflP, quod est latine JESVS CHRISTVS DEI FILIVS SALVATOR, si primas litteras jungas, erit IX0TC, id est PISCIS, in quo nomine mystice intelligitur Christus, eo quod in hujus mortalitatis abysso velut in aquarum profunditate vivus, hoc est, sine peccato esse potuerit. i^^ civit. Deij XVIII, 23. S. Augustin, au commencement de ce chapitre, cite, en les traduisant, les vingt-sept vers sibyllins.

3o6 ROxME SOUTERRAINE.

0EOY YIOC 2nTHP, Jésus-Christ, fils de Dieu^ Sauveur ^, et, mettant ensuite à part la première lettre de chacun de ces mots, on en forme le mot 1X0 YC, poisson. Clément d'Alexandrie est le premier Père qui fasse mention du poisson symbolique ^. Il est possible que la combinaison de lettres d'où sortit l'IxeYC ait pris naissance dans l'école d'Alexandrie. L'Église de cette ville était en grande partie composée de Juifs convertis. Rien n'était plus habituel chez les Juifs que de frapper, en quelque sorte, des noms typiques pour leurs chefs ou leurs héros avec les lettres initiales de plusieurs noms ou des divers mots composant une légende, une devise. Le nom de Machabée, par exemple, fut, dit-on, formé de la première lettre de chacun des mots composant la devise favorite de Judas Machabée : « Qui est comme toi parmi les forts, ô Seigneur ^^ »

Que l'école d'Alexandrie soit la source de l'acrostiche cité plus haut, ou que cet acrostiche, au contraire, ait suggéré, probablement à des Alexandrins, la pensée de faire du Poisson le nom secret du Christ, toujours est-il qu'une fois un sens mystique attaché à ce mot, il fut promptement accepté par l'Église entière. Il devint un signe de reconnaissance, une tessera sacrée renfermant sous une forme

1. Dans l'original, les initiales des vers suivants donnent le mot 2TA.TP0C, Croix. Autrefois l'Eglise de France chantait ces vers le jour de Noël avec la plus grande solennité possible. — Martene, àe Ant. Eccl. Rit.j lib. IV, c. xil.

2. Padag.y III, 2. — Dans une de ses hymnes destinées à être chantées par les chrétiens, après avoir donné au Christ le nom de pécheur d'hommes, il appelle les chrétiens « des poissons chastes (IX0YC àpo'j;), attirés par lui à une douce vie hors de l'onde funeste de la mer du vice. »

3. Exod.j XV, II. — VoirGrotius, Crltic, sacr., t. III, 2695:. L'interprétation, dans l'épître de saint Barnabe, du nombre 318 représentant les serviteurs nés à Abraham dans sa maison {Gen., xiv, 14), est un autre exemple de même sorte. Voir, dans les Mélanges d'Archéologie, t. I, p. 191, un très-intéressant article du P. Cahier sur les combinaisons de lettres et de nombres cabalistiques : voir surtout p. 166, note I.

claire et concise tout l'abrégé des croyances chrétiennes, une profession de foi à la double nature, à Tunité personnelle, à la mission rédemptrice du fils de Dieu. « On trouve en ce seul mot, dit Optât, dans le petit nombre de lettres qui le compose, toute une multitude (turbam) de noms sacrés ^ » Clément le recommande aux chrétiens de son temps comme un des emblèmes les plus propres à être gravés sur un cachet ^ Origène parle simplement, sans commentaire (tout commentaire étant inutile pour un symbole aussi connu), de Notre-Seigneur « iigurativement appelé le Poisson ^. » Toutes les fois qu'un poisson joue un rôle quelconque dans un récit de l'Ancien ou du Nouveau Testament, l'Eglise primitive y voit une allusion à la personne du Christ, une figure ou une prophétie du Dieu fait homme. « Nous sommes de petits poissons (pisciculi)^ dit Tertullien, nés de l'eau à l'exemple de Jésus-Christ notre

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