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MAGES DE NOTRE-SEIGNEUR, DE LA SAINTE VIERGE ET DES SAINTS

Sommaire. — Rareté des peintures historiques dans les catacombes. — La confession d'un martyr. — Absence d'un portrait exact ou traditionnel de Jésus-Christ, de la sainte Vierge et des apôtres, à l'exception de saint Pierre et saint Paul. — Les saints ordinairement représentés en prière, crantes. — La sainte Vierge représentée dans les catacombes sous la figure d'une femme orante. — Représentée sous la même figure dans les fonds de coupe, les médailles, et sur une dalle de Saint-Maximin. — Peinte aussi dans l'adoration des Mages. — Marie et l'enfant, dans la catacombe de Sainte-Agnès. — La sainte Vierge et le prophète Isaïe, à Sainte-Priscille. — Autres images de Marie dans le même cimetière. — Saint Joseph.

Les trois classes de peintures qui viennent d'être décrites furent inspirées par un esprit commun, et ne sont, avec des nuances diverses, que des manifestations d'un même principe. Elles sont à peu près contemporaines : des fresques appartenant à chacune d'elles se trouvent souvent réunies dans la décoration des mêmes cubicula. Tant que Fessence de Tart chrétien fut le symbolisme, les représentations historiques des événements qui se passaient dans l'Église durent être fort rares . Ni les souffrances ni les triomphes des martyrs ne mirent en mouvement le pinceau des artistes pendant les trois premiers siècles chrétiens. C'est à peine si l'on peut signaler quelques exceptions à ce fait. M. de Rossi forme une classe à part des peintures inspirées par l'histoire de l'Eglise ou la vie des saints, afin d'y faire entrer une fresque du cimetière de Calliste, qui semble, seule dans tout ce cimetière, se rapporter à un événement intéressant l'une et

l'autre. Elle est peinte sur la voûte d'un arcosoUum du premier étage de la troisième area : cet arcosoUum (D ^ 3) est creusé dans la muraille d'une galerie, et vis-à-vis de lui s'ouvre la porte d'un cubiculum. Cette area fut donnée à l'Église, dans la seconde moitié du m® siècle, par la fille du consul yEmilianus * : il est possible que les deux tuteurs de celle-ci, les martyrs Partenius et Calocerus, aient été enterrés d'abord dans Varcosolium orné de la fresque que nous allons décrire, avant d'être transférés dans la chambre de l'étage inférieur (D d i), où nous avons déjà rencontré leur nom^

Ce n'est là qu'une conjecture : l'aspect de la fresque l'autorise, sans cependant en faire une certitude. Quelle que soit sa signification exacte, cette peinture, et comme œuvre d'art, et comme témoignage historique, mérite une description détaillée. Elle représente certainement un ou. deux martyrs comparaissant devant un tribunal; et, appartenanf à la seconde moitié du iii^ siècle, elle est la plus ancienne représentation connue d'une scène de ce genre. Si la peinture de la lunette de V arcosoUum n'avait pas été détruite par l'indiscrète excavation d'un loculus, nous saurions qui était enterré dans ce tombeau, carie peu qui reste de celle-ci représente un enfant ou génie ailé qui, probablement, soutenait un cartouche sur lequel était tracée au pinceau une inscription. Les sujets qui décorent la voûte de V arcosoUum sont mieux conservés : au sommet du cintre est représenté le Bon Pasteur dans un jardin, entre deux brebis : il s'appuie d'une main sur le bâton pastoral, et de l'autre il tient le syrinx. La scène de gauche a presque entièrement disparu, par suite de la chute du stuc sur lequel elle était peinte ; on distingue seulement la partie supérieure d'un personnage couronné, qui semble assis. La scène qui occupe, à droite, le bas du cintre est, au contraire, presque intacte ; et c'est elle qui présente la signification historique dont nous avons

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